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Pascal Férey, Vice-président de la FNSEA
Equarrissage : arrêter la cacophonie

Les établissements Caillaud ont décidé d’adresser un nouveau courrier aux éleveurs à propos de l’équarrissage. Une initiative qui met en colère Pascal Férey, vice-président de la FNSEA en charge de ce dossier.

"Encore une fois, ne payez pas. Ce que vous avez reçu n’est pas une facture. Et quand bien-même vous en recevriez une, ne la payez pas."
"Encore une fois, ne payez pas. Ce que vous avez reçu n’est pas une facture. Et quand bien-même vous en recevriez une, ne la payez pas."
© EC

Il se dit que la réforme du financement de l’équarrissage serait sur de bons rails. Qu’en est-il exactement ?
C’est un peu vite dit. Disons plutôt qu’elle devrait se concrétiser fin 2008. Elle coûtera quand même 12 millions d’euros aux éleveurs de ruminants en année pleine. Ce n’est pas vraiment ce que j’appelle de bons rails. En porc et en volaille, une structure collective existe et les coûts à la charge des éleveurs sont mutualisés. Pour les ruminants, c’est plus compliqué.

Les éleveurs vont-ils devoir acquitter une facture ?
Les éleveurs paieront parce que la législation européenne nous l’impose. Mais nous cherchons une solution pour que les éleveurs ne reçoivent pas une facture pour chaque passage de l’équarrissage. Nous espérons mettre en place un système solidaire avec une cotisation à la boucle d’identification, par exemple, ou bien au nombre d’UGB présents selon les effectifs recensés par la BDNI. Cette cotisation appelée près des éleveurs permettrait de régler leur contribution à l’enlèvement et la destruction des cadavres.

La société Caillaud a donc raison dans le courrier qu’elle a adressé récemment ?
Elle a tort parce que ce n’est pas à elle de communiquer aux éleveurs sur des choses qui ne sont pas finalisées. Cela ne fait que rajouter du doute et de la confusion sur les exploitations.
Les éleveurs traversent une crise suffisamment profonde pour qu’on n’en rajoute pas avec des papiers écrits pour ne rien dire. Quand on a rien à dire, on se tait, on n’écrit pas aux éleveurs pour leur dire qu’on ne sait pas !

On vous sent remonté contre les sociétés d’équarrissage ?
Je le suis. Nous essayons de faire en sorte que le dossier avance et nous informons les éleveurs régulièrement parce que c’est notre rôle. Ce n’est pas celui des équarrisseurs. S’ils cherchent une activité, ils n’ont qu’à chercher des moyens de mieux valoriser les cadavres pour réduire les coûts à la charge des éleveurs. Ils peuvent
aussi apporter de la transparence. Cela ne sera pas inutile pour bien ajuster la participation des éleveurs à l’équarrissage.

Pourtant, ce qui est écrit n’est pas faux ?
Ce n’est pas faux mais ce n’est pas vrai non plus puisque toutes les décisions ne sont pas encore prises. Donc ce “papier” est inutile et contre-productif. Au lieu d’amener de la transparence, il sème la confusion. Je l’ai dit au président du SIFCO. Il connaît ma façon de penser sur le sujet. Les organisations professionnelles n’ont pas besoin des équarrisseurs pour communiquer près des éleveurs. Nous savons très bien le faire sans eux. Que chacun fasse son travail et cela aidera à faire avancer le dossier. Mais ce n’est vraiment pas la peine de prendre de telles initiatives.

Un conseil à donner aux éleveurs ?
Encore une fois, ne payez pas. Ce que vous avez reçu n’est pas une facture. Et quand bien-même vous en recevriez une, ne la payez pas.

BDNI : base de données nationale de l’identification.
SIFCO : Syndicat des industries françaises des coproduits animaux.

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