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Génétique bovine
Etienne Legrand croise les races laitières

Etienne Legrand, éleveur à La Meurdraquière (50), effectue des croisements rotatifs de vaches laitières sur sa ferme en agriculture biologique. Cette pratique lui permet d’adapter la génétique de son troupeau à son système d’exploitation.

Etienne Legrand - 50
Etienne Legrand et son troupeau multicolore sur un pâturage tournant.
© DR

Trois schémas de croisement avec sept races laitières ou mixtes. En 2000, Etienne Legrand élève un troupeau de Prim’Holstein à plus de 10 000 l de lait par lactation. Il se convertit en bio l’année suivante et décide d’adapter son troupeau de 70 vaches laitières au nouveau système d’exploitation qu’il met en place, via la génétique. Il commence par réaliser du croisement d’absorption avec des Brunes des Alpes. Puis, souhaitant augmenter ses taux, se lance dans le croisement rotatif à partir de 2007. « J’ai découvert cette pratique avec des travaux de Minneapolis dans le Minnesota, on croise alternativement de la Prim’Holstein, de la Montbéliarde et de la Rouge Scandinave. J’ai trouvé ça intéressant car on limite la consanguinité qui est une grosse difficulté en race pure. » Au fur et à mesure, Etienne Legrand commence à effectuer d’autres croisements rotatifs : Prim’Holstein, Jersiaise, Brune des Alpes ou encore Rouge Scandinave, Normande, Jersiaise, qu’il appelle croisement Viking. « Dans chaque schéma, il y a une race laitière, une race mixte et une race à taux. » Le troupeau produit aujourd’hui 4 500 l de lait par lactation à 41 % en TB et 31,5 % en TP. Les animaux déjà arrivés en croisement à trois voies sont parvenus à 47 % en TB et 34 % en TP. « On croise les meilleures vaches avec les meilleurs taureaux  et sans changer d’objectif car le cycle est très long : il faut 8 ans pour obtenir les premiers résultats » estime-t-il.

Adéquation Système - Génétique

La ferme de 95 ha compte 85 ha de prairie. De la chicorée y a été semée. Cette plante a l’avantage d’améliorer la production laitière même si elle ne peut être valorisée que par le pâturage. « Je me suis orienté vers un système très pâturant. Il me fallait donc des animaux légers qui pourraient pâturer toute l’année, et à taux élevés pour compenser la baisse de productivité », explique Etienne Legrand. « L’avantage des petits animaux, c’est aussi qu’on a besoin de moins d’Unités Fourragères pour faire la carcasse avant de commencer à produire du lait ».

Une somme de critères

« Je fais des vêlages groupés de mi-mars à mai et de mi-août à septembre. Je veux que mes vaches se reproduisent facilement et vite. Les races mixtes vont dans ce sens, en s’affaiblissant moins durant les lactations ». Aujourd’hui, son cheptel a un Intervalle vêlage-vêlage de 370 jours et un âge moyen au premier vêlage à 25 mois. Les schémas sont orientés en vue d’obtenir davantage de fonctionnalité que de production laitière. Pour cela, Etienne Legrand ne sélectionne que des taureaux qui sont améliorateurs sur trois critères : reproduction, aplombs et taux. En parallèle, il choisit les taureaux A2 pour les gènes de la caséine beta, « afin de prévoir au cas où cela deviendrait une norme. C’est un choix stratégique d’anticipation qui ne coûte rien ». Soucieux d’améliorer le bien-être animal, il s’oriente également vers une conversion en gène sans cornes, dans le but de limiter le recours à l’écornage.

Confirmation

Elu de la Chambre d’agriculture, Etienne Legrand a eu l’occasion de découvrir les méthodes d’élevages pâturant anglaises et irlandaises. « Ça m’a conforté dans mon système », avoue-t-il.

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