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Femmes rurales : « bien dans ses bottes »

La journée internationale des femmes rurales a lieu chaque année le 15 octobre. L’occasion de rencontrer trois femmes qui jouent un rôle dans l’agriculture manchoise : Edith, agricultrice à Milly, Sophie, femme d’agriculteur à Saint-Germain-d’Elle et enseignante dans un lycée agricole et Floriane, conseillère à la Chambre d’agriculture de Normandie.

Journée de la femme rurale - 15 octobre
Edith Delaunay agricultrice à Milly - Sophie Letemplier, enseignante d’économie au lycée agricole - Floriane Marie, conseillère à la Chambre d’agriculture de Normandie
© DR

Edith Delaunay, agricultrice à Milly
" J’aime mes animaux, j’aime mon travail "

Installée à Milly depuis 7 ans avec Stéphane, son mari, Edith Delaunay a toujours su qu’elle était attirée par la terre. C’était clair dans sa tête, elle qui était fille d’agricultrice. Son parcours de vie l’a conduite à travailler pendant 5 ans en usine, mais le travail en extérieur, auprès des animaux lui manquait. « Au départ en retraite des parents de mon mari, j’ai pu m’installer avec lui », se réjouit-elle. Et aujourd’hui, ils avancent ensemble, avec un salarié sur une exploitation de 100 ha, un peu plus d’un million de litres de lait, deux poulaillers de poulet de chair en label, et un atelier de finition de race à viande. « En agriculture, ce n’est jamais pareil. Il y a toujours des imprévus », assure Edith. Et c’est aussi ce qui fait le charme du métier. 
Se former et échanger
Aujourd’hui, elle participe à différents groupes, notamment un groupe de travail formé par son centre comptable et un autre au sein de la commission « agricultrices » de la FDSEA, présidé par Florence Goron. Même si elle affirme d’être d’un tempérament discret, elle prend plaisir à intégrer ces groupes « pour découvrir de nouvelles choses, pour échanger avec d’autres personnes. C’est très formateur », assure-t-elle.
Trop mal vus
Au-delà des aspects techniques, elle partage aussi son inquiétude face à la vision des citoyens vis-à-vis de l’agriculture. « L’image de pollueur, de maltraitant me fait mal au cœur. On essaie de faire notre travail du mieux qu’on peut parce qu’on aime ce qu’on fait et nos animaux », défend-elle. Et elle l’explique. « Quand on fait des traitements, on fait attention, on le fait dans de bonnes conditions. Quand on étend du fumier, on prévient le voisinage. Au moment des ensilages, on nettoie les routes. On ne fait rien de mal contre la nature. Au contraire, on aime la nature », poursuit-elle.
Être bon économiquement
Si Edith s’est formée sur le tas, après un BEPA sanitaire et social, elle reconnait que les jeunes doivent acquérir de bonnes connaissances de gestion. « On ne s’improvise plus agriculteur. On ne peut plus s’installer sans diplôme », affirme l’agricultrice qui n’hésite pas à se remettre en cause, à s’entourer pour s’améliorer et par conséquent « être bon économiquement ».
Au-delà des contraintes, Edith a choisi d’être éleveuse et se plait dans ce métier.

 

Sophie Letemplier, enseignante d’économie au lycée agricole
" J’aide les jeunes à grandir "

