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FDSEA et JA de l’Orne débattent avec les acteurs du territoire

Lundi 25 juin, la FDSEA et les JA ont organisé un après-midi sur le thème : « États généraux de l’alimentation, que voulons-nous pour notre agriculture ornaise ? » Une trentaine de personnes se sont rendues au Gaec du Petit Noyer, à Vingt-Hanaps. Élus, acteurs de la distribution et un représentant de Lactalis ont échangé avec les agriculteurs sur les points clefs de la loi Alimentation.

© JP

llll Mardi 26 juin, le projet de loi Alimentation est examiné par le Sénat. Alors, à la veille de cette nouvelle étape, les Jeunes agriculteurs et la FDSEA ont convié les acteurs du département à Vingt-Hanaps. Le Gaec du Petit Noyer a accueilli, entre autres, le président du Département Christophe de Balorre, le député Jérôme Nury, la sénatrice Nathalie Goulet, Chantal Jourdan représentante du député Joaquim Pueyo. Ainsi que des représentants de Carrefour, Intermarché, Leclerc et Lactalis.

Gaec intermédiaire
Le Gaec du Petit Noyer fonctionne en rythme de croisière. Alain Gaudré et Jean-Marc Lelièvre, associés depuis 2002, comptent 170 ha de SAU, 55 Normandes pour un droit à produire de 384 000 l, un atelier bovins viande. Objectif : montrer le métier d’agriculteur, communiquer sur les pratiques d’élevages.  « Nous nous posons des questions sur l’avenir », introduit Anne-Marie Denis. La présidente de la FDSEA souhaite interpeller les élus quant à la déclinaison des EGA dans l’Orne. « La journée est l’occasion que nous fassions passer nos revendications », enchaîne Alexis Graindorge, président des Jeunes agriculteurs.

Un nouvel amendement
La répartition de la valeur est un sujet phare du projet de loi Alimentation. Le retour vers les exploitations doit être permis grâce à des prix de vente calculés selon les coûts de production. Or, vendredi, le gouvernement a déposé un amendement visant à rendre facultative la prise en compte des indicateurs de prix par les interprofessions. « La loi avance vite », constate Marc Gégu. Mais le vice-président de la FDSEA s’inquiète : « Comment les organisations de producteurs vont-elles avoir de la force face aux entreprises de transformation ? »

Et en 2019 ?
« Je n’ai pas l’impression que le retour de la valeur existe pour nous. Nous venons de traverser une période très difficile, nous avons une lueur d’espoir pour 2018 mais ce n’est pas suffisant. Nous avons besoin de trésorerie. On sait ce qu’on attend. Et vous ? », demande Dominique Bayer, responsable de la section viande du syndicat agricole, aux participants de l’atelier retour de la valeur. « Nous sommes inquiets des importations à venir et de celles existantes dans les filières volaille et porcine, aussi bien dans les magasins que dans la restauration hors domicile. Comment, en 2019, un agriculteur pourra-t-il vivre avec plus de 350 €/mois ? Quels sont vos axes d’amélioration ? », enchaîne Alexis Graiondorge. « Le client attend de la transparence, répond Laurent Naveau, directeur de Carrefour de Condé-sur-Sarthe. Mais nous pâtissons du fait qu’il y ait trop de logos différents. »

Couvrir les coûts de production
Autre sujet abordé autour de la table : le lait. « Avant la réforme de la PAC, l’industrie laitière était aidée par l’Union européenne pour écouler ses excédents. Depuis la réforme, chaque entreprise se débrouille avec son mix produit. Nous dépendons du marché mondial pour fixer le prix du lait. Nous sommes très exposés, sauf sur le bio et les AOP », a tenu à rappeler M. Perrin, directeur régional de la collecte chez Lactalis, seul représentant de laiterie présent.
« Oui, vous êtes exposés sur 30 % du marché. Mais le retour de la valeur n’y est pas, répond Dominique Bayer. Vous nous proposez de produire du lait sans OGM, payé 10 €/1 000 l en plus. Mais dans trois mois, quand les cours auront changé, ça nous coûtera combien de produire sans OGM ? Nous voulons couvrir nos coûts de production. »

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