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Bâtiments d'élevage
Feu vert pour un bâtiment... sans subventions

Difficile de suivre les méandres de l’administration lorsque l’on a décidé d’investir dans un atelier taurillons. Explications de Annie Lebasnier et Henri Legeard, exploitants à Subligny (Manche).

Annie Lebasnier et Henri legeard devant les fondations de leur atelier taurillons.
Annie Lebasnier et Henri legeard devant les fondations de leur atelier taurillons.
© E.C.
En SCEA depuis Avril 2004, Henri Legeard et Annie Lebasnier comptait bien monter rapidement un atelier taurillons de 100 places afin de ne pas mettre tous leurs œufs dans la production laitière. La SAU de l’exploitation s’y prête d’ailleurs fort bien avec 70 ha au total, dont 40 en maïs et blé. La mise aux normes ? Pas de difficulté, elle a été réalisée dès 1989 ; la seule modification qu’est connue l’installation, c’est la mise en place d’un bac décanteur. L’atelier laitier tournant à sa vitesse de croisière, notre couple d’exploitants pouvait raisonnablement miser sur un investissement d’avenir. Mais voilà, le plan de modernisation des bâtiments d’élevage et les subventions venant s’y greffer ont connu de multiples rebondissements. Globalement, l’Etat, la Région et le département y allait de leur obole, permettant aux éleveurs de mieux apréhender un investissement globalement conséquent, aujourd’hui nul ne sait de quoi sera fait l’avenir. Délais suspendus «L’atelier taurillons ? Il était prévu dans mon EPI d’installation » souligne Annie Lebasnier, documents en mains. « Logiquement, sans des difficultés personnelles, nous aurions du le réaliser en 2005/2006 ». Ce retard n’a pas empêché notre couple d’obtenir son permis de construire en décembre 2006 avec dépôt de dossier, dans les règles de l’art, à la DDAF le même mois pour toucher les subventions promises par les Pouvoirs Publics. Surprise, et même désarroi d’Annie et d’Henri, en mars 2007, le facteur dépose un courrier de la DDAF dont ils se seraient bien passés. « On nous expliquait que dans l’attente de « nouvelles modalités », les délais d’examen de notre dossier étaient suspendus ». A la clé, une suspension des travaux jusqu’aux calendes grecques. « Nous avons retardé au maximum notre construction. En fait, il a fallu attendre le 18 septembre dernier, date à laquelle la DDAF nous a fait savoir que les dossiers déposés avant le 1/09/07 avaient le feu vert, non pas pour ces fameuses subventions, mais pour le début des travaux ». Décision difficile Henri et Annie n’ont pas hésité à se lancer dans l’aventure. « Grosso-modo, sur 90 000 euros d’investissement, nous espérions toucher environ 40 000 euros de subventions. Aujourd’hui, nous construisons sans savoir réellement ce que nous allons toucher ». La décision n’a pas été facile, mais face à l’augmentation du coût des matériaux et des taux d’emprunt, le couple a tranché. « Pour le moment, seuls les silos à céréales ne seront pas mis en place pour des raisons évidemment financières ». Par ailleurs, l’atelier taurillons actuel (30 places) est trop prêt de l’atelier laitiers. « Nous sommes vraiment obligés de construire pour améliorer le bien-être animal et gagner de la place pour les laitières ». La pelle mécanique et les remorques font leur va et vient à la SCEA de la Bréhaudière, Annie et Henri, eux, attendent avec une petite angoisse les factures…
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