Aller au contenu principal

Femme d’agriculteur : s’afficher pour se faire entendre

Charlène Guérin ne vient pas du milieu agricole. Il y a 12 ans, la jeune femme tombe amoureuse de Vincent et décide de se marier. Fière de la profession de son mari, elle ne supporte plus la situation catastrophique que subit l’agriculture et veut faire bouger les choses. C’est pourquoi Charlène et les foulards noirs (femmes agricultrices/d’agriculteurs) passent à l’action. Aujourd’hui, la jeune femme enchaîne les interventions. Un impact énorme qu’elle n’aurait jamais imaginé...

« Vous savez, les agriculteurs ont tendance à tuer les problèmes, ils ne veulent pas trop en parler car ils ne veulent pas se plaindre. De base, je fais ça pour lui, pour cet homme qui se lève tous les jours à pas d’heure pour nourrir la France. Donc oui, j’ai décidé de raconter ma vraie vie, je n’ai rien à cacher, je n’ai pas de filtre », raconte Charlène Guérin aux côtés de son amie Ludivine Lemonnier.
« Vous savez, les agriculteurs ont tendance à tuer les problèmes, ils ne veulent pas trop en parler car ils ne veulent pas se plaindre. De base, je fais ça pour lui, pour cet homme qui se lève tous les jours à pas d’heure pour nourrir la France. Donc oui, j’ai décidé de raconter ma vraie vie, je n’ai rien à cacher, je n’ai pas de filtre », raconte Charlène Guérin aux côtés de son amie Ludivine Lemonnier.
© MM

« J’ai toujours été fière de mon mari. Je suis admirative de ce qu’il accomplit tous les jours. C’est un beau métier qui, malheureusement, traverse une période noire. Il reste passionné et s’investit à 100 % », déclare Charlène Guérin, foulard noir.

Installation
Cela fait douze années que Charlène et Vincent partagent leur vie. Vincent s’est installé en 2007. Seul sur l’exploitation, l’agriculteur doit faire face à la crise. « Ce fut un moment très difficile pour nous. Il fallait qu’on trouve une solution si on voulait un avenir correct. Il s’est donc posé la question du bio. En mai 2015, la conversion débutait », souligne Charlène Guérin.
Avec leurs deux enfants (Tom, 8 ans et Matéo, 3 ans), Vincent et Charlène n’ont qu’une seule envie : pouvoir mener une vie de famille. « L’objectif de cette conversion est bien entendu d’alléger le temps de travail de Vincent. Grâce à une employée, nous aurons  désormais notre mercredi et vendredi soir », explique la jeune femme.
« Il n’a pas un week-end pour lui, il se lève très tôt et rentre après 21 h. C’est compliqué de vivre de cette façon. Même si les enfants comprennent la situation, c’est difficile pour eux lorsque leur père est peu présent. Malheureusement, nous n’avons pas le choix ». C’est pourquoi, depuis moins d’un an, Charlène s’est investi à 100 % afin de défendre la profession. Avec d’autres amies, elle créer les « Foulards noirs ». Un collectif de femmes qui s’acharne à défendre l’agriculture, faire prendre conscience aux personnes la situation insupportable à laquelle font face nos producteurs. « Vous savez, les agriculteurs ont tendance à tuer les problèmes,ils ne veulent pas trop en parler, car ils ne veulent pas se plaindre. De base je fais ça pour lui, pour cet homme qui se lève tous les jours à pas d’heure pour nourrir la France. Donc oui, j’ai décidé de raconter ma vraie vie, je n’ai rien à cacher, je n’ai pas de filtre », admet la Foulard Noir.

Actions menées
C’est lors des manifestations de l’année dernière que le collectif des « Foulards Noirs » a vu le jour. Leurs objectifs ? Défendre, en tant que femmes, l’agriculture, le travail mené, la vie de famille et ouvrir les yeux des gens sur la pression exercée par la crise. En effet, c’est la vie même de l’agriculteur qui est touché, et celle de son entourage. « C’est Peggy Morieult qui nous a appelés. Elle voulait que nous fassions quelque chose pour nos maris, un autre soutient qui n’avait pas encore été fait », témoigne Charlène Guérin. Dès lors, les 5 femmes se rencontrent et discutent sur les actions à mener. « L’agriculture est en deuil. Nous ne pouvions pas rester les bras croisés à regarder nos maris se tuer à la tâche pour des morceaux de pain », ajoute Ludivine Lemonnier, Foulard Noir et amie proche de Charlène. Après un bon nombre de manifestations et de diverses interventions médiatiques, les Foulards Noirs ne sont pas près d’arrêter.
« On ne s’attendait pas du tout à une telle réaction. On assiste à un effet boule de neige. Nous sommes actuellement en période de tournage avec France 5 », annonce la jeune femme.
Un reportage qui est prévu pour novembre 2017, ce dernier prenant une année complète de réalisation. Lors de sa diffusion, nous découvrirons les différents cas dans lesquels s’engouffrent les exploitants (Conversion bio pour Charlène et Vincent, mais aussi arrêt du lait pour Ludivine et son mari...).
La Foulard Noir mania serait-elle lancée ? Une chose est sûre, les cinq femmes ont vu juste et vont continuer de clamer leur détresse, et ça devant la France entière.

S’ouvrir pour se faire entendre
Malgré une médiatisation voulue et obtenue, Charlène reste déçue sur un point. « C’est fou de se dire que pour en arriver là, il a fallu que je m’ouvre totalement aux gens. J’ai dû afficher ma vie personnelle pour que ça intéresse un minimum les personnes. Je trouve ça assez triste d’en arriver là,  je reste fière de ce que je fais ».
Après les manifestations raisonnantes de l’été dernier, Charlène ne dément pas. « Ce n’est pas parce que nos producteurs ne sont plus dans la rue aujourd’hui que la crise a diminué. C’est encore pire, je continuerai tant qu’on me donnera la chance de parler », conclut-elle.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Fossé traité : l’agriculteur ne nie pas mais regrette la procédure
Début juin, un agriculteur reçoit un appel de l’Office français de la biodiversité du Calvados pour avoir traité un fossé. Lundi…
Une éleveuse ornaise sur les marches du festival de Cannes
Jeudi 15 juillet, Anne-Cécile Suzanne, agricultrice à Mauves-sur-Huisne (61), a monté les marches du Palais des festivals à…
Pour la Préfète de l’Orne, Françoise Tahéri, Maxime Le Jeanne décrit l’équipement de l’unité de méthanisation installée en 2011 au Gaec des Fossés à Moussonvilliers dans le Perche et agrandie en 2016.
La préfète appréhende le cycle complet de la méthanisation
Sur l’invitation de la FDSEA et de JA, Françoise Tahéri, préfète de l’Orne, s’est rendue mardi 6 juillet 2021, dans l’élevage de…
Les rendements en orges sont au rendez-vous de la moisson
En date de lundi 19 juillet 2021, les organismes de collecte saluent une belle avancée dans les orges et attendent les premières…
Moisson 2021
La météo pluvieuse contrarie la collecte
Lundi 26 juillet, la collecte des orges se termine mais la pluie a stoppé l’avancement des récoltes.
Catherine Pilet-Fontaine, exploitante à Ranville, Daniel Savary, salarié et Geoffroy de Lesquen, agriculteur et vice-président de la fédération des chasseurs du Calvados.
La faune sauvage préservée grâce à la barre d’effarouchement
A Ranville, Catherine Pilet-Fontaine vient de recevoir une barre d’effarouchement, financée par la fédération des chasseurs du…
Publicité