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Fonds européens: 306 millions d’euros pour l’agriculture et le monde rural

Le coup d'envoi a été donné lundi dernier. La région Basse-Normandie devient l'autorité de gestion pour les fonds européens pour les six prochaines années. Autrement dit, à elle de gérer une enveloppe de 604,6 millions d'euros.

Pascal Verdeau, animateur, Laurent Beauvais, président de région Basse-Normandie, Jean Charbonniaud, préfet de région, Lena Andersson-Pench, et Egidio Canciani de la Commission européenne. (SB)
Pascal Verdeau, animateur, Laurent Beauvais, président de région Basse-Normandie, Jean Charbonniaud, préfet de région, Lena Andersson-Pench, et Egidio Canciani de la Commission européenne. (SB)
© SB

Le centre des congrès de Caen était comble lundi dernier. Représentants de l'Etat, des collectivités territoriales, chambres consulaires et de la commission européenne étaient réunis pour “marquer le démarrage officiel des fonds européens jusqu'en 2020” explique Laurent Beauvais, président du Conseil régional Basse-Normandie, des fonds “sensiblement plus importants” que pour les six dernières années. Au total, l'enveloppe est de 604 millions d'euros, dont la moitié pour le FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural) et une petite enveloppe de 13,5 millions d'euros pour les affaires maritimes et la pêche. “Ce programme est là pour accompagner les mutations déjà en cours et préparer activement le système économique durable du territoire rural régional” assure le président de région.

Avoir une bonne gestion
Ces fonds européens sont mobilisables dès aujourd'hui. Et c'est la Région qui a la main dessus. “A nous la responsabilité d'avoir une bonne gestion et une bonne attribution” précise Laurent Beauvais. Et Bruxelles y veillera. “Il n'est pas question d'utiliser le bâton mais d'avoir de la rigueur et se fixer de véritables objectifs” note Egidio Canciani, chef d'unité France à la direction générale de l'emploi et des affaires sociales de la Commission européenne.

Une terre d'élevage
Dans le domaine agricole plus spécifiquement, il est prévu d'orienter la stratégie régionale agricole vers l'élevage sous toutes ses composantes et les cultures spécialisées (légumes, productions cidricole et horticole). “Ce n'est pas un chèque en blanc qui nous est donné. Mais nous n'allons pas dans le brouillard. Nous avons défini une stratégie” avance Laurent Beauvais, qui part du constat que “la Basse-Normandie est fondamentalement une terre d'élevage. Les deux tiers de la SAU sont occupés par des cultures fourragères. Et l'élevage herbager de bovins laitiers constitue la principale orientation technique régionale”. Diversifier l'économie locale et renforcer les liens territoires ruraux et petites villes reste une des priorités. Tout comme soutenir, consolider et développer les secteurs de la pêche et de l'aquaculture tout en renforçant le caractère durable et innovant.
Le Feader devrait permettre d'accompagner la PAC, aider à l'installation des jeunes, aux mesures agroenvironnementales... “Si un agriculteur ou plusieurs agriculteurs présentent un projet de méthanisation, nous serons là pour les aider” indique Laurent Beauvais.
Du côté des énergies marines renouvelables (EMR), des investissements importants sont prévus. “Là aussi, nous mobiliserons des fonds européens” poursuit-il. Et comme le monde agricole est en attente, “nous délibérons au niveau du conseil régional très souvent avant même que les choses soient calées pour ne pas perdre de temps”.

Utiliser les fonds
Comme pour la programmation précédente, des piqûres de rappel seront certainement nécessaires pour faire remonter les projets et mobiliser les fonds européens. “Ce n'est pas compliqué à mettre en œuvre” assure Egidio Canciani. Le succès de la stratégie repose donc sur la participation des porteurs de projets : agriculteurs actuels ou futurs, acteurs du monde rural en général, les filières et organisations agricoles, et les co-financeurs. Et comme la Basse-Normandie est classée comme “région en transition”, du fait que le PIB par habitant est compris entre 75 % et 90 % de la moyenne communautaire, les fonds européens peuvent abonder de 60 % au lieu de 50 %. Hormis en 2014 où l'enveloppe devrait atteindre 34 millions d'euros, 45 millions d'euros seront mobilisés annuellement entre 2015 et 2020.
Bien sûr les dossiers seront étudiés, analysés pour déclencher un accord. Et au niveau européen, la gestion de la région sera regardée de près. “Et si la performance est bonne, nous pourrons bénéficier d'une réserve” explique Laurent Beauvais.

Après la réunification de la Normandie ?
La Basse et la Haute-Normandie ne feront plus qu'une grande Normandie à partir de janvier 2016. Aucune incidence n'est pas envisagée. Les discussions avec la Commission européenne se poursuivront pour que les aides répondent aux attentes spécifiques des deux territoires normands. “Au niveau du FEADER, l'enveloppe bas-normande est trois fois plus élevée qu'en Haute-Normandie. L'agriculture n'est pas la même” indique le patron de la région.

Bruxelles
n'a pas bonne presse
Ce lancement officiel fait l'objet de visite sur le terrain. Mais d'ores et déjà, Egidio Canciani reconnaît que l'Europe n'a pas bonne presse ! “J'y travaille depuis vingt ans. Et nous sommes devenus les visages de l'austérité” souligne-t-il. Mais il voit plutôt son rôle comme un conseiller, dans le but de “développer une vraie solidarité européenne”. Parce que “nous sommes appelés à être tous ensemble des ambassadeurs de l'Europe”.
Ces nouveaux fonds européens devront atteindre cet objectif.

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