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La guerre du camembert AOC au lait cru
Gâchis humain et malaise chez les producteurs

Après la dernière tentative de Lactalis visant à déstabiliser le Camembert AOC au lait cru, Jean-Luc Quinette (président de l’association des producteurs Réaux) monte au créneau et défend “un fromage qui n’est pas comme les autres”.

Entre une démarche alliant tradition et plus-value et une autre basée sur le marketing et les volumes, Jean-Luc Quinette a fait son choix : le camembert AOC doit être fabriqué à partir de lait cru.
Entre une démarche alliant tradition et plus-value et une autre basée sur le marketing et les volumes, Jean-Luc Quinette a fait son choix : le camembert AOC doit être fabriqué à partir de lait cru.
© TG
Qu’un géant s’adonne à la délation au détriment d’une petite fromagerie ne peut que nous interpeller. Comment une entreprise qui collecte plus de 7,5 milliards de litres de lait peut-elle éprouver le besoin de dénoncer un “concurrent” qui transforme 100 fois moins de produit ?” Olivier Borel, président de la FDSEA de l’Orne, n’apprécie guère la dernière manœuvre du géant Lactalis visant à discréditer le camembert au lait cru. Du côté de la Fromagerie Réaux (Lessay-50), la contre-attaque s’organise. Selon nos confrères de Ouest-France, l’affaire devrait être portée en justice. Mais qu’en pense le premier maillon de la chaîne, à savoir les producteurs de lait ? Rencontre avec Jean-Luc Quinette, producteur à Vesly et président de l’association des livreurs Réaux.

L’attente du consommateur
Nous soutenons le camembert au lait cru parce qu’il correspond à l’attente du consommateur. Mais ce à quoi nous assistons aujourd’hui constitue un gâchis phénoménal, un gâchis humain”. Discrets jusqu’alors dans cette guerre du camembert où l’on a plus entendu les transformateurs et quelques grandes “gueules médiatiques”, certains producteurs de lait montent au créneau. Il est temps car le torchon brûle au sein même de l’union des producteurs de lait AOC de Basse-Normandie. “Je ressens un profond malaise chez les producteurs alors que nous avons toutes les raisons de nous entendre, mais on vit très mal ce grand tapage médiatique”, regrette Jean-Luc Quinette. Et pourtant, il se sent bien dans sa laiterie, “une entreprise où l’on se respecte mutuellement” et bien dans son choix décidé à son installation en 1990 d’emprunter le chemin de la valeur ajoutée à travers une production AOC.
Patatras aujourd’hui. Alors que les “petits” ont repris la main au sein de l’ODG (Organisme de Défense et de Gestion) et voté le 22 février dernier à plus de 55 % en faveur du lait cru dans la révision du cahier des charges, Lactalis joue avec les nerfs de ses concurrents histoire de semer le doute avant que le texte réglementaire, dans sa version définitive, ne soit entériné (normalement en juillet).

Un risque de privatisation
Quels sont les enjeux ? Un risque de privatisation par industrialisation d’un produit emblématique si le lait cru ne figure pas au cahier des charges.  Les petites laiteries n’y résisteraient sans doute pas. Rideau aussi sur la plus-value payée au producteur  “Déjà, la fabrication sous marque distributeur du camembert AOC était une erreur”, juge Jean-Luc Quinette. Banaliser le produit en simplifiant son process de fabrication serait lui porter le coup de grâce.
Th. Guillemot
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