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Betterave éthanol
Face au chantage de St-Louis Sucre, France-Betteraves et CSOB se mobilisent

“Chantage et menace !”. Le torchon brûle entre les planteurs de betteraves et SLC. Dans l’œil du cyclone : une proposition de rémunération de la betterave éthanol indécente.

A Grainville-Langannerie la semaine dernière où il avait réuni ses troupes, ou à Paris devant le siège de St-Louis Sucre, Eric Dechaufour, président du CSOB (le syndicat des planteurs de betteraves Calvados, Orne et Sarthe) a tenu le même langage. "Nous ne sommes pas des opportunistes. Nous demandons le partage de la valeur ajoutée pour une relation durable entre planteurs de betteraves et fabricants de sucre et d’éthanol afin de défendre les outils de production et les emplois". Décision unilatérale La société St-Louis Sucre (SLS) a adressé, fin août aux planteurs, un contrat d’achat et de livraison de betteraves précisant les prix des différentes catégories de betteraves hors quota (éthanol, UNA, pré-éthanol, alcool). A l’exception des prix des betteraves UNA (Utilisation Non Alimentaire), les prix des betteraves éthanol n’ont pas été discutés mais imposés par SLS. Une décision unilatérale et un véritable déni de parole puisque l’industriel s’était engagé par écrit : "la valorisation de cette production sera effectuée suivant les conditions définies par les partenaires de la filière, représentants des producteurs betteraviers et St-Louis Sucre SNC ". En fait, aucune concertation n’a eu lieu et SLS de proposer une rémunération de la betterave éthanol à 19 e/t alors que le marché de l’éthanol est au mieux. Une provocation pour les planteurs. La riposte Organisant la riposte, France-Betteraves invitait les planteurs, dans un courrier daté du 1er septembre, à renvoyer le contrat à l’usine en y ajoutant la mention manuscrite "sous réserve de la validité juridique du prix des betteraves servant à fabriquer du sucre hors quota, ces prix devant être négociés avec France-Betteraves qui a reçu mandat de ma part à cet effet". Réponse extrêmement violente de SLS qui indique qu’il ne pourra pas "attester de la livraison de ces betteraves auprès de l’ONIGC". Ce qui signifie en d’autres termes : "si tu n’acceptes pas les 19 e/t, je te fais sauter les DPU!" Quelques jours plus tard, une seconde version de ce courrier est envoyée aux producteurs ayant annoté leur contrat, version certes un peu plus soft mais tout aussi menaçante. Ne plus annoter Changement de stratégie. Dans un courrier daté du 20 septembre, France-Betteraves, via le CSOB, conseille à ses planteurs de renvoyer à nouveau un contrat sans annotations ni réserves. "Cette démarche de SLS est cependant totalement inacceptable, insiste Eric Dechaufour. Nous avons donc alerté les Pouvoirs Publics (DDAF, ONIGC, Ministère de l’Agriculture, DGCCRF) sur cette menace que SLS fait peser sur nos DPU et l’obligation qui nous est faite d’accepter ces prix de betteraves éthanol. L’Administration fait la même analyse que la nôtre sur ce dossier. Elle nous recommande de renvoyer le contrat SLS pour ne prendre aucun risque sur les DPU mais considère qu’il y a matière à instruire le dossier". En d’autres termes et si SLS continue sa sourde oreille (CSOB a rencontré SLS le 15 septembre dernier. A toutes les revendications, l’industriel a répondu NON), St-Louis Sucre pourrait se retrouver devant les tribunaux pour "signature sous contrainte et abus de position dominante". Th. Guillemot Pour tout savoir sur l'accord tare terre, cliquez iciFrance-Betteraves : un outil de négociation du prix "Un syndicat n’a plus la possibilté de négocier le prix de la betterave hors quota". C’est pourquoi a été créé France-Betteraves : une union de planteurs. Du côté du CSOB, le taux d’adhésion à ce jour dépasse les 50 % du quota mais l’objectif affiché par Eric Dechaufour est de dépasser les 60 %. "Nous devrions en être la première région adhérente eu égard à la nécessité de se serrer les coudes face à St-Louis SucreLa cause des planteurs ne sera pas mieux défendue par France-Betteraves que par la CGB puisque cette association est dirigée par des membres de la CGB qui ont plaidé pour la chute du prix de la betterave à 25 e/t lors de la réforme de l’OCM sucre," affirme la Coordination Rurale. Réponse d’Eric Dechaufour : "effectivement, ce sont les mêmes membres. Question d’efficacité et de maîtrise des coûts. Quant à l’accusation selon laquelle la CGB aurait plaidé une baisse du prix de la betterave à 25 e/t, c’est de la démagogie de la part de la Coordination Rurale. Bien sûr que nous préférions l’ancien régime plus rémunérateur mais il faut faire la différence entre le possible et le souhaitable. Je rappelle seulement que le changement de régime a pour cause une condamnation des exportations de sucre à l’OMC".
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