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Syndicalisme
FDSEA et JA s’inquiètent de la flambée des charges

Le 15 novembre 2021, la FDSEA et les JA de la Manche ont voulu alerter les parlementaires sur l’envolée des prix des engrais, aliments, carburants… subie dans les exploitations. Ils espèrent une prise en compte de leurs coûts de production dans le prix de leurs produits. Autrement dit le respect de la loi Egalim.

FDSEA, JA RENCONTRE PARLEMENTAIRES
Les responsables syndicaux de la FDSEA et des JA ont rencontré les parlementaires lundi 15 novembre pour faire état de la situation préoccupante de la flambée des charges dans les exploitations.
© DR

Toutes les productions sont impactées par la hausse des charges : lait, porc, viande, volailles, légumes… Le 15 novembre 2012, les responsables de section de la FDSEA aux côtés des JA de la Manche ont exprimé leurs difficultés. Réunis à la ferme expérimentale de La Blanche maison, les responsables syndicaux ont voulu faire la démonstration, chiffres à l’appui, de l’envolée des prix des charges. Sur cette exploitation de 90 vaches laitières, 104 ha et 660 000 l de lait, l’aliment sans OGM grimpe de 25 %, l’amyplus de 15 %, l’ammonitrate de 11 %, le GNR de 13 %... L’ensemble des charges opérationnelles augmente de 17 % et pour 2022, l’évolution est estimée à 22 %, soit en deux ans 42 %. L’ensemble des charges équivaut à une augmentation de 31,2 €/ 1 000 l pour 2021 et à 69,2 €/1 000 l pour 2022. « On a l’habitude de compresser les charges. Mais là, on n’y arrive plus », note Anne Jeanne, en charge de l’environnement à la FDSEA. Si l’exploitation de La Blanche maison est tournée vers une alimentation à l’herbe, sans OGM, en AOP, ce n’est pas le cas de toutes les exploitations laitières du département. Les impacts peuvent être encore plus importants chez certaines d’entre elles. Or, Jean-Michel Hamel, président de la FDSEA alerte sur le fait de fournir les entreprises agroalimentaires. « Il nous faut maintenir la production laitière dans la Manche », avance-t-il.

Toutes les productions impactées par les hausses

Les productions porcine, légumière, bovine n’y échappent pas. Et les responsables de section le confirment. « Il manque 30 à 40 € par porc. Des éleveurs ne remplissent même plus les bâtiments », se désole Yvan Fourré, responsable de la filière régionale. « On en a vu des crises. Mais là, elle est importante. Le prix d’équilibre est de 1,60 €/kg alors qu’il est aujourd’hui à 1,25 €/kg. A ce rythme, on ne pourra pas tenir longtemps. L’aliment représente 65 à 70 % de nos coûts de production », souligne-t-il. En viande bovine, « on va vers de la décapitalisation. Le jeune bovin est pratiquement au même prix en 2021 qu’en 1984. Il est à 4,11 €/kg de carcasse quand il était à 4,06 €/kg trente-sept ans plus tôt », avance Baptiste Leclerc.  En légumes, la potasse est essentielle, le fuel est un poste important. Mais Jean-Luc Leblond pointe la disparition de certains produits phytosanitaires. « On nous promettait qu’il n’y aurait pas de suppression sans solution. Ce n’est pas le cas. Si on veut broyer une production, on ne s’y prendrait pas mieux », s’insurge-t-il. C’est sans compter sur la disparition des emballages plastiques à la fin de l’année. En céréales, du maïs grain reste à battre parce qu’il faut du gaz pour le chauffer, une denrée chère. En production bio, les prix enregistrent de grandes disparités entre collecteurs, et de la concurrence en légumes par exemple.

Faire respecter la loi Egalim

Si la loi Egalim 1 devait permettre la prise en compte des coûts de production dans les prix des produits payés aux producteurs, elle reste insuffisante. « Nous n’avons rien vu dans les exploitations », rappelle Jean-Michel Hamel. Alors, qu’est-ce que les agriculteurs peuvent attendre de la loi Egalim 2 ? Stéphane Travert, ancien ministre de l’Agriculture, la défend en précisant avoir fait entrer les marques de distributeurs. « Encore faut-il que les maillons de la chaine qui ne respectent pas la loi soient pénalisés », avance Jean-Hugues Lorault.

Rester motivés

Face à ces constats, « il faut continuer à se lever tous les matins. Il faut être motivés », avance Anne Jeanne. Des propos partagés par les Jeunes agriculteurs. « Cette situation est inquiétante alors qu’il y a un véritable enjeu de transmission des exploitations », rappelle Luc Chardine. Les représentants syndicaux attendent fortement que la loi Egalim s’applique. « Si elle n’est pas appliquée, je ne donne pas cher des exploitations et des entreprises agroalimentaires. C’est toute une filière d’un département qui est en danger », conclut Jean-Michel Hamel. « On ne pourra pas tous faire du gaz », lâche François Rihouet.

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