Aller au contenu principal

Fermeture de la sucrerie de Cagny : le député Sébastien Leclerc demande à l’État de prendre ses responsabilités

© TG

« Monsieur le Premier ministre, le 14 février, les agriculteurs du Calvados, les salariés de l’usine Saint-Louis Sucre de Cagny et les élus ont été abasourdis par l’annonce du groupe Südzucker d’un arrêt prochain de la transformation betteravière sur ce site. » Sébastien Leclerc, député du Calvados, a ainsi débuté sa question à Édouard Philippe, mardi 5 mars, lors des questions posées au gouvernement à l’Assemblée nationale. Il y associe son « collègue » Julien Dive, député de la deuxième circonscription de l’Aisne,
« puisque le site d’Eppeville, dans la région des Hauts-de-France, est également concerné par ce projet de restructuration ».
Le député normand alerte Édouard Philippe sur les « 2 500 exploitations agricoles qui voient l’activité de production de betterave mise en suspens », les « entrepreneurs de travaux agricoles, lourdement endettés sur des matériels très spécifiques », et les « transporteurs. Globalement, le nombre d’emplois directs et indirects concernés dépasserait le chiffre de 1 500 ». Sébastien Leclerc rappelle aussi que « Südzucker a bénéficié, entre 2014 et 2016, de près de 10 millions d’euros d’argent public au titre du CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, N.D.L.R.) ».
Si le « ministre de l’Agriculture a fait part de son indignation », constate Sébastien Leclerc, voilà donc sa question : «  Ensuite ? Quelles mesures concrètes ? L’industriel veut quasiment vider le site sans s’en séparer, pour contourner la loi Florange. Il y a urgence à agir pour forcer l’industriel à venir à la table des négociations. »
Il demande à l’État de « prendre ses responsabilités ».

Mme la présidente. La parole est à M. Sébastien Leclerc.

M. Sébastien Leclerc. Monsieur le Premier ministre, le 14 février dernier, les agriculteurs du Calvados, les salariés de l’usine Saint Louis Sucre de Cagny et les élus ont été abasourdis par l’annonce du groupe Südzucker d’un arrêt prochain de la transformation betteravière sur ce site. Ces annonces vont au-delà de l’usine de Cagny, puisque le site d’Eppeville, dans la région des Hauts-de-France, est également concerné par ce projet de restructuration. J’associe donc notre collègue Julien Dive à ma question.

Au-delà des 200 salariés répartis sur les deux sites, ce sont 2 500 exploitations agricoles qui voient l’activité de production de betterave mise en suspens ; ce sont des entrepreneurs de travaux agricoles, lourdement endettés pour des matériels très spécifiques, et ce sont des transporteurs qui sont affectés. Globalement, le nombre d’emplois directs et indirects concernés dépasserait le chiffre de 1 500.

Certes, le cours mondial du sucre a fortement baissé depuis un an. Mais une stratégie industrielle doit s’envisager sur du long terme, au-delà des difficultés conjoncturelles. En réponse à la question de Laurence Dumont à l’instant, le ministre de l’agriculture nous a fait part de son indignation. Mais ensuite ? Quelles mesures concrètes ? L’industriel veut quasiment vider le site sans s’en séparer, pour contourner la loi Florange.

Monsieur le  Premier ministre, c’est aujourd’hui  à l’État de prendre ses responsabilités. Südzucker a bénéficié, entre 2014 et 2016, de près de 10 millions d’euro d’argent public au titre du CICE. Cet argent du contribuable était versé pour maintenir l’emploi.

Il y a urgence à agir, monsieur le Premier ministre, le Gouvernement doit sortir de son attentisme actuel, sur ce dossier comme sur d’autres, pour forcer l’industriel à venir à la table des négociations. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l’agriculture et de l’alimentation.

