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Sur le territoire de Saint-Lô Agglo
Gestion de la ressource en eau : vers plus de sobriété ?

La gestion de la ressource en eau a été un des points du dernier conseil de Saint-Lô Agglo le 28 avril dernier. Quantité et qualité sont de rigueur. Et pour répondre à la demande de l'Agence de l'eau, la collectivité prévoit d'investir 20 millions d'euros sur les cinq prochaines années.

" L'eau est une ressource indispensable. Les épisodes de sécheresse peuvent s'intensifier. Même si on prévoit les mêmes quantités d'eau sur une année, elles risquent d'être réparties différemment ", débute Jean-Luc Lerouxel, marie de Saint-Gilles et vice-président de Saint-Lô Agglo en charge du cycle de l'eau.

L'été 2022 en a été le témoin dans le Saint-Lois, conduisant à des restrictions, et évitant de peu la rupture sur certains secteurs. "Il a été le plus chaud et l'un des plus sec jamais enregistré, bien que proche de l'année 1976. La Manche a connu 47 jours consécutifs sans pluie, du 30 juin au 15 août 2022. Le département est rapidement passé du stade de vigilance sécheresse à celui d'alerte, puis de crise (courant août) avec des restrictions sur l'usage de l'eau", a rappelé le Sdeau (Syndicat départemental de l'eau). "Et aujourd'hui, les réserves de niveaux d'eau sont inférieures à 2022", annonce Fabrice Lemazuier, président de Saint-Lô Agglo.

Stabiliser la consommation agricole

Suite à ces sécheresses, le gouvernement a mis en place le "Plan eau", visant à réduire les prélèvements. D'ici 2030 par rapport à 2019, l'alimentation en eau potable doit réduire de 14 % et de 4 % pour les prélèvements industriels. Quant au monde agricole, la consommation restera stable. Saint-Lô Agglo a donc défini sa stratégie pour les cinq prochaines années qui s'inscrit dans la politique de l'Agence de l'eau Seine Normandie. "Il s'agit d'anticiper les effets du changement climatique, accompagner la prévention des pollutions et mettre en œuvre une gestion économe et durable de la ressource", explique Jean-Luc Lerouxel à ses collègues élus. Au travers de cette stratégie de préservation, "les priorités d'intervention vont être définies en termes de qualité et de quantité", ajoute-t-il.

Ne pas être alarmiste

L'agglomération va commencer par faire un état des lieux de manière à évaluer l'évolution des masses d'eau. La diminution des nitrates et des pesticides va participer à améliorer la qualité de l'eau tout comme la lutte contre le ruissellement pour permettre l'infiltration. "Cette stratégie est d'autant plus un enjeu primordial pour le territoire de Saint-Lô agglo que la ressource en eau potable est assez fragile sur le plan quantitatif", souligne l'élu. 75 % de la production est d'origine superficielle et ainsi plus sensible à la sécheresse. 25 % de notre consommation est apportée à partir de la masse d'eau du centre manche c'est-à-dire des forages de Marchésieux et Sainteny. En termes de qualité, malgré une amélioration jusqu'en 2019, l'état des masses d'eau du territoire tend à nouveau à se dégrader : 70 % des masses d'eau superficielles sont en mauvais état et 94 % ont un mauvais état écologique. "Tout ne s'explique pas par les pratiques agricoles. L'industrialisation ou encore l'urbanisation ont une incidence également. Il ne faut pas être alarmiste pour autant parce que le pourcentage d'eau en bon état et proche du bon état est supérieur en 2025 qu'à celui de 2019", indique l'élu.

Un travail de longue haleine

La sobriété reste le mot-clé de cette stratégie et du plan d'actions évalué à 20 millions d'euros dont 13,50 M€ pour préserver les quantités en eau potable, 5,60 M€ pour améliorer la qualité et préserver les quantités et 900 000 € pour améliorer la qualité de l'eau potable, dont le Sdeau, le Syndicat de la Vire, la Région Normandie, le Feder et l'Agence de l'eau accompagneront les investissements. "Nous ne faisons pas partie des agglomérations à la traîne sur le sujet. Pour autant, à première vue, il y a une dégradation de la qualité de l'eau. C'est un travail de longue haleine. Cela ne s'arrête jamais. Il faut toujours poursuivre les efforts", conclut Fabrice Lemazurier, pour qui "la préservation de la qualité et la quantité d'eau sont essentielles".

Cette stratégie a été adoptée par 70 élus pour 3 abstentions.

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