Cette Rennaise d’origine vit dans la campagne saint-loise et travaille dans le bocage virois. Jusqu’à ses 17 ans, elle était une vraie citadine. Et c’est aux portes de Saint-Lô, à Saint-Germain-d’Elle qu’elle réside avec son mari, Philippe, et ses trois enfants, à 2,5 km de la ferme, et au lycée agricole de Vire qu’elle enseigne l’économie aux élèves de CGEA depuis 2000.
« J’adore mon métier »
Si elle enfile ses bottes pour s’occuper des petits veaux, elle part au lycée avec bonheur. « J’adore mon métier », confie-t-elle. Pour cette ingénieure agronome, qui appartient au corps ponts et forêts, comme le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, « c’est une fierté de voir les jeunes évoluer, arriver en CGEA, obtenir leur diplôme, atteindre une mention », poursuit Sophie. Avec ses collègues, « on les aide à passer des caps, on les fait grandir », assure-t-elle.
Stricte mais ouverte au dialogue
Et dans son domaine, « vu le coût d’une installation, j’ai le devoir de réussir à donner aux lycéens tous les outils en main pour préparer au mieux leur avenir », note Sophie parce qu’elle reste convaincue que les jeunes « vont vivre des défis que personne ne connaît : la fin du pétrole, de nouvelles demandes sociétales… Mais je ne peux pas leur donner de recettes toutes faites », complète-t-elle. Si elle se dit stricte et exigeante, elle met un point d’honneur au dialogue, à l’échange et à la participation en cours. « Je m’adresse aux élèves comme des chefs d’entreprise », avance-t-elle.
Les pieds dans les bottes
Au lycée agricole de Vire, comme Sophie Letemplier, d’autres enseignantes sont fille, femme, sœur d’agriculteurs. Ce qui l’a conduit à dire que « les enseignants ont les pieds dans les bottes ». C’est le cas aussi à la maison avec son mari, Philippe, exploitant sur une ferme de 100 ha et un cheptel de 80 vaches laitières, dont est issue Gentiane, la grande championne de la foire de Lessay de 2016. Dans ses pas, Gautier, en 1re année de BTS Acse, Marie, future prof de sport en lycée agricole, et Hugo, souhaitant devenir pâtissier à partir de produits issus de l’agriculture familiale. La ruralité est donc une valeur bien ancrée dans la famille Letemplier tout comme l’agriculture.

 

Floriane Marie, conseillère à la Chambre d’agriculture de Normandie
" Le monde agricole, c’est avant tout mes racines "

Fille, nièce, cousine d’agriculteurs, Floriane Marie n’a pas choisi par hasard de travailler au bénéfice des exploitants. Les dossiers d’installations, de PAC (politique agricole commune) ou encore de PCAE (Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles) constituent son quotidien à la Chambre d’agriculture de Normandie depuis maintenant pratiquement 7 ans. De l’administratif à forte dose, mais toujours dans l’intérêt des éleveurs. « Je peux être exigeante, voire très embêtante, mais l’important est d’obtenir une réponse positive », explique Floriane dans le cadre entre autres des PCAE. Peu importe le temps à y consacrer. 
« Je connais le métier »
Si elle apprécie l’environnement de son bureau, elle adore être sur le terrain. « Je privilégie les visites d’exploitation », assure la maman d’un petit garçon de 8 ans. « Je suis heureuse quand j’enfile mes bottes », sourit-elle. Chose qu’elle faisait déjà à son plus jeune âge sur la ferme de ses parents, de ses maîtres de stage (BEPA, Bac Pro, BTS Asce et licence professionnelle en apprentissage ou en alternance), comme contrôleur laitier, vacher de remplacement… « Je connais le métier. Je sais ce que c’est que de traire les vaches », explique la conseillère d’entreprise.
Communiquer sur les réseaux sociaux
Le monde agricole, c’est avant tout « mes » racines. « Cela fait partie de mon ADN ». Et au-delà de sa mission professionnelle, elle participe à la valorisation du travail des agriculteurs à travers les réseaux sociaux. « Ils méritent d’être reconnus pour ce qu’ils font au quotidien, pour leur travail », indique-t-elle. Sa page Facebook est avant tout le relais de l’actualité des producteurs, des agriculteurs, le partage des bonnes adresses, des bons produits. « C’est grâce à eux que je me lève le matin, et je ne suis pas la seule », insiste-t-elle.
Danone la vache de compagnie
Une des passions de Floriane reste les concours d’animaux. « Aller voir des concours, qui plus est, de Normandes, c’est du bonheur. C’est ma race de cœur même si j’ai une Prim’Holstein à la maison. Certains ont des chats, des chiens, des lapins comme animal de compagnie, moi c’est une vache, Danone. C’est ma particularité », sourit-elle. De là à s’installer, pourquoi pas. Le projet est dans un coin de la tête, à l’affut d’une opportunité, mais tout en conciliant « anticipation et communication », deux maîtres mots qui rythment son quotidien aujourd’hui.

Depuis quand existe la journée de la femme rurale ?
En 2007, l’Assemblée générale des Nations unies (ONU) fait du 15 octobre la journée internationale annuelle des femmes rurales. La première a lieu en 2008. Cette journée promeut et reconnait les femmes rurales et leur rôle important dans le fait de renforcer le développement agricole et rural, ainsi que l’amélioration de la sécurité alimentaire et l’élimination de la pauvreté dans le milieu rural.
Les femmes rurales représentent un quart de la population mondiale.
Moins de 20 % des propriétaires terriens dans le monde sont des femmes.

 

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