M. Didier Guillaumeministre de l’agriculture et de l’alimentation. Monsieur le député, merci de votre question. C’est le jeu des questions à l’Assemblée nationale d’en rajouter un petit peu…

M. Fabien Di Filippo. Ce n’est pas un jeu ! C’est le contrôle parlementaire !

M. Didier Guillaumeministre. …mais vous savez très bien que le Gouvernement n’a pas été attentiste, puisque vous-même avez été interpellé. Vous savez très bien que le Gouvernement n’a pas été attentiste puisque, dès le début, il a rencontré les responsables de la filière, et vous en avez parlé aux responsables de cette filière dans le Calvados. Vous savez très bien que le Gouvernement n’a pas été attentiste, puisque des réunions se tiennent cette semaine. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.) Enfin, vous savez très bien que le Gouvernement n’est pas resté attentiste… (Vives exclamations et protestations sur les bancs du groupe LR.)

Mme la présidente. Mes chers collègues, seul le ministre a la parole.

M. Didier Guillaumeministre. Ce n’est pas grave, madame la présidente, c’est beaucoup trop sérieux pour s’exciter comme cela. (Mêmes mouvements.) Parce que ce sont des milliers d’emplois qui sont en jeu. Et vous savez très bien que le Gouvernement n’est pas resté attentiste, puisque nous allons demander des comptes au président de Südzucker.

Aujourd’hui, le cours du sucre s’est effondré du fait de l’augmentation de la culture de betterave en Europe et dans le monde. C’est la loi du marché qui veut cela, et face à cette loi du marché, nous allons répondre par une attitude politique forte du Gouvernement dans les jours qui viennent. Vous serez associés aux discussions, n’ayez crainte monsieur Leclerc. Cela doit se faire dans la transparence parce que tous les députés, de la majorité comme de l’opposition, doivent porter le même message : nous ne laisserons pas démanteler la filière betteravière et sucrière française. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)

 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Loris Vallée, juge en race Roussin au Salon de l'Agriculture, entouré de Victoria King et Mélissa Mouchel : un passeur de connaissances et compétences.
Au Salon de l'Agriculture, Mélissa Mouchel passe du ring au podium et décroche la médaille d'argent
À 18 ans, Mélissa Mouchel, étudiante en BTS Métiers de l'élevage au lycée de Saint-Lô Thère vient de vivre deux jours intenses,…
Chantal Jourdan, députée socialiste de l'Orne, a entendu les inquiétudes des responsables d'ETA concernant le crédit d'impôt accordé aux adhérents Cuma dans le cadre du plan de finances 2026.
Les ETA interpellent Chantal Jourdan sur le crédit d'impôt
Vendredi 13 mars, Chantal Jourdan, députée ornaise et la seule élue sur les 27 contactés par EDT Normandie à avoir répondu à…
La mise en place de la réforme sera longue. Mais elle représente dès maintenant une grande avancée.
La FNSEA obtient la retraite sur les 25 meilleures années
La réforme des " 25 meilleures années " va enfin se mettre en place. Les deux premières années vont donner lieu à une…
Jean-Michel Hamel, président de la FDSEA de la Manche, et Xavier Hay, président de la FDSEA du Calvados, coorganisateurs.
[EN IMAGES] Congrès FNSEA 2026: l'heure est aux derniers préparatifs à Caen
La Normandie accueille les 31 mars, 1er et 2 avril 2026, le 80e congrès de la Fédération nationale des syndicats d'…
Les JA des cantons de Flers, Messei, Athis, Briouze, et la FDSEA, se sont mobilisés à Flers, mardi 24 février, pour dénoncer la baisse du prix du lait.
Les JA et la FDSEA manifestent contre la baisse du prix du lait
Alors que les négociations commerciales entre les GMS et les industriels sont achevées, une nouvelle baisse du prix du lait a été…
Arnaud Viel, chef cuisinier ornais étoilé, et Émilie Fléchard, directrice adjointe de la fromagerie Gillot, mettent en lumière les produits du terroir et notamment le camembert AOP de Normandie au lait cru.
Les producteurs ornais également récompensés
Au Salon international de l'agriculture à Paris, des producteurs et éleveurs de l'Orne ont concouru au célèbre CGA (Concours…
Publicité