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Environnement
Et si les haies protectrices étaient aussi productives

Les repères du guide de bonnes pratiques pour une gestion durable des haies des ASL de boisement de la Manche.

La haie est reconnue indispensable à la biodiversité et limite les inconvénients des monocultures, en particulier des risques de résistance des ravageurs. Les haies abritent de nombreuses espèces qui ne peuvent survivre dans les parcelles agricoles. Le maintien et l’aménagement des haies contribuent à la biodiversité et à l’équilibre des cultures.
La haie est reconnue indispensable à la biodiversité et limite les inconvénients des monocultures, en particulier des risques de résistance des ravageurs. Les haies abritent de nombreuses espèces qui ne peuvent survivre dans les parcelles agricoles. Le maintien et l’aménagement des haies contribuent à la biodiversité et à l’équilibre des cultures.
© S. Devé
Au cours de la période 1980-2000, les interventions en coupes de bois sur les haies ont été de plus en plus espacées : conséquence, les haies se sont élargies et les interventions sont devenues des travaux systématiques de “taille”. Ce qu’il fallait redouter, c’était le “déboisement” sur la haie. Une haie dégradée est une haie perdue ! D’une part, ce déboisement favorise l’étalement de la strate herbacée vers la parcelle, il faut alors multiplier les interventions coûteuses d’autre part, la haie perd de son intérêt en protection et en production.
A l’opposé, intervenir sélectivement et réaliser des recépages permet de réaliser des économies. C’est à partir de ce constat que le guide des bonnes pratiques a été réalisé par les agriculteurs des ASL de boisement de la Manche.

Premiers éléments du guide
Un rappel des fondamentaux sur les fonctions du bocage : les haies ont une action démontrée scientifiquement et constatée par les agriculteurs sur “la régulation climatique et l’hydraulique locale”.
La première motivation pour planter des haies reste la protection (des animaux, des bâtiments, le maintien des sols et la qualité de l’eau).
La haie est reconnue indispensable à la biodiversité et limite les inconvénients des monocultures, en particulier des risques de résistance des ravageurs. Les haies abritent de nombreuses espèces qui ne peuvent survivre dans les parcelles agricoles. Le maintien et l’aménagement des haies contribuent à la biodiversité et à l’équilibre des cultures.
Le guide préconise de gérer les haies à l’échelle du paysage en favorisant les connexions des éléments boisés entre eux et l’intégration des exigences “agronomiques” dans la gestion des haies. En même temps, il
proscrit les interventions d’herbicides non sélectifs sur les haies. La nature a horreur du vide, les désherbages totaux sont contre productifs.
Autre intérêt environnemental notable, ses fonctions paysagères. Quel est l’aménagement paysager en milieu rural qui ne fait pas appel aux arbres et arbustes ? Le guide précise que le paysage est évolutif. Par conséquent, toutes les modifications du paysage ne sont pas négatives mais nécessitent d’être réfléchies. Il en va de même des coupes de bois, de ce point de vue, la programmation et la localisation des coupes sont intéressantes d’où le concept de plan de gestion de haie.
Les précautions à prendre concernant les interventions sylvicoles s’appuient sur la physiologie des arbres et le type de haie
La mécanisation systématique au moyen des lamiers à scies et des épareuses a permis de maintenir un linéaire de haies et de talus important. Cependant, ces interventions répétées abusivement présentent des risques sanitaires. Limiter l’entretien à la taille c’est compromettre la formation des arbres et à terme la régénération des haies.
C’est la raison pour laquelle les interventions sont déclinées en fonction du type de haies : de la haie “basse” à la “haie futaie” en passant par le taillis. Pour résumer : les interventions de taille sont à réserver aux haies “à contenir”. Par contre, il est préférable de favoriser le “recépage” (coupes facilement accessibles et franches destinées à provoquer des rejets et des drageons sur les arbres et les arbustes pour booster la production de bois) tout en maintenant des arbres de hauts jet (balivage) en essences et
formes traditionnelles, gages d’identités paysagères

Toutes les haies n’ont pas le même potentiel de production

- Les repères de productions
Les haies hautes, complètes, entretenues, d’accès faciles sont les plus “rentables”. Le bois produit est dense et stable, avec un très bon pouvoir calorifique.
La production de plaquettes de bois issus des haies arbustives donne une proportion plus ou moins élevée de fragments de rameaux. La forte proportion de branches vertes fournit un bois riche en azote et pauvre en carbone. La stabilité des plaquettes, donc leur durée de conservation et leur pouvoir calorifique, dépend de la proportion de bois lignifié.
- Les essences utilisables
La valorisation du bois en énergie concerne principalement les essences d’arbres de hauts jets : chêne, frêne, châtaignier, hêtre. Ce sont les essences qui permettent de produire du bois de plus de 15 cm de diamètre, en 10 ans.
Toutes les autres essences sont intéressantes en complément. Des essences comme les noisetier, saule, érable, viorne complètent la base de la haie et “arrondissent” la production totale du boisement.
La date de la récolte est importante. Pour être optimum elle se fait au moment où l’accroisse-ment annuel courant est au maximum : à savoir entre 8 et 15 ans selon les espèces et les conditions “agronomiques” de production.
Il est aussi possible d’augmenter le potentiel de production de bois sur les haies existantes (jusqu’à + 30 % en replantant sur l’ensemble des haies), car en Basse-Normandie le déficit énergétique est clair : en 2007 la demande de bois déchiqueté est de 35 000 tonnes. En 2010, il sera de 200 000 tonnes.

Notez : vous pouvez obtenir l’aide de l’ASL de boisement.
- Avec le guide conseil “des bonnes pratiques, pour une gestion durable des haies”.
- Pour planter avec l’aide financière du Conseil général de la Manche. Utilisation possible des plaquettes de bois pour le paillage. Inscription pour la campagne 2008/2009.
Renseignements : Chambre d’agriculture de la Manche au 02 33 06 49 91.


Eddy CLERAN
Chambre d’Agriculture de la Manche
Extrait du référentiel  production de bois énergie de la haie de la Manche
Haies basses arbustives : 5 à 10 MAP/ 100ML.
Alignement émondage (arbres et têtards) : 15 à 20 MAP/ 100ML.
Haies moyennes : taillis frênes : 20 à 30 MAP/100ML.
Haies hautes : (arbuste, taillis, émonde) : 25 à 40 Map/100ML.
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