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Elections Chambre d'agriculture de la Manche
Engagé, Jean-François Bouillon ne veut pas s'enfermer dans son métier

Avec trois mandats d'élu à la Chambre d'agriculture, Jean-François Bouillon s'est investi dans des sujets portant sur l'installation ou la commission économique. Il veut continuer à apporter sa pierre à l'édifice pour que la chambre consulaire porte encore l'agriculture sur le devant la scène.

À 45 ans, Jean-François Bouillon, agriculteur à Saint-Sauveur-Villages, se situe en n° 6 sur la liste commune FDSEA-JA, aux élections de la Chambre d'agriculture.
À 45 ans, Jean-François Bouillon, agriculteur à Saint-Sauveur-Villages, se situe en n° 6 sur la liste commune FDSEA-JA, aux élections de la Chambre d'agriculture.
© SB

Jean-François Bouillon fait partie des candidats au prochain scrutin de la Chambre d'agriculture à bien connaître l'institution. Il y était au titre des Jeunes agriculteurs et désormais comme élu issu de la FDSEA de la Manche. Au cours des trois mandats qu'il a réalisé, il a planché sur l'installation ou encore œuvré à la commission économique.

Aller vers une efficacité économique

Pour pouvoir s'engager au sein du syndicat agricole et de la chambre consulaire, l'éleveur d'Ancteville, commune associée à Saint-Sauveur-Villages, au cœur du Coutançais, n'a pas cherché à développer la production laitière mais plutôt à diversifier dans la production d'énergie " pour tendre vers une efficacité économique ", précise-t-il. Avec un cheptel de 100 de vaches laitières et une production de 700 000 l, il a débuté avec du compostage de déchets verts avec les collectivités en 2009. A suivi une unité de méthanisation en cogénération en 2016, puis une seconde unité en injection en 2022. " Nous sommes dans une zone d'élevage avec un vrai potentiel. J'ai en partie les ressources sur mon exploitation pour les unités de méthanisation. Et je fais également des échanges d'effluents d'élevage avec mes voisins ", indique-t-il.

Ne pas être tout le temps dans les vaches

Resté en individuel pour pouvoir porter seul les décisions, il s'appuie sur de la main-d'œuvre salariée (4 salariés et un apprenti), une salle de traite en 2 x 20 en simple équipement, une astreinte d'un week-end sur trois. " Je ne veux pas passer tout mon temps dans mes vaches. Je ne veux pas m'enfermer dans mon métier. Et grâce à une bonne équipe, je peux prendre du temps libre ou encore m'engager. Être agriculteur, ce n'est pas faire du travail d'usine ", souligne l'agriculteur.

Remettre de la valeur dans les fermes

Pour Jean-François Bouillon, " mener des projets est une satisfaction ". Il peut donc le faire au sein de la Chambre d'agriculture. " On doit être au maximum là où on s'engage ", assure-t-il. Si son modèle d'exploitation n'est pas le plus courant, il reste convaincu qu'il est transposable chez d'autres, et que la diversité des systèmes fait la richesse de la Manche. " On peut tirer notre épingle du jeu selon nos forces locales ", concède-t-il. Département laitier, la Manche est restée moteur en termes de production. " Les acquis syndicaux en matière de production laitière ont été bénéfiques pour les producteurs. Malgré la lenteur de la mise en place de la loi Egalim, cette dernière a permis de remettre de la valeur dans les exploitations. Dans la Manche, nous avons la capacité et l'envie de produire du lait en maintenant un bon prix. Et ceci grâce à notre climat, notre environnement et notre industrie agroalimentaire. Nous avons donc bien une carte à jouer pour rester ce département très laitier ", ajoute-t-il.

Une Chambre de territoire

Quant au ratio prairies, Jean-François Bouillon fait partie de ceux qui étaient favorables à un ratio national. Le recalcul doit prendre en compte la baisse de l'élevage. Dans la Manche, le nombre de bovins est passé sous la barre des 685 000 têtes. "Une prairie prend tout son sens quand on a des animaux à pâturer. Mais je dirais que je préfère des animaux en bâtiment plutôt que de ne plus voir de vaches. Nous devons sensibiliser le grand public sur l'intérêt du bien-être animal comme celui de l'éleveur." Tous ces sujets seront expliqués lors des rencontres de terrain. "La Chambre d'agriculture est une chambre de territoire. C'est une institution qui doit permettre à l'agriculture d'évoluer économiquement dans le respect du bien-être des éleveurs. Tous les acteurs nous regardent et nous attendent sur des sujets comme la gestion de l'eau, le réseau routier... L'agriculture dépend aussi de tous ces sujets", conclut-il.

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