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Fourrage : quelles solutions face à la sécheresse ?

Face à la tension fourragère, il est essentiel de réaliser un bilan précis des stocks et du cheptel afin d'adapter les besoins aux ressources disponibles. Avant toute décision de récolte anticipée du maïs, un diagnostic parcellaire est recommandé, cette culture conservant une capacité de reprise après un stress hydrique si les pluies reviennent.

Pour sécuriser l'alimentation du troupeau, différentes solutions peuvent être mobilisées : valorisation des prairies d'automne, implantation de cultures fourragères dérobées et ajustement des rations avec les fourrages et coproduits disponibles.

Bilan fourrager et bilan du cheptel

Premièrement, réaliser son stock fourrager à date, en cubant ses silos, comptabiliser ses balles de foin, enrubannage, paille, sont des premières pistes concrètes. Un bilan peut également être réalisé sur le cheptel, en ne conservant que les animaux "réellement" productifs. Les cours de la viande sont encore corrects.

Deuxièmement, avant de récolter ou de casser une parcelle de maïs, il est recommandé de réaliser un état des lieux pour estimer le pourcentage de pertes, et lui laisser sa chance. Même si le maïs est une plante tropicale, au-delà de 36 °C son fonctionnement est altéré. Cette culture dispose néanmoins d'un bon potentiel de récupération lorsque les conditions hydriques s'améliorent grâce au retour des précipitations. Le maïs se protège du stress hydrique en enroulant ses feuilles, ce qui lui confère un port dressé et une coloration vert-grisâtre, tout en fermant ses stomates afin de limiter la photorespiration et les pertes en eau.

Si la floraison femelle (plus de 50 % des soies visibles) n'est pas apparue, alors il faut agir (lire les recommandations dans le tableau ci-dessous). L'essentiel est d'avoir des feuilles vertes le plus longtemps possible. Une autre option pour le maïs est de pouvoir, si cela est possible, réserver des hectares sur pieds pour la récolte à venir.

L'achat de maïs en silo/tas est à limiter car la reprise de fermentation liée à son déplacement nuit à sa qualité en consommant des sucres, donc des UF. Ajoutez à cela, le coût de transport, du tassage et le temps passé.

Depuis 2017, la pousse des prairies est suivie à l'automne sur la région. Lors d'années climatiques où le rendement printanier des prairies est impacté, celles-ci ont tendance à se rattraper en partie à l'automne. C'est une bonne nouvelle dans l'optique de la reconstitution de stock.

Les substitutions possibles

Il s'agit d'une ressource potentiellement mobilisable sur notre région en fonction de la localisation. On peut citer, par exemple, la pulpe de betteraves surpressées, les drêches humides... Pour pouvoir comparer à un autre fourrage, il est préconisé de demander le pourcentage de matière sèche et ramener le prix à la tonne de matière sèche. L'eau coûte cher à transporter et les animaux consomment des kg de MS.

Qu'implanter pour faire du fourrage ?

La réussite de la culture nécessite des pluies régulières pour sécuriser l'implantation et d'exprimer pleinement le potentiel de rendement. La valeur alimentaire du fourrage est principalement dépendante de son stade de récolte (entre épis 10 cm et gonflement/début épiaison de la graminée).

Pour semer une céréale cet automne, il est recommandé d'implanter un mélange sur 70-80 jours de culture/végétation permettant de récolter 2-4 tMS à un coût raisonnable.

Petit méteil d'été : Avoine brésilienne 12 kg, Trèfle incarnat 8 kg, Trèfle squarossum 4 kg et Vesce si possible velue de printemps 10 kg/ha

RGI/Trèfle : RGI alternatif 8 kg, Trèfle alexandrie 10 kg, Trèfle Incarnat 10 kg

Colza fourrager ou chou fourrager : Colza 4-5 kg / Chou 3-4 kg (ensilage possible mais très humide).

Pour récolter au printemps 2026 et semer un maïs à suivre.

RGI/Trèfle : RGI alternatif 8 kg, Trèfle alexandrie 10 kg, Trèfle Incarnat 10 kg

Pour préparer l'implantation d'une prairie temporaire, il est possible d'incorporer en même temps que les mélanges ci-dessus des mélanges prairies classiques.

Soit orienté fauche RGH (10 kg) + TV (15 kg),

Soit pâturage : RGA 2n (5 kg), Fétuque élevée (10 kg), Trèfle blanc et violet (5+ 5 kg).

Ne pas oublier de réaliser ces semis sous couvert, d'une avoine noire ou d'un seigle par exemple, et de répartir les graines au maximum. Attention à la rémanence de certains produits. Parfois, le développement des dérobées est décevant car les matières actives herbicides sont présentes dans le sol !

Élaborer sa ration

Un pré requis : les performances des animaux ne seront peut-être pas à la hauteur de celles connues usuellement. Les ruminants nécessitent trois éléments de la fibre (cellulose brute), de l'énergie (UF) et de l'azote (MAT). Si l'on ne dispose pas de la quantité de maïs ensilage plante entière, il est possible de remplacer cela par un mélange ensilage vert (herbe, méteil, luzerne) associé à du maïs épis, grain ou des céréales inertées.

Un moyen de calcul simple pour un kg MS d'ensilage vert est d'associer 0,5 kg MS de maïs épis ou 200-300 g de céréales. Il est enfin possible de se prémunir de l'acidose avec les céréales en réalisant un traitement à base d'urée.

Pour plus d'éléments, informations ou conseils, vous pouvez contacter les antennes des Chambres d'agriculture de Normandie proches de chez vous.

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