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Exposition : quand les vétérinaires étaient à la guerre

Jusqu'à la fin du mois d'août, Christel Berghe, vétérinaire installé dans le Calvados, présente son exposition intitulée " les vétérinaires en uniforme ". L'événement se tient dans la Manche au musée mémorial Cobra La Percée dans le cadre du premier festival consacré à l'histoire de la cavalerie militaire.

âDepuis près de 20 ans, Christel Berghe s'intéresse à l'histoire de la médecine vétérinaire, elle-même vétérinaire rurale installée à Beaulieu, commune déléguée de Souleuvre-en-Bocage, près de Vire. Elle collectionne des instruments, des documents, des objets chinés dans des brocantes ou par le bouche à oreille grâce à ses collègues rencontrés notamment aux expositions auxquelles elle participe comme celle du congrès européen de médecine bovine à Nantes. Sans oublier les trouvailles sur Internet. Passionnée, elle a intégré aussi la Société française d'histoire de la médecine et des sciences vétérinaires, dont elle occupe le poste de secrétaire.

200 objets et documents

Elle n'hésite pas à partager sa passion avec le grand public au travers d'expositions. Ce sera le cas à partir du 25 juillet prochain et tout le long du mois d'août dans la Manche, près de Périers. A Saint-Sébastien-de-Raids, le musée mémorial Cobra La Percée organise le premier festival consacré à l'histoire de la cavalerie militaire. Intitulée "Vétérinaires en uniformes", l'exposition lèvera le voile sur plus de 200 objets et documents consacrés aux pratiques vétérinaires depuis l'époque napoléonienne jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

" Beaucoup croyaient que la cavalerie deviendrait obsolète après la Première Guerre mondiale. Mais dans les régions vraiment rurales, en 1940, les chevaux étaient encore indispensables "

En 2024 déjà, à l'occasion du 80e anniversaire du Débarquement, elle s'était installée au camp de reconstitution militaire de l'Airborne Museum de Sainte-Mère-Église. Quelques semaines auparavant, elle avait aussi réalisé une exposition à Fontainebleau sur les vétérinaires militaires sous le Premier Empire. " Cette exposition permet de relier les deux époques y compris la Première Guerre mondiale ", précise Christel Berghe. Pour cette exposition, " j'ai centré mes recherches sur les chevaux et plus particulièrement les soins, la prévention, les maladies contagieuses, le dépistage... ", complète-t-elle. Et puis il y aussi la question des réquisitions. La vétérinaire dispose de l'exemplaire original d'un ordre de réquisition pour la Grande Guerre à Saint-James où des animaux (chevaux et mulets) devaient être présentés place des Douves, avec bridon ou bride, licol pourvu d'une longe... " J'ai aussi des photos des archives de la Défense nationale. C'est la troisième fois que je leur demande à utiliser ces photos et vidéos, et c'est la première fois qu'elles m'autorisent. Il y a des documents assez exceptionnels ", reconnaît-elle.

Des scènes de soins reconstituées

Pour que les visiteurs prennent conscience de l'époque, Christel Berghe va reconstituer une scène de soins avec des uniformes français de 1914-1918, et allemands de 1940-1945. " On reparlera de l'importance qu'avait encore le cheval dans le début des années 40. Personne ne s'y attendait vraiment. Beaucoup croyaient que la cavalerie deviendrait obsolète après la Première Guerre mondiale. Mais dans les régions vraiment rurales, en 1940, les chevaux étaient encore indispensables ", souligne-t-elle.

Si la vétérinaire aborde les maladies contagieuses, les épidémies, les dépistages, elle fait également référence aux vaccins. À l'époque de la Première Guerre mondiale, c'était le début de la sérothérapie, c'est-à-dire l'utilisation des sérums d'animaux immunisés pour traiter des pathologies infectieuses de l'homme. " Mais, dès le XIXe siècle, vétérinaires ont joué aussi un rôle important dans la recherche et le développement de sérums humains. Leurs travaux ont aidé Louis Pasteur à les développer ", insiste-t-elle. Les premiers vaccins remonteraient alors à 1895 sans être commercialisés, tout comme les sérums anti-diphtérique qui ont permis de sauver des milliers d'enfants. Les sérums anti-tétanos étaient utilisés pour les blessés.

" Les vétérinaires ont joué aussi un rôle important dans la recherche et le développement de sérums humains " 

Quelles que soient les périodes de l'histoire, " beaucoup de vétérinaires passaient sous l'uniforme, surtout jusqu'en 1920. C'était assez considérable pour la profession ", conclut Christel Berghe.

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