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Épandage : les disques avec enfouisseurs « ouvrent le sol »

Une ETA, à la lisière de l’Orne, du Calvados et de la Manche vient d’investir dans une tonne à lisier avec enfouisseurs à disques sur prairie. Retour d’expérience.

Gérard Aumont, patron d’une entreprise de travaux agricoles à Bernières-le-Patry (14), a reçu sa toute nouvelle tonne à lisier avec enfouisseur à disques sur prairie. Capacité : 21 m3. Dès réception, il teste le matériel chez Antonin Olivier, éleveur à Lassy. Temps de remplissage : 3 à 4 minutes. « Je remplis la tonne à lisier uniquement grâce à l’accélérateur du tracteur. Je n’ai pas besoin d’actionner le compresseur », se réjouit Gérard Aumont.
Puis, direction la parcelle. Vingt disques, répartis sur une largeur de 6 m, creusent des sillons de 2 à 3 cm de profondeur dans la prairie, « ils ouvrent le sol ». Le lisier sort par les tuyaux, collés aux disques, et est projeté directement à la racine de l’herbe. L’entrepreneur vide la cuve en cinq minutes. Une jauge externe lui permet de connaître le niveau de lisier restant. « J’épands 40 m3/ha. » La tonne à lisier est tractée par un tracteur de 300 CV.

Moins d’odeurs
Gérard Aumont a commandé le matériel il y a un an et répond à une demande de ses clients. « Certains de mes agriculteurs sont entourés de maisons. Avec cette nouvelle tonne, je suis moins contraint à proximité des habitations, car il y a beaucoup moins de pertes d’ammoniac dans l’air et donc d’odeurs. Au printemps, les animaux peuvent pâturer la prairie dix jours après mon passage, les odeurs ont disparu et le champ est appétant. »

Meilleure fertilisation
Le rendement en fertilisation devrait aussi être meilleur. « Lorsque le lisier est directement enfoui dans le sol, l’absorption des éléments fertilisants par les plantes est meilleure, confirme Jean Sébastien, conseiller d’exploitation Agrial d’Antonin Olivier. Le lisier met du temps à se dégrader, il faut un sol qui travaille pour que les éléments soient assimilables. L’azote contenu dans le lisier est majoritairement sous forme d’urée très volatile. Comme l’azote liquide. Il se perd facilement dans l’atmosphère. L’enfouisseur permet de diminuer ces pertes ammoniacales. » S’il existe des enfouisseurs à dents, qui grattent le sol, « ceux à disques sont plus rares, assure Jean Sébastien. Et ils ont l’avantage d’aller sur les prairies ». Gérard Aumont espère ainsi gagner de nouveaux clients grâce à son investissement, dont le coût est de 120 000 €.

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