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François Rihouet : de grands défis à relever

A 35 ans, François Rihouet, installé à Périers, compte agir pour l’installation des jeunes et la transmission des exploitations, tout en défendant le revenu et la reconnaissance de l’intérêt de l’élevage dans le département

© SB

>> Devenir agriculteur, c’était une évidence pour vous ?
Je suis passionné depuis tout petit par l’agriculture. Au fur et à mesure du temps, j’ai décidé d’en faire mon métier. Je suis parti en Nouvelle-Zélande pour apprendre la gestion de l’herbe, notamment l’herbe pâturée. Ce que j’en retiens, c’est la méthodologie de la gestion des paddocks. Cette gestion de l’herbe nous permet à la fois d’en améliorer la production mais aussi la qualité du pâturage. Les sols en sont mieux préservés. Ce qui n’est pas négligeable pour une partie de mes terres, situées dans le Parc des marais du Cotentin et du Bessin.

>> A quoi ressemblait votre exploitation à votre installation et quel outil souhaiteriez-vous transmettre ?
Je me suis installé en 2012 avec ma maman. L’exploitation compte un troupeau de 85 vaches laitières normandes sur une surface d’une centaine d’ha. Le pâturage y est prépondérant avec plus de neuf mois de l’année. La ration est complétée par du maïs ensilage. Le lait est produit sous signe de qualité, qui sert à produire la crème et beurre AOP d’Isigny et du Camembert AOP. En ce qui concerne la viande, elle est commercialisée au sein de la filière FORN.  Autre particularité de l’exploitation, c’est la production de copeaux de bois. L’occasion d’entretenir les haies et de les commercialiser via Haiecobois dans l’objectif d’alimenter la communauté de communes et le collège de la ville pour leur chauffage.

>> Vous êtes engagé dans ces élections professionnelles, quelles sont vos motivations ?
Je suis engagé au sein des Jeunes agriculteurs. Mais à la Chambre d’agriculture, il y a aussi les autres syndicats, les retraités, les salariés, les OPA autour de la table. Cela nous apporte une vision plus large. Alors, je suis convaincu que nous pouvons aller encore plus loin. Cela nous permettra d’avancer sur différents dossiers en complément du syndicalisme et des valeurs que je porte. La Chambre d’agriculture m’a accompagné depuis le début de mon parcours. A mon tour d’apporter ma touche pour aller inventer et promouvoir des outils ou chercher des solutions technico économiques au quotidien des agriculteurs.

>> A votre voisin, qui n’est pas plus motivé que cela pour aller voter, que lui dites-vous ?
Bien sûr qu’il faut aller voter pour notre liste aux élections. On doit avoir une Chambre d’agriculture représentative, avec des moyens d’actions pour vulgariser les bienfaits de l’agriculture dans la société. C’est aussi le syndicat qui remportera ces élections qui représentera la profession au sein de multiples structures. Et nous sommes les seuls à nous mobiliser sur le terrain pour aller chercher des choses concrètes. Au sein de mon syndicat, il y a tout type d’adhérent. Peu importe son système, je le défendrai. 
L’équilibre économique, la simplicité administrative, la vivabilité et la transmission de nos exploitations sont les bases pour bien vivre de notre métier.

>> Si vous êtes élu, sur quel (s) dossier (s) souhaiteriez-vous travailler ?
L’installation et la transmission sont des dossiers qui me tiennent à cœur. Les personnes qui s’installent et qui ne peuvent pas prétendre à la DJA sont bien entendu les bienvenues. Sinon je ferai en sorte de les persuader d’opter pour une installation aidée. Je suis aussi intéressé par l’élevage et par la production bovine. Il y a de grands défis à défendre pour que le département de la Manche puisse faire avancer la Normandie. 

>> Au-delà, quel doit être le rôle d’une Chambre d’agriculture ?
C’est une instance qui permet d’apporter du conseil à l’ensemble des agriculteurs, d’être dans l’accompagnement pour nous permettre d’être toujours à la pointe de l’innovation. C’est aussi une chambre consulaire toujours en quête de recherche et développement et de vulgarisation des techniques pour aller encore plus loin dans nos exploitations. La chambre d’agriculture se doit d’être proche des territoires et prioritairement des agriculteurs. Elle doit favoriser les connexions numériques et routières des territoires, et défendre un territoire rural, dynamique et moderne.

>> Quelle est la question que l’on ne vous a pas posée, mais à laquelle vous auriez souhaité répondre ?
La proximité est une chose essentielle dans le fonctionnement de la Chambre d’agriculture de la Manche. Il faut continuer à être proche des agriculteurs au quotidien pour aider les projets individuels et collectifs. Les antennes réparties sur l’ensemble du département doivent servir à ce que les élus des collectivités prennent conscience qu’il faut accompagner les agriculteurs. Elles permettent aux élus d’avoir un avis objectif et mettre de côté les idées extrémistes  de groupuscules qui nuisent aux agriculteurs, aux personnes travaillant à nos côtés et bien sûr aux citoyens en général. C’est de cette manière que l’on conservera un département où il fait bon vivre, avec un environnement de qualité, et surtout avec des exploitations viables et vivables.
Pour conclure, j’invite toutes les personnes à utiliser leur énergie pour faire avancer les choses plutôt qu’à les freiner.

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