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Jaunisse
(EN IMAGES) FDSEA et JA alertent: « le virus est partout »

Lundi 3 août, les JA et la FDSEA ont invité les responsables politiques ornais et la presse en bout de champ, à Aunou-sur-Orne. Ils ont mis le doigt sur la problématique des betteraves fourragères qui vont produire 50 % des rendements habituels et sur la sécheresse.

Rendez-vous était donné, lundi 3 août, au Gaec Noé-Bel, à Aunou-sur-Orne. Une trentaine de personnes, agriculteurs, responsables syndicaux et politiques ornais, se sont retrouvés dans une parcelle de betteraves fourragères entourée de maïs. Le cadre de la rencontre est posé. Les problèmes exposés. Xavier Goutte, responsable agronomie PV à la Chambre d‘agriculture de Mortagne-au-Perche, explique, une betterave à la main : « nous n’avons pas les bons produits pour lutter contre la jaunisse en traitement foliaire. Le virus est partout depuis deux ou trois ans. Les pucerons qui le véhiculent volent sur une centaine de kilomètres et contaminent d’autres parcelles ». Il présente, preuve à l’appui, aux responsables politiques les dégâts causés par la jaunisse virale sur les betteraves. La maladie était avant enrayée grâce au traitement des semences par les néonicotinoïdes. Molécules interdites en France depuis le 1er septembre 2018. « Les mêmes pucerons ont virosé les pois protéagineux, qui perdent entre 10 et 30 q/ha », poursuit Xavier Goutte. À partir de ce constat, les JA et la FDSEA demandent que l’utilisation des néonicotinoïdes soit de nouveau autorisée, tant qu’une solution alternative ne sera pas trouvée.

« Un pas en avant, trois en arrière »

« Il n’existe pas de molécule de substitution, admet Vincent Segouin, sénateur. Le gouvernement est parti pour indemniser les pertes de production plutôt que pour réintégrer le produit. La vague écologique est contre les néonicotinoïdes, le ministre de l’Agriculture ne peut rien faire. » Et le sénateur de faire comprendre que la dérogation ne sera pas accordée. Jean-Baptiste Goutte, président des JA, dénonce une « aberration car le produit est dans le sol, sur une culture qui n’intéresse pas les abeilles. Nous passons quatre insecticides au lieu de zéro pour lutter contre la jaunisse virale ». Anne-Marie Denis, présidente de la FDSEA, enchaîne : « notre agriculture dépend de ces productions. Nous allons tuer l’élevage » déjà privé dans le Calvados et l’Orne des pulpes de betteraves sucrières depuis la fermeture de l’usine de Cagny. Chantal Jourdan, députée qui remplace Joachim Pueyo, incite à « penser à long terme », à « se mettre à table pour changer les pratiques et faire évoluer les choses. C’est tout un écosystème auquel nous devons réfléchir, qui n’est pas que la question des agriculteurs ». Si Jean-Baptiste Goutte voit « un pas en avant » pour « trois pas en arrière », la députée assure vouloir « donner les moyens de transformer les pratiques agricoles ». Daniel Génissel, agriculteur et ancien président de la Cran, souligne : « en Europe, surtout en France, on s’empêche de produire et on encourage les pays les moins vertueux à le faire. Nous faisons plus de bêtises que nous n’en réparons en supprimant des produits ». Et de citer l’exemple du glyphosate. « Nous ne savons pas doser les problématiques. »

« La situation est inquiétante »

Deuxième point à l’ordre du jour, la sécheresse. « S’il ne pleut pas dans les dix jours, les betteraves comme le maïs vont se retrouver en situation de stress hydrique et en tension sur la réserve utile du sol. Il sera trop tard pour le remplissage », décrit Xavier Goutte. Anne-Marie Denis constate « des pluies rares, ou qui tombent au mauvais moment. Les récoltes de céréales sont acceptables dans le bocage mais la situation est très différente selon les endroits ». Les responsables de secteur ont décrit des situations très hétérogènes. Partout la conclusion est la même : les parcelles qui ont eu la chance d’avoir 20 mmm d’eau au printemps s’en sortent avec 30 % de rendement d’écart. Guillaume Larchevêque soulève le sujet du stockage de l’eau : «  on a vu tomber des quantités d’eau cet hiver puis plus rien. Nous allons devoir intégrer la question de la retenue d’eau pour la relarguer aux moments propices ». « La situation est inquiétante dans le département. Nous allons avoir de gros problèmes de paille. Les betteraves vont produire 40 à 50 % de leurs rendements habituels. C’est l’effet domino. Les accompagnements de l’administration ne suffiront pas, prévient la présidente de la FDSEA. Laissez-nous produire. »

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