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Blé
Gagner jusqu’à 0,5 point de protéine grâce au pilotage azoté du blé

On ne maîtrise pas le taux de protéine du blé. Cependant, on peut actionner certains leviers pour mettre plus de chances de son côté. L’apport fractionné et tardif de l’azote en fait partie.

Climat, variété, dose d’azote, fractionnement et forme. Tels sont dans l’ordre décroissant les facteurs influants la teneur en protéine du blé. Sur le premier, pas grand chose à faire si ce n’est implorer les Dieux du ciel. Sur le choix variétal, d’autres critères (rendements, sensibilité aux maladies...) peuvent peser plus lourd. Reste donc le pilotage de la fertilisation azotée. Pour Antoine Bray (ingénieur régional Arvalis-Institut du Végétal), un-demi point de protéine est en jeu. Un jeu qui en vaut la chandelle. La méthode des bilans Historiquement, la fertilisation azotée du blé reposait sur une équation simple : 50 u (unités) au tallage et le reste au stade épi 1 cm en fonction de l’objectif de rendement fixé. Depuis, la recherche a mis en évidence le bien-fondé d’un 3e apport au stade dernière feuille étalée. “L’azote absorbé plus tardivement permet une meilleure migration de la plante vers le grain, explique Antoine Bray. Cette absorption tardive va donc avoir tendance à favoriser la fabrication de protéines". Aujourd'hui, et à partir de la méthode des bilans, il est possible d’apporter la bonne quantité au bon moment. En moyenne, cette préconisation s’établit comme suit : - 40 u au tallage ; - 40 u au stade gonflement ; - dose X-80 au stade épi 1 cm (X étant la dose totale à apporter. 80 correspond aux quantités apportées ou à apporter : 1er et 3e passage). L’aide au pilotage Les 40 unités du dernier apport sont une moyenne et peuvent être affinées grâce aux outils de pilotage (HN Tester, Farmstar ou GPN) qui vont permettre de mesurer un besoin réel. A la coopérative de Creully, on utilise GPN. “On traverse la parcelle avec un appareil qui, par réflectance, va mesurer indirectement la teneur en azote de la plante” précise Jérôme Courty. Une formule qui donne de bons résultats même si elle ne permet pas de mesurer la variabilité au sein d’une même parcelle. On ne risque plus avec ces mesures de surdoser l’azote et pas besoin d’utiliser des produits spécifiques d’amélioration de la qualité, considère Antoine Bray. Mais pas question non plus de sous doser. “On ne pourra pas faire de la protéine sans dose bilan et il ne faut pas être en dessous de cette dose bilan” conclut notre agronome ! Th. GuillemotJérôme Courty (coopérative de Creully) Mars souvent plus sec que mai Pour valoriser tout apport d’azote, il faut 20 mm de pluie dans les 20 jours. “C’est pourquoi, vis-à-vis du risque climatique, certains agriculteurs hésitent à réaliser un 3e apport tardif, commente Jérôme Courty. Or, il faut savoir que les données climatiques de la station météo de Carpiquet (14), accumulées depuis 50 ans, prouvent que le déficit hydrique est plus important en mars que début mai”. Autre facteur limitant à cette pratique du 3e apport tardif : le look du blé. “Bien sûr qu’une parcelle qui n’aura pas eu toute sa dose d’azote offrira un aspect visuel moins clinquant qu’une autre ayant été assaisonnée dès le départ. Mais au bout du compte, c’est le fractionnement et l’apport tardif qui feront la différence”. Dernier point sur lequel insiste Jérôme Courty : la forme azotée. "Les synthèses des essais Arvalis ont montré une suprématie de la forme ammonitrate de l’ordre de 0,2 à 0,3 point de protéine”. L’urée est donc un cran au dessous. Th. G.
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