Aller au contenu principal

Fertilisation du colza : des contextes particuliers avant les premiers apports

Si ce n’est déjà fait, il est urgent de réaliser les pesées de biomasse pour calculer la dose prévisionnelle d’azote à apporter. Par rapport à une année normale, l’avance des stades est parfois considérable (premiers boutons accolés, montaison amorcée). Dans un tel contexte, comment gérer le raisonnement de la fertilisation à ce jour ?

Pesée de matière verte du colza.
Pesée de matière verte du colza.
© (Terres Inovia)

Généralement, les “gros” colzas sont ceux ayant absorbés beaucoup d’azote à l’automne et ne réclamant en conséquence qu’un faible complément d’azote au printemps. A l’inverse, sur des “petits” colzas, il faudra davantage d’engrais azoté. Toutefois, l’hypothèse de rendement influence évidemment beaucoup le résultat du calcul de dose prévisionnelle : un petit colza avec un faible objectif de rendement peut nécessiter une dose équivalente à un gros colza avec un objectif de rendement élevé.

Importance estimer la quantité d’azote absorbé

La quantité d’azote mobilisée à ce jour dans les racines et les feuilles de colza couvrira en partie les besoins de la culture. En cette période de l’année, il existe une relation simple entre la biomasse produite (poids de matière verte fraiche) et la quantité d’azote absorbé par la culture. C’est pour estimer au mieux l’azote absorbé par le colza qu’il est recommandé d’estimer la biomasse.

Est-il encore temps de peser des colzas ayant déjà commencé la montaison ?

A ce stade, la masse des tiges prend de l’importance et les boutons floraux apparaissent. Or, le domaine de validité de la méthode des pesées pour estimer l’azote absorbé s’étend jusqu’au stade rosette (présence de feuilles uniquement). Dans ces conditions, une alternative serait de ne tenir compte que de la valeur de biomasse en entrée hiver, à condition que cette dernière soit disponible. Cependant,  dans la majeure partie des cas, l’hiver doux a permis aux plantes de poursuivre leur croissance et donc l’absorption d’azote. Le risque serait alors, en procédant de la sorte, de sous-estimer l’azote absorbé et donc de surfertiliser la culture.

Minéralisation active

En l’absence d’un net refroidissement du sol pendant l’hiver, la minéralisation de l’azote a été, et sera sans doute dans les prochaines semaines, beaucoup moins ralentie que la normale, si bien que les références retenues pour la minéralisation nette de l’humus et des produits organiques sont probablement sous-estimées en 2016. Là encore, difficile d’ajuster les paramètres, faute de références en situation “atypique”. Toutefois, dans les cas concernés, la précocité des stades de développement et l’aspect globalement très verdoyant du cœur des plantes militent pour cette hypothèse de minéralisation particulièrement active.Compte tenu de tous ces éléments, Terres Inovia conseille vivement d’évaluer la biomasse en sortie d’hiver, y compris pour les situations d’avance de stade (D1 voire D2). A réaliser sans tarder avec couteau et balance (pesée au champ) ou à l’aide d’un service basé sur le traitement d’images satellites ou drones.

Conseils premier apport

Dans les situations non carencées en azote (fréquentes cette année) où les stades vont de C2 à D2, il n'est pas nécessaire d'avancer la date du 1er apport par rapport aux habitudes : fin février*/début mars. La croissance du colza est modérée et le sol fournit généralement suffisamment d’azote (pas de faim d'azote). De plus, un apport précoce sur de gros colzas non carencés augmente le risque verse. Dans les situations où la dose totale est inférieure à 80 u, Terres Inovia conseille d’envisager l’apport autour du stade D1-D2 voire E. Si le colza montre une faim d’azote (rougissement des feuilles), un premier apport sera à envisager dès que les conditions de ressuyage seront réunies, à partir du 20 février*.

75 unités de soufre à prévoir

D’une manière générale, un apport de soufre (forme sulfate) est à prévoir de début à mi mars pour couvrir les besoins de la culture. On peut penser que cette année n’a pas été propice au lessivage hivernal du soufre et que la minéralisation du soufre du sol est relativement active, à l’image de celle de l’azote.


* Respectez toujours les règles Directives Nitrates en vigueur dans votre région

La Réglette Azote de Terres Inovia a fait peau neuve !

Tant sur le fond que sur la forme, la Réglette Azote Colza® proposée par Terres Inovia (ex-CETIOM) a fait peau neuve en décembre 2014. Calculez la dose d’azote à apporter à partir d'une dizaine de renseignements à compléter. Disponible gratuitement sur tablette, smartphone ou sur www.regletteazotecolza.fr

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

VIDEO La Jaguar 990 TT Claas se démène dans la Manche
Le concessionnaire SM3 Claas a fait venir l’ensileuse 990 terra trac pour une démonstration dans la Manche. Venue d’Allemagne, la…
KATRINE LECORNU - MARQUE GRAND FERMAGE - AGRIAL
Marque Grand Fermage : « on veut donner une image crédible et vraie de notre profession »
Katrine Lecornu est éleveuse à Nonant, dans le Bessin (14). Depuis deux ans, elle travaille avec l’équipe marketing d’Agrial sur…
Blandine Julienne, JA 61
Blandine Julienne : " J’aime gérer le relationnel et le terrain "
Blandine Julienne est installée en lait et cultures avec son conjoint Vivien à Bizou, dans le secteur de Longy-au-Perche. D’une…
Frédéric Bellanger, Orne
Chez Frédéric Bellanger, le bonheur est dans l’herbe
Pour Frédéric Bellanger, producteur de viande bovine à La Boursillière à Moutiers-au-Perche (61), le bonheur est dans le pré :…
JULIEN DENORMANDIE
Julien Denormandie : « Dire que l’agriculteur se moque de l’environnement, c’est un non-sens »
« Dire que l’agriculteur se moque de l’environnement, c’est un non-sens », souligne le ministre de l’Agriculture avant d’ajouter…
Jennifer Morin, agricultrice
Jennifer Morin, « mieux vaut avoir le caractère bien trempé »
À Larchamp, commune nouvelle de Tinchebray-Bocage (61), Jennifer Morin est installée avec son mari en lait. Non issue du milieu…
Publicité