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Bancassurance
Groupama Centre Manche : de l’assurance “Climats” à l’assurabilité du risque OGM

Leader dans l’assurance aléas climatiques, Groupama ouvre également le dossier OGM en souhaitant dépassionner le débat.

Groupama Centre Manche tenait, la semaine dernière à Deauville (14), son assemblée générale.
L’heure d’un premier bilan, après 3 ans d’expérimentation, sur le dossier de l’assurance aléas climatiques alors que la question de l’assurabilité du risque de contamination OGM se pose. 

6 000 sinistres sur 9 000 contrats
2007 a été marquée par un printemps exceptionnellement sec prolongé par un été anormalement humide le tout ponctué par des épisodes de grêle successifs, parfois violents, d’avril à la récolte. Dans ces conditions, les cultures ont particulièrement souffert et notamment les linières. Certaines, ne pouvant être récoltées, ont été brûlées. Ce fut le cas en Seine-Maritime et, dans une moindre mesure, dans le Calvados. C’est dans ce contexte perturbé que l’assurance aléas climatiques, dont Groupama est le leader, a fait preuve de son efficacité et de son bien fondé. Au total, ce sont plus de 6 000 sinistres (2 300 en grêle et 3 900 pour les autres aléas) qui ont été déclarés sur un portefeuille d’environ 9 000 contrats (à périmètre Groupama Centre Manche). La facture est salée : 19 Me. “La démonstration est ainsi faite que ce dispositif assurantiel récolte est une voie d’avenir. Néanmoins, plusieurs questions stratégiques restent posées et demeurent toujours sans réponse des Pouvoirs Publics, s’inquiètent les responsables de Groupama. Si les premières orientations gouvernementales qui se dessinent apportent quelques éclairages sur une articulation de l’assurance récolte avec le FNGCA (Fonds National de Gestion des Calamités Agricoles) et une meilleure corrélation assurance récolte/DPA (Déduction Pour Aléa), il demeure que l’accompagnement de l’assurance elle-même n’est pas évoqué”. En d’autres termes, Robert Drouet et Jean-Paul Hue (président et directeur de Groupama Centre Manche) s’interrogent sur la pérennité et la consolidation de subventions publiques suffisamment incitatives pour prendre en charge partiellement les cotisations d’assurance mais aussi sur la fourniture d’une réassurance publique suffisante.

De la cohérence sur les OGM
Autre dossier qui suscite plus d’interrogations que de réponses claires, celui des OGM et de son assurabilité. Groupama se dit favorable à la constitution d’un fonds d’indemnisation en cas de problème pour aboutir, dans 4 à 5 ans, à une analyse de risques solide. En attendant, le président Drouet a souhaité un peu plus de cohérence sur le dossier : “on ne peut pas d’un côté interdire la culture des OGM sur notre territoire et en autoriser parallèlement l’importation massive”. Une mise au point qui l’a emportée à l’applaudimètre tout comme l’impérieuse nécessité de poursuivre la recherche, plus particulièrement à des fins thérapeutiques, réaffirmée par Robert Drouet. 

Table ronde : la responsabilité environnementale des entreprises

 “La responsabilité environnementale des entreprises”. Tel était le thème de la table ronde à laquelle participaient Guillaume Richard (responsable des ressources humaines de l’entreprise Danone du Molay-Littry-14), Jean-Paul Hébrard (rédacteur en chef d’Agriculture et nouvelles technologies) et Philippe La Dune (responsable de la direction de l’éthique et du développement durable au sein de Groupama SA). Une responsabilité qui monte en puissance et à mi-chemin entre l’écocitoyenneté des entreprises et des considérations plus mercantiles proches du marketing et de la communication. Car comme l’a rappelé d’entrée de jeu Jean-Paul Hébrard: “le développement durable est une priorité très secondaire dans les pays pauvres. Ailleurs et là où les entreprises n’ont pas d’intérêts, elles peuvent freiner”. Nonobstant dans notre société de consommation, il ne faut pas pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain. A l’usine bio (30 000 T de produits fabriqués par an) du Molay-Littry, “on cherche à être en adéquation avec le produit que l’on fabrique”, a insisté Guillaume Richard. Et c’est au quotidien que le combat se mène. Economies d’eau, économie d’énergie (...), de petits riens ou pas grand chose qui aboutissent tout de même à économiser l'équivalent de la consommation en énergie d’une ville de 2 600 habitants. Chez Groupama aussi, on s’attaque au dossier notamment à travers la création d’une direction de l’éthique et du développement durable. “Nous agissons sur nos consommations et nos rejets, a illustré Philippe La Dune. Nous consommons 150 à 200 kg de papier par salarié et par an. Nous avons des gains à réaliser”. S’interroger sur la nécessité d’imprimer le mail reçu, imprimer recto-verso... Même Jean-Louis Gehin, responsable de la communication de Groupama Centre Manche, s’est engagé à consommer moins de papier dans la conception des documents qui seront remis aux congressistes lors de l’assemblée générale en 2009. La visio-conférence, plutôt que des réunions physiques coûteuses en déplacements, est également testée au sein du groupe même si l’exercice a ses limites.
Le développement durable n’en est sans doute qu’à l’âge de pierre au sein des entreprises françaises. Il deviendra cependant incontournable. Pour les agriculteurs, la démarche n’est pas nouvelle. “Nous sommes les premiers écologistes de la société parce que nous travaillons avec la nature et, si nous nous trompons, elle reprend ses droits” a conclu le président Drouet avant de faire sienne cette devise : “j’apprends, je sers, je transmets”.

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