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Fusion : le CERFRANCE Normandie Ouest est né

Les CERFRANCE de la Manche et du Calvados ont réalisé une assemblée générale commune, le 29 mars à Caen. En juin, les deux centres de comptabilité ne feront officiellement plus qu’un. Explications des deux présidents, François David et Marcel Bourdon.

© VM

>> La fusion des CERFRANCE du Calvados et de la Manche est-elle définitivement entérinée ?
Marcel Bourdon - Oui. Aujourd’hui, nous avons validé notre projet de fusion; nos statuts et notre règlement intérieur. Nos collaborateurs sont dans cette logique depuis un certain temps. Nous avions déjà un directeur commun et un comité de direction unique.
François David - La naissance de CERFRANCE Normandie Ouest sera proclamée fin mai. D’ici là, il reste juste quelques démarches juridiques à réaliser.

>> Pourquoi avoir choisi le nom CERFRANCE Normandie Ouest ?
M.B. - Le nom CERFRANCE Normandie convenait. Mais nous avons nos amis hauts normands. Sans précision, cette appelation aurait prêté à confusion. On pouvait penser qu’on couvrirait tout le territoire.
F.D. - Nous avons aussi des projets. CERFRANCE Normandie Ouest nous permettra d’accueillir l’Orne. C’est leur volonté et notre porte est ouverte.

>> Qui sera président de la nouvelle structure ?
M.B. - Nous ne savons pas. Le vote n’est pas encore réalisé. Je serai cependant candidat. Dans un premier temps, nous souhaitons que le directeur soit du Calvados et le président de la Manche.  

>> Combien d’administrateurs comptera la nouvelle structure et comment sera représenté le monde agricole ?
M.B. - La nouvelle structure compte 26 administrateurs : 13 pour la Manche et 13 pour le Calvados. Nous avons une volonté d’ouverture aux artisans et commerçants. 
F.D - 20 sont issus du collège agricole et 6 du collège artisan commerçant. Deux d’entre eux font partie des 10 membres du bureau. Avant dans le Calvados, nous avions 15 agriculteurs-administrateurs pour 3 artisans. La part des artisans-commerçants a donc doublé.
F.D. - Nous avons 8 000 clients, dont 5 400 agriculteurs. Nous sommes ouverts à l’arrivée des artisans-commerçants. Nos problématiques se ressemblent.

>> Dans un contexte où les éleveurs demandent un soutien ou un geste de leurs organisations, le renforcement des artisans et commerçants ne limite-t-il pas les actions d’aides dédiés aux agriculteurs ?
F.D. - Le geste que nous pouvons faire n’est pas financier. (On ne peut pas redonner de l’argent). Le Calvados annonce un résultat de 290 000 €. Si vous divisez cette somme par le nombre d’adhérents, vous n’allez pas loin. En revanche, nous pouvons améliorer le conseil.
M.B. - Nous facturons en moyenne 2 500 à 3 000 €. Même en faisant la comptabilité gratuite, nous ne résoudrions pas le problème. Depuis 6 mois, nous avons ciblé les agriculteurs pour toujours mieux les conseiller et les orienter vers le FAC.  

>> 290 000 € (2 %) de résultat     dans le Calvados et 140 000 € (1 %) pour la Manche : comprenez-vous que des éleveurs regrettent d’être les seuls à se serrer la ceinture ?
M.B. - On ne réglera pas le problème en opposant les structures. C’est un raccourci de dire ça. On fait 27 M€ de chiffre d’affaires, notre résultat est donc équilibré. 75 % de nos charges sont liées au personnel. S’ils ne sont pas payés, ils iront travailler chez nos concurrents. Cette gestion nous a cependant permis de ne faire payer que 90 € la constitution de dossiers PSEA*. Les  fermes non éligibles ne seront pas facturées dans la Manche pour les Jeunes Agriculteurs. *Plan de Soutien Exceptionnel à l'Agriculture.

>> C’est vrai aussi dans le Calvados ?
F.D. - Oui. Le Calvados fera aussi ce geste pour les Jeunes Agriculteurs non éligibles au FAC. Ils ne paient pas les frais de réalisation du dossier. 

>> Disposez-vous de chiffres  concrets sur le nombre d’agriculteurs en difficulté ?
M.B. - Nous savons que 25 % des exploitations sont jugées dans une situation sensible.
F.D. - Nous observons un nombre de dossiers en redressement judiciaire en hausse. Nous avons 37 cas en redressement judiciaire et 40 en liquidation sur nos deux départements. Habituellement, nous en comptons une dizaine par an, dans chaque département. 

>> Certaines fermes n’ont-elles  pas trop investi par le passé pour défiscaliser ? Les centres de gestion ont-ils révisé leurs conseils ?
F.D. - Non. Nous n’avons jamais dit à un agriculteur d’acheter un tracteur pour ne pas payer d’impôts ou de charges sociales. Un bon équilibre doit néanmoins être trouvé. C’est tout l’intérêt d’un conseil performant. Notre discours doit rester dynamique. C’était d’ailleurs le thème de l’exposé de notre assemblée générale. Même en période de crise, il existe des possibilités pour entreprendre.
M.B. - Nous sommes une association de proximité, nos adhérents ne doivent pas hésiter à venir nous voir.
Il faut aussi que le gouvernement révise la fiscalité agricole. Le CERFRANCE y travaille au niveau national. Si dans deux ans, nos exploitations retrouvent des résultats suffisants pour rémunérer notre travail, nos engagements de réserves devront être moins fiscalisés. 

>> Comment vos conseillers abordent-ils les situations les plus humainement difficiles ?
M.B. - Quand ça va mal, deux personnes sont fragilisées, l’agriculteur et le collaborateur. Le conseiller, qui voit ses clients depuis 20 ans en difficulté, ne peut pas rentrer serein chez lui le soir. Il y a un accompagnement que notre service des ressources humaines travaille avec la MSA.

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