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ETA
Energie renouvelable : faire feu de tout bois

L’entreprise Pascal Marie a mis le grappin sur le bois déchiqueté. Elle vient d’investir 115 000 e dans un équipement capable de broyer des rondins de 67 cm de diamètre.

L’obligation est ancienne. Pour obtenir un marché public d’élagage, le prestataire de service s’engage à broyer et non pas brûler le bois. C’est ainsi que Pascal Marie, entrepreneur de travaux agricoles à St-Denis-de-Méré (14) et membre de l’ARETAR(1), s’est équipé il y a plusieurs années d’une petite déchiqueteuse. “L’an dernier, on a encore bourré à la main dans cette machine 500 m3 de bois”, s’amuse-t-il. Mais la plaisanterie a semble-t-il assez duré. Avec son nouvel équipement, l’ETA Marie, sans changer de métier, change quand même de dimension. Un pari mûrement réfléchi et un défi que ce couple d’entrepreneurs et leurs deux employés relèvent.Trouver un débouché aux copeaux
Pascal Marie n’est pas vendeur de copeaux. Il s’en défend. Pourtant, il en commercialise crescendo : 70 m3 en 2005, 150 m3 en 2006 et 300 m3 l’an dernier. Pas vraiment un business bien structuré au départ mais une alternative à l’abandon des copeaux dans les talus qui parviennent parfois à rouler jusque dans les rivières au point d’en boucher les fossés. “Pourquoi ne pas valoriser ces déchets ?”, s’est-il longtemps interrogé. Un paysagiste, pour paillage des massifs, a été son premier client.  Quelques particuliers ont suivi!
Bercés par le vent portant des énergies renouvelables mais fatigués de broyer (du noir ?) avec du matériel sous-dimensionné, Pascal et sa femme ont décidé d’investir dans une déchiqueteuse à grappin : 115 000 e (HT) au total. Une opération rendue possible grâce aux soutiens financiers du Conseil régional, du Conseil général et de l’ADEME. La machine, une Allemande, a été livrée le 18 décembre dernier. En cette fin d’hiver, elle a déjà réalisé plusieurs chantiers. Elle est équipée d’un grappin capable de lever 450 kg à 6 m de rayon et déchiquette des rondins jusqu’à 67 cm de diamètre. Un tracteur de 160 cv l’entraîne. Son débit est impressionnant. Ce que l’entreprise a mis 9 heures à élaguer, il ne lui en faudra que deux pour le broyer. “Mais il faut bien organiser le chantier de façon à remplir au moins une benne de 20 à 25 m3 sans se déplacer”, assure notre entrepreneur. Il faut aussi veiller à l’accessibilité des lieux et être méticuleux dans le stockage des branchages afin de faciliter leur reprise.Côté débouchés, l’ETA mise sur la société Biocombustibles (50 %), la SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) Bois Bocage Energie (25 %- et les particuliers (25 %).  

Inventer le modèle économique
Reste encore à inventer le modèle économique de cette jeune filière bois-énergie. Pascal Marie en est convaincu : “il faut donner une valeur au bois”. Traduction : résoudre l’équation qui permettra de payer à son propriétaire, généralement un agriculteur, la matière première. Soit en rémunérant le bois (brut ou déchiqueté) au m3, soit sous forme d’une ristourne sur la facture d’élagage. La nature humaine est ainsi faite. Certains propriétaires de haies préfèrent mettre le feu au tas plutôt que de voir une tierce personne en tirer quelques profits. Le bilan environnemental est détestable mais ce comportement est légitime. Si la coupe de haie a une valeur marchande alors elle doit être rémunérée. Pascal Marie l’a bien assimilé. C’est pourquoi il prône une hausse de 1,5 e/m3 du bois déchiqueté afin de rémunérer l’agriculteur.

Ce qui équivaudrait à vendre le bois vert déchiqueté aux alentours de 15 e/m3. Le prix à payer pour une filière énergie-bois renouvelable donc durable, créatrice de main-d’œuvre, rémunérant tous ses acteurs et au bilan environnemental largement créditeur. Il suffirait que le baril de pétrole s’envole encore un peu ou que la parité e/$ se creuse de quelques dizaines de centimes pour que l’on ne se pose même plus la question.
L’autre préoccupation de notre entrepreneur est technique, quoique écologique aussi sans doute. “Il faudrait systématiquement broyer tout ce qui est broyable pour valoriser toutes les branches aujourd’hui perdues”. C’est-à-dire descendre jusqu’à 6 cm de diamètre et accepter de brûler en chaufferie un peu plus de cellulose.
Th. Guillemot
(1) : Association Régionale
des Entrepreneurs de Travaux
Agricoles et Ruraux.
Chambre d’Agriculture
Maison des Entreprises BP14
50600 St-Hilaire-du-Harcouët
Tél. 02 33 79 33 72
Fax. 02 33 79 33 77
E-mail : alain.hierle@aretar.com
Web : www.aretar.com

Les ETA(1) équipées de déchiqueteuses à grappin

1. SNC GUILLEMETTE – LE DANOIS
50480 RAVENOVILLE
Tél. 02 33 21 38 91
Portable 06 15 90 14 41.
2. HALLAIS Jean-Marc
50320 LA LUCERNE D’OUTREMER Tél. 02 33 61 59 14
Portable : 06 09 34 39 35.
3. SARL MARIE Pascal
14110 ST-DENIS-DE-MERE
Tél. 02 31 69 32 58
Portable 06 08 69 37 28.
4. TOUROU Michel
50600 PARIGNY
Tél. 02 33 49 14 08
Portable : 06 80 73 07 44.
(1) : membres de l’ARETAR.

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