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Session Cran
En session Cran : L’herbe fait l’unanimité syndicale

Les élus de la Cran (Chambre régionale d’agriculture de Normandie) se sont réunis en session vendredi 1 décembre 2023. A l’unanimité, ils ont adopté une motion relative au ratio des prairies permanentes. Syndicalismes majoritaire (FNSEA) et minoritaire (Confédération paysanne) ont accordé leurs violons.

Dernière session pour Caroline Guillaume. « Je ne m’en vais pas de gaieté de cœur » a souligné la directrice de la Draaf.
© TG

Le fait n’est pas coutumier et c’est pourquoi il a eu droit à un applaudissement nourri après le vote. Vendredi dernier, les élus de la Cran ont adopté à l’unanimité une motion relative au ratio des prairies permanentes. La Confédération paysanne avait présenté la sienne, FRSEA aussi. Mais, après conciliabule, un texte commun a été élaboré. C’est ainsi que considérant : « l’opacité qui caractérise l’établissement de ce ratio, le principe de non-rétroactivité du droit, la crise de l’élevage qui perdure de- puis de longues années et aboutit à une désaffection pour cette activité, les arrêts de production d’élevage ou d’activité agricole, la contribution des éleveurs à la recherche de l’autonomie protéique dont l’État s’est fait lui- même le promoteur, la multiplicité des causes de baisse du ratio extérieures à l’agriculture et la solidarité nationale historique de la Normandie depuis 1984 dans les différentes réformes, qu’il s’agisse de droit à produire ou de moyens financiers », la Cran reconnaît l’importance de l’herbe mais « refuse que des agriculteurs soient contraints de réimplanter des prairies (sauf cas exceptionnels) alors qu’il ne leur était pas interdit de les re- tourner, demande que la France opte, via le plan stratégique national pour une gestion du ratio des prairies permanentes au niveau national, rappelle que le retournement d’une prairie est le fruit d’une réflexion économique et agronomique, estime qu’il est de bonne pratique agronomique de renouveler des prairies au bout de 5 à 10 ans d’implantation, exige que l’administration publie le détail des chiffres de sortie des surfaces en prairies permanentes de la SAU (urbanisation, aménagements structurants, boisement,) exige que l’administration publie le détail des chiffres des surfaces non-déclarées au titre de la PAC en 2023 (surfaces en herbe des ex-déclarants de plus de 67 ans, surfaces en herbes des ex-déclarants éleveurs équins, et toutes les surfaces en herbes déclarées en 2022 et non-déclarées en 2023), exige que l’administration publie le nombre d’hectares de prairies à rotation longue arbitrairement reclassées en prairies permanentes en 2018 et demande à l’État de surseoir à l’application de la règlementation tant que ces chiffres n’auront pas été publiés et validés ».


Un plan de soutien pour l'élevage


In fine, la Chambre reconnaît l’intérêt environnemental des prairies mais leur maintien passe aussi par la sauvegarde de l’élevage de ruminants, la reconnaissance des prairies par les aides publiques et une bonne valorisation des productions issues de la valorisation des prairies et du pâturage en particulier. En conséquence de quoi elle demande « un plan de soutien à l’élevage de ruminants, des aides spécifiques pour les prairies (Maec herbagères...) et une reconnaissance économique des productions à l’herbe par des compléments de prix ». Réponse de la directrice de la Draaf : « je ne pense pas que le ratio soit opaque » et Caroline Guillaume de rappeler deux échéances capitales « 1er janvier, dérogation pour l’année prochaine. 15 janvier, déroga- tion pour cette année ». 

Lire aussi : A Caen, « la question du stockage de l’eau est à l’agenda »

Une ultime prise de parole puisque Caroline Guillaume quitte ses fonctions le 30 décembre prochain. « Je ne m’en vais pas de gaieté de cœur », a-t-elle simplement déclaré. « Vous avez adopté la Normandie et la Normandie vous a adoptée. Nous avons apprécié votre franchise mêlée de douceur. Vous avez mis de l’humanité dans les échanges », lui a répondu Sébastien Windsor. Et le président de la Cran de conclure : « je vous remercie de la confiance que vous nous avez accordée. Vous allez nous manquer ».
 

Le changement par l'accompagnement

Auparavant, les élus ont planché sur la planification écologique en agriculture. « Une révolution à mener à l’instar des quotas laitiers il y a 40 ans avec des freins administratifs et psychologiques, est convaincu le président de la Cran. Il faut amener le changement par l’accompagnement et non la contrainte. » Un accompagnement des conseillers du réseau « s’appuyant sur des références ». Idele, Inosys Réseaux d’élevage et Chambres d’agriculture ont en effet mené un gros travail de synthèse technique. Reste désormais aux politiques à se positionner car les axes de travail, et donc d’amélioration écologique, sont multiples mais parfois antinomiques. 

Lire aussi : Réagir, c’est aussi rebondir

A titre d’illustration, la place de l’herbe dans les systèmes répond aux enjeux d’indépendance protéique, de biodiversité et de stockage de carbone mais une petite musique anti-bovins se fait de plus en plus entendre. Un hectare de maïs remplacé par 2 ha d’herbe préconise une recommandation. « Plus de pâturage, un sujet pas facile à amener dans toutes les exploitations laitières. Par exemple, celles qui ont fait le choix de la robotisation », fait re- marquer un élu. Une prairie qui se marie bien avec la haie. Un investissement productif ? « Ce n’est pas possible, il faudra de l’argent public. » Les chemins de la planification écologique sont donc pavés de bonnes intentions mais les profils de systèmes sont variés, d’éleveurs aussi. Il n’y a donc pas de réponse unique. Cela justifie un positionnement des Chambres différent en fonction du contexte et, parallèlement,
une priorisation des leviers à actionner.

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