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Hervé Morin (candidat UDI/LR aux régionales) : sur le terrain pour dire la vérité

Hervé Morin, candidat UDI/LR aux régionales sillonnent la Normandie pour diffuser ses mesures, et notamment en matière agricole. Il l'a fait notamment dans l'Orne dans la ferme de Patrice et Maryvonne Cousin.

Jeudi 29 octobre. Pas besoin de bottes pour aller dans la ferme de Patrice et Maryvonne Cousin, installés avec leur fils Loïc à Saint-Martin-des-Landes. "On les mets que pour travailler" sourit Anne-Marie Denis, présidente de al FDSEA de l'One. Hervé Morin, candidat UDI/Les Républicains à la présidence de la région Normandie, l'a constaté. Il était sur le terrain, entouré d'une vingtaine de personnes, des responsables agricoles et ses colistiers. L'objectif était simple : aller à la rencontre des agriculteurs, écouter leurs problématiques et annoncer ses mesures pour la nouvelle région.
Le petit tour d'exploitation s'est imposé tout en tendant l'oreille aux difficultés rencontrées par la famille Cousin. "Je me suis installé en 1983" débute le chef d'exploitation. L'EARL avec son épouse a vu le jour en 1995. Et vingt ans après, leur fils Loïc les a rejoints. "C'est la 4e génération qui est ici puisque mes grands-parents ont acheté la ferme en 1921" souligne-t-il.

Difficile financièrement
S'il se réjouit du retour de son fils, Patrice Cousin n'en est pas moins inquiet. "Nous avions un salarié à mi-temps jusqu'en mai. A son départ, notre fils a voulu revenir. C'est bien de travailler avec ses enfants. Mais cela change la donne. Financièrement c'est plus difficile". Les marges se réduisent malgré le travail qui ne chôme pas. A la fois producteur de lait et de viande, la famille Cousin enregistre des marges "pratiquement nulles". Au-delà de la production, elle se dit polluée par les réglementations à ne plus en finir et l'administratif. Et c'est le cas pour les MAEC. "Le nouveau programme est difficile à adapter. On en a ras-le-bol du cahier de pâturage" indique Patrice Cousin. Et pourtant, "j'aime mon métier depuis 32 ans. Mais franchement, il a changé". Alors la crise dans tout ça, "on va la passer. On est habitué à courber la tête". Toutefois, une fois qu'il aura passé la main, il n'est pas sûr que la production laitière soit toujours d'actualité sur son exploitation. "Avec nos 60 vaches laitières, on produit 450 000 litres de lait AOC. Bien souvent, on a eu envie d'arrêter. Et encore aujourd'hui, on ne sait pas comment se projeter". Même si Loïc est de nature optimiste parce qu'il est convaincu qu'il faudra toujours des agriculteurs, il a conscience qu'il ne pourra pas continuer le même schéma. "En étant tout seul, cela sera compliqué physiquement".

Un candidat à l'écoute
Au bout de deux heures d'échanges, Patrice Cousin a senti un candidat à l'écoute. "Vis-à-vis des problèmes du moment, il était important de consacrer du temps pour donner une idée de la réalité. J'ai tout de suite accepté de recevoir un candidat en campagne pour mieux lui expliquer nos difficultés".

"On est les copains des agriculteurs"

Hervé Morin s'est déplacé sur le terrain "pour dire la vérité plutôt que se raconter des histoires". Au cours des mois précédents, il a rencontré les acteurs agricoles pour peaufiner sa copie à quelques semaines seulement du scrutin. "J'ai parfaitement conscience que rien ne compense rien", assure-t-il. Mais ce n'est pas le président de région qui fait les prix. "Je ne vais pas vous raconter d'histoire". Tout comme pour les aides européennes. "Il faudra attendre le rendez-vous à mi-chemin soit en 2017 pour redéfinir la contractualisation. Ce n'est pas possible avant".
Alors concrètement, "nous voulons faire de la Normandie le grenier de la France, faire renaître la marque Normandie". Dans les mesures avancées, il préconise la mise en place d'un fonds permettant de stabiliser l'exploitation au moment de sa transmission, garantir le paiement des fermages, aider tout ce qui peut permettre d'améliorer les conditions de travail, la compétitivité, la performance, financer la modernisation de manière simple, accompagner la biomasse, aider les organisations de producteurs, valoriser la race normande... "Nous avons une page blanche pour écrire la nouvelle politique régionale. Je ne me sens lié par rien. Et surtout je ne suis pas là pour continuer les petits arrangements". A la vingtaine de personnes présentes lors de la visite de terrain, il assure "être le copain des agriculteurs", ne pas vouloir construire la politique agricole sans les Chambres d'agriculture. Mais "je veux une culture de résultat", martèle-t-il.


Dans ses colistiers, sept agriculteurs sont en position éligibles, à savoir Florence Mazier (Le Dézert 50), Séverine Yvard (Dorceau 61) ; Didier Vergy (Landes-sur-Ajon 14), Sophie de Gibon (Canteloup 14), Marie-Noëlle Chevalier (Le Neufbourg 27), Anne-Laure Marteau (Morny 27) et Xavier Lefrançois (Neufchâtel-en-Bray 76).

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