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« Girouette » dans les traces de « Clochette »

Thomas Dumesnil n’emmènera pas « Clochette », championne en 2016 à Paris. « Girouette » marchera dans les traces de son aînée. Une suppléante attend sagement dans la stabu, « Ixir ».

© EC

Depuis 20 ans ou presque, Thomas emmène une ou plusieurs vaches Porte de Versailles avec parfois des succès. Mais l’année dernière, « Clochette » a tout emporté sur son passage : prix de section, prix d’honneur, meilleure mamelle adulte, meilleure laitière et le championnat suprême. « Bien sûr, le Salon de l’Agriculture a changé, mais pour les éleveurs, un prix remporté à Paris possède une valeur symbolique très forte », souligne Thomas Dumesnil, par ailleurs président de l’association ornaise. « Je ne considère pas
la victoire de « Clochette » unique-ment comme la mienne, mais elle appartient à tous les producteurs et au département et bien sûr à la race Normande ».

Les 3 x 8
Installé à Rouellé, entre Barenton et Domfront, son exploitation se situe à quelques dizaines de mètres de la frontière manchoise où 90 VL donnent le maximum, notamment en qualité. « J’applique la règle des 3 x 8 : 8 000 kg de lait, un poids de 800 kg et 80 pour les taux ; en l’occurrence, chez moi, 44 et 36 ». Autant dire qu’au pays de la poire et de la pomme, la Normande, c’est un sacerdoce. « La race a d’énormes atouts sur la fromageabilité et des travaux son en cours, prouvant que son lait a des atouts bénéfiques ».
Pas question de se compliquer la vie lorsqu’on est seul ou presque sur l’exploitation. « Une salle de traite 2 x 7 ; de l’herbe en période estivale. En hiver, notamment ensilage d’herbe et betterave ». La stratégie d’accouplement est définie sur un paramètre, « des vaches faciles à vivre, qui peuvent ingérer un fourrage grossier avec en final une priorité sur la qualité du lait plutôt que la quantité. Nous avons commencé cependant à implanter des cultures de trèfle et ray-grass anglais. En fait, je joue la carte
de l’autonomie alimentaire au maximum ».
Tous les mâles sont élevés en bœufs et partent en boucherie. « Les femelles sont toutes gardées pour la reproduction ». Thomas Dumesnil n’a pas cédé aux logettes dans la stabulation, qui vient d’être agrandie cette année, mais reste en « paillée ». « C’est un bon système, pratique, rapide et confortable pour les vaches ». Un atout, la sélection qui a lui a permis de sortir quelques taureaux réputés.
L’avenir de la production laitière ? « En Normande, nous sommes mieux que les autres races. Oui, il y a une crise, la race nous aide, je l’estime, à mieux la passer ». Alors, cette Normande, la vache parfaite ? « Si elle est présente sur notre terroir, ce n’est pas un hasard. Par contre, les VL ne supporteraient jamais de passer leur vie en stabulation, même si les vaches d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec celles d’hier ».
Outre celle de Thomas, cinq Ornaises vont partir vers Paris, « vu, notre effectif global sur le département, c’est une bonne représentation ».

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