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FDSEA 50 : les parlementaires de retour

Le contact entre la FDSEA de la Manche et les députés a toujours été constant, que ce soit pendant la campagne électorale ou une fois les élections passées. Un an après leur prise de fonction, ils ont été invités à entendre les membres du conseil d’administration sur de nombreux sujets de préoccupation.

© SB

llll Trois heures d’échanges ont rythmé le dernier conseil d’administration de la FDSEA de la Manche début mai. Trois heures où les parlementaires ont entendu les préoccupations de l’agriculture manchoise et française. Tour à tour les responsables syndicaux ont fait part de leur inquiétude en matière de loi foncière, revenus des retraités, l’emploi, les élections des chambres d’agriculture, la perception du bien-être animal... Et plus particulièrement au sujet du projet de l’amendement sur la séparation du conseil et de la vente. 

Un conseil par les Chambres
Dans le projet de loi d’aujourd’hui pour « l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable », l’amendement n° 35 propose une séparation de la vente et du conseil. Il vise l’incompatibilité totale entre le conseil d’intervention (hors conseil de sécurité) et de vente. Pour Sébastien Amand, président de la FDSEA de la Manche, cette décision engendrerait « un coût de l’ordre de 5 à 10 000 euros par exploitation selon les types de productions », dénonce-t-il. « Un coût qui devrait être supporté par l’agriculteur », craint-il.  Et c’est sans compter les évolutions des pratiques de productions demandées nécessitant des investissements. Alors le président défend un autre point de vue auprès des députés de la Manche afin qu’ils appuient cette vision au niveau national. « Les Chambres d’agriculture grâce aux missions de services publics et aux techniciens du réseau présents sur l’ensemble du territoire français, pourraient être missionnées pour venir en appui. Elles ont un rôle de vulgarisation et de conseil », souligne Sébastien Amand. 

Avec un budget fort
La PAC a également été au cœur des échanges. Le budget devrait pouvoir affirmer une agriculture française et européenne forte. Mais avec les premières négociations, ce n’est pas ce qui se laisse présager. « Sachez que les décisions que vous prenez sur le budget de la PAC, les impulsions que la France donnera sur la PAC, seront importantes. Le modèle d’exploitation défendu par la FDSEA est bien de type familial. On ne veut pas des modèles agricoles d’Amérique du Sud. Si
ce n’est pas la PAC qui appuie l’agriculture, demain ce sera peut-être
des privés... », souligne Sébastien Amand.

Ne pas tomber dans l’émotion
La notion de bien-être animal a été évoquée par entre autres François Rihouet, président des JA de la Manche ou encore Hervé Marie, trésorier de la FDSEA et président du GDS. Ce dernier invitant les députés à ne pas tomber dans l’émotion. « On a tous vu des images insoutenables. Mais il faut voir ce qu’on filme. Le mal-être animal c’est différent », souligne-t-il, mettant en garde sur le maintien des vétérinaires en milieu rural. « Aujourd’hui, en école vétérinaire, seuls 20 % souhaitent s’orienter vers la rurale. Ce sont des vétérinaires étrangers qui s’intéressent à nos cabinets. »

Moderniser le statut du fermage
Tour à tour, les élus ont évoqué les sujets préjudiciables pour l’avenir de la profession. A commencer par Josiane Béliard, présidente de la section des propriétaires ruraux. Certes, le statut des fermages doit être modernisé. Mais « qui seront les propriétaires ruraux demain ? », s’interroge-t-elle. Philippe Gosselin a bien reconnu que le foncier était un sujet majeur pour le département, « et une bombe à retardement. On voit déjà des terres en déprise. C’est une véritable question », poursuit-il. Selon Sonia Krimi, Josiane Béliard devrait être auditionnée pour qu’elle puisse faire état des différents points de vigilance.

Le pouvoir d’achat des retraités
Après les propriétaires ruraux, ce sont les retraités qui ont exprimé leur inquiétude par rapport à leur pouvoir d’achat, en baisse à cause de la hausse de la CSG. « On ne demande pas la même chose que les fonctionnaires. Mais aujourd’hui, force est de constater que la TFNB augmente bien plus que les autres taxes qui pour certaines vont être supprimées. Or, quand on a été exploitant, on a bien souvent été propriétaire pour assurer la survie de nos exploitations. Avec ces taux du foncier non bâti qui flambent, c’est encore une fois notre pouvoir d’achat qui est impacté alors que la moyenne des retraites agricoles n’atteint pas 750 euros », assure Gérard Bédouin, président de la section des retraités. Dématérialisation et réversion ont également été évoquées.

Emploi
Pour finir, Philippe Faucon, en charge de l’emploi au syndicat majoritaire, a souligné que « beaucoup de curseurs bougent », et notamment le disposition TO-DE (travailleurs occasionnels), avec une incidence sur le coût de la main-d’œuvre. Une main-d’œuvre de plus en plus difficile à trouver. Une hausse du coût du travail pourrait remettre en cause de nombreux emplois dans un département comme la Manche. « C’est un sujet très sensible », assure-t-il.

Une lourde feuille de route
Au fil des heures, la feuille de route des députés s’est donc fortement alourdie à la fin de la réunion. Ce conseil d’administration a sans aucun doute déclenché de nouvelles entrevues pour tenter de trouver des issues favorables aux attentes des responsables syndicaux de la Manche, tous conscients du poids économique que représente l’agriculture dans le département.

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