Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Culture
Et en maïs bio : quelles variétés ?

Un essai normand près de Villers-Bocage (14) tente pour la 2e année de repérer les variétés de maïs fourrage les mieux adaptées au mode de production biologique. A côté des hybrides, une variété population était en démonstration.

Le maïs se conduit assez facilement en agriculture biologique. C’est une culture de printemps qui a tendance à moins décrocher en rendement qu’une céréale d’hiver du fait d’un cycle végétatif plus en phase avec la minéralisation de l’azote dans le sol. L’important en bio est de maîtriser le salissement. Les éleveurs en agriculture biologique ont développé pour cela des stratégies. Elles peuvent se résumer en quatre points : une place dans la rotation des cultures qui limite les adventices (par exemple derrière une prairie), une date de semis un peu plus tardive pour avoir des plantes qui poussent rapidement ; un écartement de 45 cm entre les rangs pour assurer une couverture du sol rapide, et enfin un choix de variétés vigoureuses. C’est pour alimenter en références ce dernier point que les Chambres d’agriculture normandes mènent depuis deux ans des essais de variétés en production biologique.


Dix variétés de maïs testés

Cette année, 10 variétés entraient dans ce test dont une qui n’était pas un hybride mais une lignée population. L’objectif est d’observer quelles variétés concurrencent plus facilement les adventices (vigueur au démarrage, couverture au sol), résistent le mieux aux ravageurs du sol sans protection de semences, et lesquelles font de bons rendements fourragers en conduite bio. Rappelons qu’en agriculture biologique, les semences doivent avoir été produites selon le cahier des charges AB donc sans utiliser de produits de synthèse.


Dispositif en 2013

- Bandes plein champ de 5,50 m de large.

- Précédent : vieille prairie, détruite à partir de fin mars (déchaumeur et rototiller) puis labour le 19/04, puis herse rotative.

- Semis assez précoce le 01/05/2013.

- Un écartement inter-rang réduit de 45 cm favorable au recouvrement par les feuilles, concourant ainsi à la maîtrise des adventices.

- Fertilisation : 35 m3 de lisier de bovin en sortie d’hiver.

- Densité de semis élevée de 110 000 grains/ha pour compenser les pertes liées au désherbage mécanique et aux ravageurs du sol.

- 1 seul binage le 7 juin, puis écimage le 20 juillet.

- Des semences biologiques ou non traitées (sur dérogation).

- Une récolte le 15 octobre 2013.

Résultats : quarté gagnant avec PR39F58, Eliot, LG3276 et Geoxx en 2013 (tableau 1)

Une précaution à prendre en lisant ces résultats : le dispositif expérimental en bandes ne permet pas de gommer l’effet impact du milieu. Les rendements sont établis par des pesées manuelles et surestiment en général le rendement de 15 %.Premier constat : malgré le salissement en chenopodes prononcé (1 seul binage fut insuffisant), les rendements sont très satisfaisants.Les cinq variétés qui présentent de bons résultats sont PR39F58, Eliot, LG3276, Geoxx et Borelli.Le classement des variétés diffère de 2012 pour MV Maros et Splendis qui sortaient dans le peloton de tête. Splendis est la plus vendue en France.Asteri avait également très bien marché mais le semencier arrête sa commercialisation en bio et a proposé Borelli en substitution, qui en 2013 donne de bons résultats.Des variétés très bien classées dans les essais conventionnels (Eliot, NK Falkone, Geoxx) ou dans les Pays de la Loire dans les essais AB (PR39F58, Borelli, Eliot, Geoxx) ressortent ici aussi. Inversement, Splendis déçoit ici par rapport aux Pays de la Loire, et LG3276 est bien meilleur chez nous.


L’intérêt des bio pour les variétés populations

Ce sont des variétés non hybrides, dont les individus ne sont pas tous semblables, issues de la sélection “visuelle”. C’est le cas de la variété Lavergne en 2013. Les grains peuvent être colorés rouges, noirs, jaunes. Leur intérêt réside dans la fabrication de sa propre semence, difficile avec des variétés hybrides, en récoltant les grains des plantes jugées satisfaisantes. En agriculture biologique, il peut être intéressant de ne pas utiliser des hybrides pour se donner de l’autonomie sur un poste semences très coûteux (300 €/ha). C’est aussi espérer disposer de variétés plus adaptées au terroir de l’exploitation et à des conduites sans intrants. Enfin, en produisant sa semence l’éleveur se protège des contaminations OGM. Cette pratique est aujourd’hui possible uniquement en conditions expérimentales car ces variétés ne sont pas inscrites au Catalogue officiel.

Prenez date

Dans le cadre du projet Reine Mathilde, deux nouvelles portes ouvertes sont organisées en 2014 sur la Ferme vitrine à Tracy Bocage (14).

- Le mardi 17 juin 2014 : après-midi porte ouverte consacrée à la visite des essais bio : céréales, mélanges céréales + protéagineux, légumineuses fourragères (luzerne, trèfle violet), protéagineux purs (féveroles, lupins), maïs fourrage, nouvelles associations avec du maïs (maïs + colza fourrager ; maïs + trèfle d’Alexandrie ; maïs + haricot)…

- Le lundi 29 septembre 2014 : après-midi porte ouverte consacrée à la visite des essais bio restant à récolter (maïs + associations) + témoignages d’agriculteurs bio sur des pratiques innovantes.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Une bouteille de cidre par semaine éloigne la crise et sauve le verger
Il suffirait que chaque foyer normand achète une bouteille de cidre par semaine pour sauver la filière cidricole malmenée par la…
John Deere : le premier 8R sur les routes du pays d’Auge
Les établissement Ruaux ont vendu et livré le premier tracteur John Deere 8R/370 en Normandie. Visite complète au champ.
« C’est inadmissible que l’on n’arrive pas à être reçu par les ministres de l’Agriculture et des Finances »
Au moment où la filière vitivinicole cherche à négocier des aides avec le gouvernement pour sa survie, la filière cidricole…
Agneau du Gaec Le vent des marais
Un nouvel abattoir en vue ?
Fin 2018, l’abattoir de Beuvillers fermait définitivement ses portes. Un abattoir de plus qui, en stoppant son activité, a eu…
Accepter un peu d’inflation alimentaire
« Nous sommes des besogneux. On nous demande de la montée en gamme et du local avec de plus en plus de contraintes et nous…
Élodie et Baptiste Leclerc (50)
Témoignage d'Élodie et Baptiste Leclerc, éleveurs de veaux à Le Mesnilbus (50)
Élodie et Baptiste Leclerc élèvent des veaux à Le Mesnilbus (50) en intégration chez Denkavit. Âgés tous les deux de 31 ans, ils…
Publicité