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Prairie
Entretenir les prairies en limitant la progression de l’agrostis stolonifère

Parmi toutes les graminées qui composent la flore d’une prairie naturelle, toutes n’ont pas la même valeur fourragère.

La diversité des espèces est un atout majeur pour faire face à des conditions climatiques fluctuantes. Il est important de veiller au maintien de cet équilibre, sans qu’une plante plus agressive ne vienne entamer cette richesse.


Une graminée très commune

L’agrostis stolonifère est une plante très commune du fond prairial de l’Ouest. On la rencontre fréquemment et lorsqu’elle est bien intégrée dans une prairie diversifiée, elle est plutôt discrète, les chevaux s’en accommodent bien au pâturage. Résistante aux conditions climatiques difficiles, elle supporte les sècheresses estivales tout comme les hivers très humides. Elle n’est pas très exigeante en terme de fertilité du sol et s’adapte facilement aux diverses situations.


Pourquoi s’en inquiéter ?

Sa rusticité fait qu’elle résistera mieux aux agressions que le ray-grass ou les pâturins, qui vont rapidement disparaître en cas de sur-pâturage notamment. L’agrostis est une plante qui se développe par stolons, ce sont des tiges aériennes qui s’étendent à la surface du sol et encrent régulièrement de nouvelles racines, formant de nouveaux pieds. Là où les plantes de bonne valeur fourragère régressent, elle prolifère. Sa valeur est quant à elle bien plus médiocre, malgré une épiaison très tardive, de juin à juillet. En été, son aspect devient plus “pailleux” et elle est nettement moins appétente pour les chevaux au pâturage. Dans les prés récoltés en foin, son port couché ne facilite pas le passage de la faucheuse, surtout en cas de coupe tardive.Pour parfaire sa stratégie, l’agrostis produit au niveau de ses racines une substance anti-germinative qui empêche le développement d’autres graminées dans son environnement proche. Toute tentative de sur-semis dans une prairie qui en est infestée sera vouée à l’échec.

Comment en est-on arrivé là ?

Force est de constater que cette graminée se développe de plus en plus dans les prairies normandes, qu’elles soient valorisées par des chevaux ou des bovins. Certains herbages en sont couverts à 80 %. On remarque qu’elle devient plus fréquente dans les parcelles qui subissent des alternances de sur et de sous- pâturage. Un exemple typique est celui de prairies dans lesquelles des animaux sont hivernés, avec un piétinement excessif en conditions humides. Cette période va détruire bon nombre d’espèces intéressantes et laisser de larges trous de sols nus. Au printemps suivant, l’agrostis aura toute sa place pour développer ses stolons, surtout si les animaux sont ré-introduits tard et en chargement insuffisant.

 

Comment agir ?

En connaissant mieux son mode de fonctionnement, l’éleveur a les cartes en main pour agir.

- Premier levier et sans doute le plus efficace : adapter le rythme et l’intensité de pâturage. En évitant la dégradation du couvert en hiver, on limite la place pour l’extension de l’agrostis. Ensuite, en faisant des pâturages réguliers mais de courte durée (environ 15 jours de pâturage pour au moins autant de temps de repousse), avec un chargement élevé -maxi 1 000 m² par cheval- on favorise l’expression des autres graminées fourragères, dont l’installation sera confortée.

- Alterner fauche et pâture : favoriser la montée des autres espèces, pour éviter la propagation de l’agrostis par développement des stolons. On évite de favoriser un certain type d’espèce en variant régulièrement les pratiques.

- Passer la herse étrille en fin d’été : c’est à cette période que l’agrostis tente d’ancrer ses stolons au sol. Un passage de cet outil en conditions sèches les arrachera et empêchera l’étendue de l’espèce.

- Solution ultime : la rénovation totale de la prairie. Quand la graminée indésirable a largement pris le dessus et que la prairie a perdu l’essentiel de sa productivité, on peut envisager le re-semis intégral de la prairie. Le traitement chimique n’est pas indispensable. On peut utiliser un outil de travail superficiel du sol (type rototiller), qui détruira et émiettera le couvert en place. En laissant dix jours de beau temps entre deux passages, on favorise le dessèchement de la prairie détruite et on prépare un lit de semence favorable à l’implantation de la nouvelle. On peut ensuite semer à la volée un mélange à base de ray-grass anglais (15 kg/ha) et fétuque élevée à feuille souple (10 kg/ha), associés à 3 kg de trèfle blanc, sans omettre de rappuyer le sol avec un rouleau lourd pour assurer un bon contact sol graine.

Participez à la formation “Bien valoriser les prairies pour vos chevaux” le 12 juin 2014 à Lisieux (14) Visite d’un haras prévue l’après midi

Objectifs de la formation :

- identifier la flore de ses prairies ;

- réaliser un diagnostic floristique ;

- limiter la dégradation adaptant la conduite de pâturage ;

- adopter les bonnes pratiques pour réaliser un foin de qualité ;

- entretenir ses prairies avec des outils adaptés et lutter contre les mauvaises herbes.


Cette formation fait l’objet de cofinancement par les fonds VIVEA avec cependant une contribution de chaque participant à hauteur de 90 euros pour la journée.Cette somme peut être majoritairement récupérée dans le cadre du crédit d’impôt.


Contact : Frédéric Busnel, conseiller référent équin des Chambres d’agriculture de Normandie.Tél. : 02 33 31 49 72 / Fax : 02 33 31 48 23frederic.busnel@normandie.chambagri.fr

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