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FDSEA 50 : d’une élection à l’autre en passant par EGAlim et Brexit

Entre élection aux Chambres d’agriculture et élection européenne, la FDSEA de la Manche a ajouté EGAlim et Brexit au menu de ses travaux d’assemblée générale qui s’est tenue vendredi dernier à Tessy-Bocage. Olivier Mevel (maître de conférence en science de gestion, commerce, logistique et distribution), Jean Bizet (sénateur de la Manche) et Arnold Puech d’Alissac (président de la FRSEA Normandie) ont apporté leur expertise.

llll En préambule à une réflexion nourrie sur le projet européen dans un contexte particulier de Brexit, le président de la FDSEA 50 est revenu sur les dossiers chauds comme les élections Chambre d’Agriculture et les contraintes environnementales du moment en distribuant les bons et les mauvais points.
Sébastien Amand s’est tout d’abord félicité de la progression de 3 points de la FNSEA dans les urnes au niveau national et, départementalement, a mis en exergue Josiane Béliard « qui a fait disparaitre des radars la propriété privée ».
Cependant, si la majorité sortie des urnes dispose de 6 ans pour mener à bien un projet collectif porté par le syndicalisme FDSEA/JA, le taux de participation en recul de 15 % interroge chacun. « Il faudra peut-être revoir notre maillage territorial », propose comme début de réponse Sébastien Amand.
Autres sujets d’inquiétude évoqués avant la table ronde, la lutte contre la tuberculose avec un reste à charge de 5 euros pour l’éleveur et le zéro phyto, très tendance. Deux sujets sur lesquels la FDSEA estime que c’est à l’Etat d’assurer. « Pas de suppression de matière active sans alternative nous avait assuré la président Macron et, quelques mois après, son gouvernement interdit le 1,3 D, a dénoncé Sébastien Amand. Avant d’enchainer : j’ai la rage. J’avais cru que les engagements pris par le ministre de l’Agriculture Travert seraient tenus. L’Espagne vient d’obtenir une dérogation. Cette problématique carotte restera la vôtre Monsieur le Député,» a conclu sur le sujet Sébastien Amand à destination de Stéphane Travert, absent au moment de l’allocution mais bien présent à la clôture des travaux.

Une guerre des prix infernale
Olivier Mevel (maître de conférence en science de gestion, commerce, logistique et distribution et professeur à l’université de Rennes) a lui aussi distribué les bons et mauvais points.  Zéro pointé d’abord à l’enseigne Leclerc « qui a déclenché en 2013 une guerre des prix infernale que personne ne peut plus arrêter. Le groupe Leclerc a fouetté les autres distributeurs. Il les a mis à genoux. Dans sa logique, Leclerc est dans la niche des prix».
Ailleurs, entre le producteur et la grande distribution, « des industriels qui ont trop souvent divisé pour mieux régner et c’est encore parfois le cas ». Mais parfois, ce n’est plus le cas. «Les  patrons des multinationales savent que les éléments marketing qui permettent de vendre les produits sont dans les exploitations d’où l’intérêt d’avoir en face des interlocuteurs regroupés. 50 OP (Organisation de Producteurs) auparavant chez Bel. Plus qu’une seule aujourd’hui fédérant 840 éleveurs, ce n’est plus un obstacle aux négociations ».
Ainsi, et si tout est loin d’être parfait, les EGAlim constituent une avancée qui peut permettre dans un certain nombre de cas un réalignement des planètes producteurs/transformateurs/grande distribution. A ce titre, « Intermarché joue le jeu. On entre dans la période où l’on va pouvoir compter ce qui revient au monde agricole », analyse Olivier Mevel.

Déconsommation en volume
Dans cette mécanique de fabrication du prix, et donc de partage de la valeur ajoutée, pas question pour le syndicalisme agricole de baisser la garde d’un cran. « On a l’impression que les distributeurs sont prêts à faire un bras d’honneur si on ne les check pas », considère Sébastien Amand.
« Ça ira dans les niches. Les EGAlim fonctionneront aussi dans les cas de marques fortes mais beaucoup moins avec les marques qui jouent en 2e ou 3e division », répond Olivier Mevel. Restent les MDD (Marque De Distributeur) ?
« On les a laissées en dehors, il ne le fallait pas. En lait, elles représentent 30 à 40 % des ventes ». Et d’expliquer que les marques nationales rapportent du cash qui permet de baisser le prix des MDD afin d’aboutir « à la création d’écarts de prix psychologiques ».
Reste que rien n’est définitivement gravé dans le marbre. Le monde de la grande distribution bouge, ses stratégies évoluent et évolueront encore. Alors que pour la première fois nous connaissons une déconsommation en volume, Auchan perd de l’argent pendant que ça roule pour Leclerc (50 % de part de marché en drive alors qu’il ne représente que 25 % en linéaire). « Le gros du mensonge, ce sont les comparateurs de prix. On trouve toujours moins cher ailleurs», prévient Olivier Mevel. Raison de plus pour se différencier par autre chose. « Il ne faut pas aller voir les distributeurs sans rien. En tomate par exemple, il faut proposer du sans pesticide. C’est plus facile quand on s’appelle Savéol que Prince de Bretagne ». Aligner les planètes ne sera donc pas simple... Mais pas impossible non plus ! « La suppression des distorsions de concurrence est le préalable à toute chose », exige au passage Sébastien Amand.

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