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Sanitaire
Fièvre catarrhale : pas de panique mais vigilance quand même

Au 29 août dernier, on dénombrait 70 foyers de fièvre catarrhale dans les pays du Benelux. La Normandie doit-elle avoir peur à son troupeau ? Le point avec le GDS (Groupement de Défense Sanitaire).

Etienne Gavart/Denis Lavieille : directeur et directeur adjoint GDS Calvados et Manche
Etienne Gavart/Denis Lavieille : directeur et directeur adjoint GDS Calvados et Manche
© TG
Que sait-on aujourd’hui de l’origine de la maladie ? Il est possible que le virus ait muté et qu’il ne soit plus identique à la source d’origine puisqu’il présente la particularité de rendre les bovins malades. Ce qui n’avait jamais été remarqué jusqu’à maintenant. Existe-t-il un vaccin ? Pas contre cette souche. Nous ne pouvons donc mettre en place que des mesures sanitaires pour lutter contre cette maladie. D’où l’importance de détecter les premiers foyers en France s’il devait y en avoir. Quel est le vecteur de cette maladie ? On ne peut pas prétendre qu’il s’agisse de façon certaine du réchauffement climatique. Si tel était le cas, cela signifierait que le vecteur habituel Culicoïdes Imicola serait le moucheron piqueur. Or, les piégeages réalisés par les experts français ont démontré qu’il n’était pas présent dans les zones touchées. Quelle conclusion en tirez-vous ? Que le virus s’est trouvé un autre insecte piqueur, peut-être de la même famille. Cela signifie aussi que le virus s'est doublement adapté. D’une part pour s’adapter aux bovins. D’autre part, pour être accepté par un nouveau moucheron qui lui le véhicule. C’est in fine presque une maladie émergeante, dérivée de la souche 8 de la fièvre catarrhale ovine, à laquelle nous avons à faire face aujourd’hui. Mais, a priori, avec de nouvelles particularités : transport et virulence. Quels sont les moyens de prévention ? Les recherches se poursuivent pour identifier lequel ou lesquels des Culicoïdes ou autres insectes sont les vecteurs du virus pour mieux pouvoir prévenir, notamment par des traitements insecticides, les zones potentiellement en situation de risque. Pendant ce temps, le nombre de foyers progresse ? C’est effectivement inquiétant. De nouveaux foyers sont apparus plus à l’Ouest en Belgique à seulement 50 km de la frontière française. Ça se rapproche au point que la zone frontalière française rentre dans la zone de surveillance. Zone dans laquelle les sorties de bovins et produits bovins sont interdits. On y pratique en ce moment des sondages sérologiques pour vérifier que les animaux ne sont pas touchés. Et quid de la situation dans les prochains jours ? On progresse mais il y a encore beaucoup d’interrogations. Un virus qui se serait adapté peut tout à fait continuer à vivre dans un sens ou dans l’autre. C’est-à-dire devenir plus ou moins virulent. En tout état de cause, il faut prévenir l’arrivée de l’épizootie. Cela signifie quoi pour l’éleveur normand? Qu’il doit être très attentif aux signes cliniques et, à la moindre suspicion, appeler son vétérinaire sanitaire qui viendra, gratuitement, analyser la situation. Les mouvements d’animaux avec le nord de la France sont donc à éviter ? De toute façon, les départements qui sont dans la zone de surveillance n’ont plus le droit d’exporter. Mais effectivement, si on devait rater le passage du virus en France, ce qui paraît peu plausible, il passera d’abord par les zones de surveillance. Il ne faut pas, pour le Grand Ouest, importer des bovins du nord de la France. Ce moucheron devrait disparaître avec l’hiver ? L'automne devrait apporter une accalmie mais un retour du virus est toujours possible au printemps. S’agit-il d’une maladie contagieuse ? Non, elle est transmissible par piqûre. Si l’on découvrait un cas demain dans un élevage normand, que se passerait-il ? Les animaux contaminés seraient euthanasiés. Ensuite : désinfection et désinsectisation. Propos recueillis par Th. Guillemot Pour suivre l’évolution du dossier en temps réel : www.gds-calvados.fr
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