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Elevage
Face à la pénurie fourragère : la pulpe surpressée

Face à la pénurie fourragère, un certain nombre d'éleveurs vont devoir acheter des fourrages complémentaires.

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© DR

Le premier réflexe est d'acheter du maïs sur pied mais dans certaines zones du département, il risque d'être rare et cher. La pulpe de betterave surpressée est un excellent aliment pour la production de lait. Dans un article paru début juin nous indiquions « Il peut déjà être intéressant de prendre des décisions d’achat au moment où les fourrages sont disponibles sur le marché. Les co produits (drêches de brasserie, drêches de blé, corn gluten, pulpe de betteraves, pommes de terre…) présentent de l’intérêt en période de pénurie fourragère : A ce jour (début juin) de nombreux produits sont disponibles sur le marché, mais les prix flambent face à une demande croissante. N’attendez donc pas le dernier moment pour passer des contrats auprès des fournisseurs ».
Aujourd’hui les disponibilités en pulpes sur pressées sont quasi inexistantes. Ceux qui ont besoin de fourrages doivent se renseigner au plus vite auprès des négociants locaux pour connaître leur possibilité d’approvisionnement. Seule de la pulpe déshydratée est encore disponible mais son prix flambe également en raison de l’augmentation du cours des céréales.
La pulpe surpressée contient environ 22 % de matière sèche mais celle-ci peut être supérieure. La composition de cette matière sèche est de 20 % de cellulose et entre 7 et 14 % de matières minérales. Ces teneurs influent sur la valeur alimentaire et sur la conservation en ensilage. La pulpe de betteraves surpressée est un aliment riche en énergie qui dépend étroitement de sa teneur en matières minérales.
Les pulpes de betteraves sont pauvres en phosphore et riches en calcium. Cependant, la digestibilité du calcium des pulpes est faible mais la teneur en calcium absorbable des pulpes est le triple de celle de l'ensilage de maïs. Les pulpes sont dépourvues de carotène et vitamines A.
La pulpe de betterave est très appétente. Il est conseillé de limiter l'ingestion à 1.2 kg de MS par 100 kg de poids vif, soit environ 7 à 8 kg MS par vache. La pulpe de betterave s'associe bien à l'ensilage de maïs. Elle n'apporte pas d'amidon mais de la cellulose digestible qui se dégrade lentement dans le rumen. La pulpe de betterave assure une bonne persistance de la production laitière.
La pulpe surpressée assure une bonne persistance laitière.  Dans différents essais réalisés avec de la pulpe de betteraves surpressée rationnée à raison de 6 kg MS/VL/jour, avec du maïs ensilage pauvre ou riche en MS distribué à volonté, la production laitière (+ 2.8 kg/VL), ainsi que le taux protéique (+ 2.0 g/kg), ont été améliorés de façon significative, alors que le taux butyreux est diminué (- 1.4 g/kg) en raison de la faible teneur en matières grasses de la pulpe.
Lorsque les quantités de pulpe distribuées sont faibles, les performances zootechniques sont peu modifiées. Par contre, au-delà de 7 kg de MS, la production laitière est pénalisée et des risques sur l'état sanitaire des animaux existent. Il est conseillé de laisser des fibres longues à disposition des animaux (1 à 1.5 kg/jour de foin ou de paille). Il est recommandé parfois de donner en plus du bicarbonate de soude (160 à 200 g/j/VL). Une ration avec 6 à 7 kg de pulpes surpressées avec de l'ensilage de maïs à volonté et complétée par 5 kg de tourteau de colza normal, 1 kg de tourteau de colza tanné et 120 g de CMV 0-27 permet de couvrir 32 kg de lait.
Beaucoup de situations sont possibles ; aussi pour définir la ration et sa complémentation, nous vous conseillons de vous rapprocher de votre conseiller pour établir un ration adoptée à votre élevage.

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