Aller au contenu principal

À Garcelles-Secqueville : l’amour est dans le lin

D’un bureau avec vue sur la tour Eiffel, Mathilde Lefèvre, 47 ans, est arrivée à la ferme Saint-Vaast, à Garcelles-Secqueville. Son nouveau travail : faire connaître la culture du lin comme on visiterait une plantation de cacaoyer lors d’un voyage à l’étranger.

Mathilde Lefèvre
© JP

À Garcelles-Secqueville, dans la ferme Saint-Vaast, la partie droite du corps de ferme a été refaite il y a un an. Une pièce, modulable en salle de réunion, avec terminal de paiement et produits en lin, peut accueillir jusqu’à 50 personnes. Ce mardi 3 mars, un groupe d’une trentaine de personnes écoute attentivement Mathilde Lefèvre. Elle déroule avec aisance un power-point : présentation des lieux et de la production de lin, rotations de cultures, couverts végétaux, Cuma, semis, désherbage, récoltes, stockage, activités complémentaires. « On ne se rend pas compte, mais l’agriculture est extrêmement scientifique », assure-t-elle aux membres de l’Université inter-âges de Caen. La présentation est maîtrisée, Mathilde Lefèvre connaît le job. Et elle aime ça.

De Caen à Istanbul
« Je suis Normande, mon père était agriculteur dans le coin. J’ai suivi des études de Langues étrangères appliquées (LEA) à Caen, puis une école de commerce et d’industrie », remonte-t-elle. Ses études la conduisent à devenir assistante de direction à l’international. Entre autres pour le PDG de Henkel, groupe allemand international présent sur les technologies adhésives, les cosmétiques et produits d’entretien. Henkel emploie, en France, plus de 1 000 salariés. Puis assistante du directeur Europe de Wincor Nixdorf (entreprise spécialisée dans les paiements dématérialisés). « J’avais un bureau avec vue sur la tour Eiffel, je travaillais à 80 % en anglais, j’organisais des salons à Istanbul. »

Le choc des cultures
Il y a un peu plus de cinq ans, Mathilde, de retour chez son père pour le week-end, tombe sur Benoît Lefèvre, agriculteur. Le courant passe plutôt très bien. Ils se marient. « Le travail de Benoît n’est pas délocalisable, alors je suis revenue en Normandie. J’ai beaucoup ramé sur le plan professionnel, car mon profil ne rentre pas dans les cases.» Ses amis « parisiens » viennent la voir, elle leur fait visiter la ferme Saint-Vaast, ils flashent sur le lin. « La culture est extraordinaire. Quand on voyage, on visite des plantations de cacaoyer ou de canne à sucre. Le lin est aussi exotique. » L’idée mûrit, Mathilde décide de créer son entreprise. En parallèle, elle donne des cours à la MFR de Maltot en tant qu’intervenante.

De l’ombre à la scène
Après deux ans de réflexion et de travaux, la Ferme Saint-Vaast, Fibre de lin est ouverte. Mathilde Lefèvre accueille des séminaires d’entreprises, des visites de groupes.
« Nous avons ouvert au public il y a un an. J’ai reçu des entreprises locales, la Chambre d’agriculture. Elles viennent à la journée, je propose un service de restauration avec traiteur, barbecue ou cocktail déjeunatoire. Je m’adapte aux besoins et à la météo », sourit-elle. La structure est référencée Bienvenue à la ferme et à l’office de tourisme de Caen-la-Mer.
Récemment, « 62 touristes belges sont venus en visite ». La Ferme Saint-Vaast, c’est aussi une marque de produits en lin : linge de maison, draps, sacs, pochette. Made in UE grâce à la filature Safilin. Mathilde Lefèvre a en tête de créer une boutique en ligne pour ses produits en lin. « Mais, ce que je préfère, c’est le contact avec les personnes. J’avais toujours travaillé dans l’ombre, dans la préparation. C’est très nouveau pour moi d’être sur le devant de la scène.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

"Pour un éleveur, refaire les contrôles aujourd'hui, c'est synonyme de peur et de tremblements", note Jean-François Bar, éleveur laitier bio en Suisse Normande (illustration).
Les cas de tuberculose bovine se multiplient dans l'Orne et dans le Calvados
Alors que la campagne de prophylaxie bat son plein en Normandie, la découverte de cas de tuberculose bovine s'enchaîne dans le…
Jean-Michel Hamel, président de la FDSEA de la Manche, et Xavier Hay, président de la FDSEA du Calvados, coorganisateurs.
[EN IMAGES] Congrès FNSEA 2026: l'heure est aux derniers préparatifs à Caen
La Normandie accueille les 31 mars, 1er et 2 avril 2026, le 80e congrès de la Fédération nationale des syndicats d'…
Chantal Jourdan, députée socialiste de l'Orne, a entendu les inquiétudes des responsables d'ETA concernant le crédit d'impôt accordé aux adhérents Cuma dans le cadre du plan de finances 2026.
Les ETA interpellent Chantal Jourdan sur le crédit d'impôt
Vendredi 13 mars, Chantal Jourdan, députée ornaise et la seule élue sur les 27 contactés par EDT Normandie à avoir répondu à…
La nouvelle équipe des JA de l'Orne a été élue vendredi 20 mars 2026. 
Une nouvelle équipe à la tête des Jeunes Agriculteurs de l'Orne
Le 20 mars dernier, les Jeunes Agriculteurs de l'Orne ont procédé à l'élection de l'équipe départementale composée de 18 membres…
La table ronde sur la communication positive autour du métier d'agriculteur a réuni Valentine Amette, jeune agricultrice ornaise, Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, Thierry Bizeul, directeur du lycée agricole de Sées, et Denis Génissel, éleveur dans l'Orne.
Communiquer positivement
Mardi 24 mars, la FDSEA de l'Orne a tenu son assemblée générale à la Halle aux Toiles d'Alençon. La table ronde a permis d'…
Rendez-vous les 18 et 19 avril prochains pour retrouver la Foire de Lisieux ! Guillaume Nuttens, Dominique Pépin et Emmanuelle Leroux vous attendant nombreux.
Foire annuelle : rendez-vous à Lisieux dans un peu plus de quinze jours !
La traditionnelle Foire de Lisieux est de retour samedi 18 et dimanche 19 avril 2026 à l'hippodrome de la ville. Un…
Publicité