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Faire son service avant de s'installer

Un tremplin à l'installation pour Nicolas Gautier. Installé en élevage laitier en 2005 hors cadre familial en Normandie, l'éleveur bovin est aujourd'hui président du service local.

© AD

"J'ai été quatre ans vacher au service de remplacement. Et aujourd'hui, je suis installé à Saint Fraimbault dans le bocage ornais, près de Domfront. J'élève un troupeau de vaches Normandes sur 35 ha pour une
production de 220 000 l de lait, dans un système 100 % laitier" détaille Nicolas
Gautier, 31 ans. Installé depuis 2005, il est devenu président du service de remplacement de Domfront-Passais depuis 2011. Lui qui n'était pas directement issu du milieu agricole, ses "années de service" lui ont apporté beaucoup de pratique, et d'expérience autour de systèmes de productions différents. Et toujours progresser, "j'ai vu beaucoup de choses en peu de temps. Cela m'a beaucoup apporté pour construire mon projet".


Assurance indispensable
"Mes parents n'étaient pas agriculteurs, mais j'avais de la famille proche, grands-parents, oncle et tante, qui l'étaient. J'allais souvent chez eux et je crois que j'ai
toujours eu en tête, l'idée de m'installer.
Et dès que j'ai pu, j'ai assuré des remplacements durant les week-ends et les vacances scolaires".

En 2005, Nicolas passe de l'autre côté en devenant exploitant. Sans hésiter, il adhère au service en tant qu'employeur. "Accident, maladie. Même lorsqu'on est jeune, cela peut nous tomber dessus n'importe quand. Je n'imagine pas qu'on puisse s'endetter et investir des capitaux dans une structure, sans se protéger un minimum. A mon sens, c'est une assurance complètement indispensable pour faire face aux aléas dans une entreprise".

Qualité de vie
Une mission d'intérêt général qui va même au-delà. Car le remplacement contribue également à la qualité de vie des agriculteurs en leur permettant de partir en vacances ou tout simplement d'avoir des loisirs. Un véritable outil de développement agricole en somme. Et ce sont ces valeurs qui ont poussé Nicolas Gautier à reprendre la présidence  du service de Domfront-Passais en 2011, alors que l'ancien responsable laissait son mandat suite à son départ à la retraite. Nicolas est également responsable de planning pour la quinzaine d'agents en CDD. Le service local qui assure environ 15 000 heures de travail par an emploie également trois salariés en CDI, chacun étant relié à un groupe d'une quinzaine d'agriculteurs. Aujourd'hui, Nicolas est pris dans quelques difficultés de recrutement. Il lui faudrait encore trouver deux employés en CDD pour l'automne et ces derniers mois, quelques demandes de remplacement ont été refusées faute de main-
d'oeuvre disponible. Scolaires ou emploi à temps plein. "Nous recrutons des profils assez variés, et la richesse du métier en vaut la peine, pour peu qu'on soit autonome et capable de s'adapter aux différentes entreprises".

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