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Daniel Génissel, président de la CRAN
“Finir les animaux plutôt que vendre du maigre”

Pour défendre globalement la filière bovine et conforter son avenir, Daniel Génissel (Président de la Chambre Régionale d’Agriculture de Normandie et par ailleurs président de la section bovine de la FRSEA, président du GIE CIRLBVN et membre du conseil de la FNB) préconise plus de contractualisation. Il invite également les éleveurs à finir leurs broutards.

Avec notre potentiel fourrager, et je pense en premier lieu à l’herbe, et notre potentiel céréalier, on devrait pouvoir engraisser plus. Il faut inciter les éleveurs/naisseurs à finir leurs animaux plutôt que les vendre sous forme broutard.
Avec notre potentiel fourrager, et je pense en premier lieu à l’herbe, et notre potentiel céréalier, on devrait pouvoir engraisser plus. Il faut inciter les éleveurs/naisseurs à finir leurs animaux plutôt que les vendre sous forme broutard.
© TG

Quelles sont les faiblesses de la filière bovine bas-normande ?
Cohabitent dans notre région une grande variété de systèmes d’élevage et de types de produit. Ce qui rend plus difficille l’organisation de la filière. Tout cela induit également des coûts logistiques plus importants.

Quel serait le modèle idéal et adapté aux enjeux de demain ?
Il faut rester prudent quant à une modèlisation d’un système type de production. Cependant, avec notre potentiel fourrager, et je pense en premier lieu à l’herbe, et notre potentiel céréalier, on devrait pouvoir engraisser plus. Il faut inciter les éleveurs/naisseurs à finir leurs animaux plutôt que les vendre sous forme broutard.

Ce qui signifie plus de contractualisation ?
C’est incontournable pour assurer la pérennité de la filière. Ce qui suppose de se rattacher à une entreprise, à une OP (Organisation de Producteurs), à l’instar de ce qui se passe dans le lait. Beaucoup d’éleveurs privilégient les circuits commerciaux indépendants, on peut certes être gagnant à court terme. C’est beaucoup moins vrai à moyen terme et à fortiori à long terme parce que ce système ne donne pas de pouvoirs suffisants à nos OP.

Quelles sont les vertus de la contractualisation ?
Dans une filière où les marges sont souvent faibles mais gourmandes en capitaux, cela permettrait de réaliser des économies d’échelle. 50 % des animaux abattus en Basse-Normandie proviennent de l’extérieur et 50 % des animaux élevés en Basse-Normandie vont se faire abattre ailleurs. On peut accepter des effets de bordure mais ces ratios prouvent bien que des marges de progrès au niveau logistique, comme je le disais auparavant , sont facilement réalisables.

S’agit-il d’un début d’explication aux nombreuses vicissitudes auxquelles ont du faire face ces derniers mois nos outils régionaux d‘abattage ?
La rentabilité de tels outils est très faible. Lorsqu’il leur faut réinvestir, par exemple pour se mettre aux normes, ça devient tout de suite très compliqué. Si on y ajoute en plus un marché à la baisse, parfois à cause d’une crise sanitaire comme la FCO, cela peut aller jusqu’à la liquidation. C’est inquiétant pour l’avenir car moins il y a d’outils, moins il y a de possibilités de valoriser les animaux.

Cette contractualisation ne va-t-elle pas tuer d’autres types d’organisations comme les marchés au cadran?
Il faut rester pragmatique et ne pas opposer les genres. Les marchés, et je pense dans notre région par exemple à la SICAMON, ont leur raison d’être. Ils représentent certes une part minoritaire mais ont leur importance en temps que référentiel prix.
Encore faut-il que ceux qui utilisent ce référent jouent le jeu et étant apporteurs d’animaux.

Dans sa politique, la CRAN mise plus sur les productions animales que les productions végétales ?
Dans les chantiers que nous menons avec le réseau des Chambres, l’élevage est une priorité. C’est la richesse agricole de notre région. L’objectif est pour le moins de maintenir cette production bovine, qu’elle soit lait ou viande. Tout d’abord pour des raisons économiques. Plus d’éleveurs, cela signifie aussi plus d’emplois en aval par rapport à un système plus céréalier. Il y a aussi des raisons environnementales. Dans un futur où les intrants seront de plus en plus chers, où leurs contraintes d’utilisation seront de plus en plus contraignantes, ils nous semble plus pertinent de disposer d’exploitations avec élevages et cultures.

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