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FDSEA-JA 50 : la préfète réveillée par les tracteurs

Le 19 août, à 6 h, les Saint-Lois ont été réveillés par les klaxons des tracteurs. Une quinzaine a rejoint la préfecture entourée de 150 agriculteurs, à l'invitation de la FDSEA et des JA de la Manche

Le rassemblement avait lieu à 5 h du matin le mercredi 19 août, plage verte à Saint-Lô. L'objectif était de réveiller la préfète de la Manche, Danièle Polvé-Montmasson afin de rappeler la situation difficile dans laquelle les élevages du département se situent.
Et dès 6 h du matin, les premiers tracteurs ont rejoint le centre ville en klaxonnant, avec comme message « désolé si aujourd'hui, je suis en colère. A bout de nerfs, c'est mon voisin que j'enterre ».  A leur arrivée devant les grilles de la préfecture, les forces de l'ordre les attendaient dans la cour avec un camion anti-émeute, un second était prêt à intervenir dans la rue parallèle.
Très rapidement, les agriculteurs se sont mis à souder les grilles. Ce qui a fortement déplu. Les forces de l'ordre ont répondu par une bombe lacrymogène. « Ce n'était pas prévu » prévient un policier.

Les grilles soudées
«La baisse du prix du lait non plus. Et pourtant, on doit faire avec» rétorque un éleveur, excédé de la situation. « On n'a pas pu rester longtemps » grince Jean-Michel Hamel, secrétaire général de la FDSEA « On ne voit rien venir, alors on les enferme » explique-t-il. « Ils annoncent des mesures, les agriculteurs n'en voient pas la couleur » poursuit-il.
Pendant près d'une heure, des bennes de pneus ont été déversés devant la grille, une balle de foin, et des tonnes de lisier.

Une quinzaine de bennes vidée à la préfecture
Instinctivement, les agriculteurs ont jeté les pneus par dessus les grilles. A l'aide d'un tracteur, les différents chargements se sont retrouvés de l'autre côté après y avoir mis le feu. Une épaisse fumée noire s'est dégagée sans engendrer de gros dégâts. Mais les camions anti-émeute n'ont pas attendu très longtemps pour intervenir pour tenter de faire reculer les agriculteurs qui ont été pour certains bien arrosés. Pourtant, « on a été sage, on a été gentil», note Jean-Hugues Lorault, président des JA. Ce qui n'a pas empêché les forces de l'ordre « de venir rapidement à l'affrontement ».

Ras-le-bol
Mais ce mercredi matin, le temps n'était pas à la discussion comme l'a indiqué Jean-Hugues Lorault. « Nous sommes là dans un esprit de revendications. Il y en a ras-le-bol de belles annonces du ministère. On n'a rien obtenu » martèle le président des JA.  Au départ, le secrétaire général de la préfecture devait venir à leur rencontre, mais la soudure des grilles n'a pas été appréciée. Par conséquent, personne n'est venu. « Depuis deux mois, on a tenu les troupes. On a réalisé des actions de manière responsable. On voit bien que les dossiers n'avancent pas et que l'Etat ne prend pas ses responsabilités, ni les élus, les parlementaires sur tout ce qui est fiscal, social, environnemental. Ce sont eux qui font les lois, les réglementations. Et c'est bien cela qu'il va falloir changer. Au delà du prix, il faudra qu'on gagne en compétitivité et qu'on revienne sur des dispositions européennes afin d'être en adéquation avec nos concurrents européens. C'est le message qu'on voulait faire passer » explique Sébastien Amand, président de la FDSEA de la Manche.
L'action va se poursuivre. Et les éleveurs manchois répondront à l'appel national en se déplaçant le 3 septembre à Paris et le 7 septembre à Bruxelles.

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