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Haras de Saint-Lô : après les flammes, la reconstruction

Une semaine après que le haras de Saint-Lô a été la proie des flammes, l’état d’esprit est déjà à la reconstruction. Les élus l’ont affirmé dès le lendemain :« ensemble, nous ferons le nécessaire pour que notre haras retrouve sa « robe » et que les professionnels et leurs chevaux retrouvent leur écrin ». La filière équine et le monde agricole partagent cette ambition.

Dans la nuit du 11 au 12 juillet, pas moins de 2 400 m2 de toiture des écuries 3 et 4 du haras de Saint-Lô sont partis en fumée. Aucun blessé n’est à déploré ni aucun cheval.
Dans la nuit du 11 au 12 juillet, pas moins de 2 400 m2 de toiture des écuries 3 et 4 du haras de Saint-Lô sont partis en fumée. Aucun blessé n’est à déploré ni aucun cheval.
© Haras national de Saint-Lô

Le feu a détruit les écuries 3 et 4 du haras de Saint-Lô dans la nuit du 11 au 12 juillet, des écuries datant du XIXe siècle. L’émotion était palpable à la fois chez les amateurs et chez les professionnels de la filière équine, chez les élus mais aussi les habitants. Ils voyaient partir ce patrimoine saint-lois en fumée, qui n’avait pourtant pas été touché au moment du Débarquement. « C’est un joyau qui appartient à tout le monde », lâche le président du Conseil départemental de la Manche, Marc Lefèvre. « Cela nous a tous touchés », reconnaît le directeur, Yann Adam, présent la veille avec l’ensemble des élus pour inaugurer des travaux dans la carrière Flipper d’Elle. Pas moins de 2 400 m2 de toiture sont partis en fumée, tout comme l’outil de travail d’un cavalier et le laboratoire de reproduction.

75 sapeurs-pompiers

Le feu serait parti du stockage du fourrage, dévorant 28 boxes sur les 128 que compte le haras. Dans cette tragédie, aucun cheval n’est mort ni blessé. Les 22 équidés ont pu être rapidement évacués et mis en sécurité avant la propagation des flammes, grâce à la mobilisation. Pas moins de 75 sapeurs-pompiers issus de 9 centres de secours étaient sur place. A l’aide de 9 lances, ils ont circonscrit le feu au bout de trois heures. Un professionnalisme salué de part et d’autre. 
Après le passage des assureurs et des enquêteurs, le syndicat mixte, regroupant la Région Normandie et le Département de la Manche, s’est réunit pour déterminer les mesures urgentes à prendre. Ces derniers, avec la Ville, la communauté d’agglomération, et le président du Pôle hippique, André Denot, ont affirmé que : « ensemble nous ferons le nécessaire pour que notre haras retrouve sa « robe » et que les professionnels et leurs chevaux retrouvent leur écrin ». Désormais, l’heure est à la reconstruction. « Quand on parle de reconstruction, les Manchois en savent quelque chose », avance Marc Lefèvre, faisant allusion au Débarquement.

Un enjeu économique

Sur le plan économique, il s’agit de venir en aide au cavalier qui a perdu son outil de travail. « Nous aurons un regard particulier », convient le président du Conseil départemental avec ses collègues au sein de Syndicat mixte. Quant au laboratoire parti en fumée, l’idée est d’apporter des solutions rapidement. Même si la saison vient de se terminer, il restait quelques jours. « La monte est prélevée le lundi, mercredi et vendredi. Grâce à la solidarité des haras, on se sent soutenu. Nous sommes une zone très dense. Saint-Lô reste une station de monte des plus importantes en France », souligne le directeur, Yann Adam, qui veut porter « son regard vers l’avenir ». Le Haras de Saint-Lô est un centre de production de semences de septembre à février et un centre de reproduction le reste du temps. Il y a bien une activité toute l’année. En permanence, le haras compte 25 étalons et pendant la forte saison jusqu’à 60.

« On va faire face »

Les activités touristiques du Haras national de Saint-Lô, berceau du Selle Français vont également être impactées. Le site est mis en sécurité et donc fermé au public. Mais dès à présent, les élus  l’affirment : « nous pouvons assurer du maintien du Normandie Horse Show du 5 au 11 août. Tout sera mis en œuvre pour que les autres activités puissent se dérouler dans de bonnes conditions ». « Les investissements réalisés nous permettront de ne pas avoir de reports d’événements. Le syndicat mixte aura la force d’appréhender cette situation », poursuit André Denot qui dit vouloir « faire face à cet incendie ». C’est le message rassurant adressé aux propriétaires de chevaux, toujours présents sur le site et aux cavaliers engagés dans les prochaines compétitions.

Le monde agricole solidaire

Comme le rappelait Marc Lefèvre , président du Conseil départemental de la Manche et ancien vétérinaire, le cheval vient du monde agricole. Il n’est pas rare que les exploitants possèdent un ou plusieurs chevaux à domicile. Pascal Férey, président de la Chambre d’agriculture de la Manche se dit « attristé de voir une partie de notre patrimoine partir en fumée », tout en soulignant se « réjouir de voir qu’il n’y ait pas eu de chevaux touchés dans l’incendie ni de semences de haute valeur génétique. » Même état d’esprit du côté de la FDSEA de la Manche qui partage « la tristesse des collectivités, propriétaires du haras ainsi que le désarroi des salariés », signe le président, Sébastien Amand, qui espère que le sinistre n’empêchera pas le fonctionnement du haras. Désormais, « l’heure est à la reconstruction », note Pascal Férey. Et la FDSEA ne peut qu’espérer que « les collectivités trouvent rapidement des solutions en vue d’une réparation des bâtiments endommagés de nature à redonner son lustre à ce centre essentiel de l’élevage équin normand », conclut le président.

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