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Cessation d'activité
Heureux de battre en retraite !

L'exploitation de Daniel Lebarbey a été démantelée. Le week-end dernier, il a raccroché définitivement les griffes de sa salle de traite.

De la traite à la retraite, il n'y a plus que quelques vaches pour Daniel Lebarbey. En fin de semaine, l'agriculteur installé à Saint Marcouf du Rochy a trait ses dernières vaches. La moitié des logettes est déjà désertée. L'agriculteur a vendu aux enchères son troupeau mercredi 23 août. Peu à peu, ses bêtes quittent l'exploitation. Direction le Morbihan, l'Orne, la Mayenne ou la Manche. Jeudi soir, c'était au tour de Babacool, la génisse préférée de son épouse. Mais, pas le temps de regretter. La ferme se vide, la fin de l'exploitation approche, et paradoxalement le rythme s'accélère. A l'entrée de la ferme, le panneau intitulé "La Normande, élevage Lebarbey" ne guide plus que le flot continu des bétaillères. Les couleurs de la pancarte sont passées, le symbole d’une fin annoncée. Le temps de traite se réduit également au fur et à mesure des départs. Pourtant, les vachers sont plus nombreux. Les acheteurs qui attendent l'issue de la traite pour emmener leurs bêtes se transforment en spectateurs. Certains stagiaires profitent de ces derniers moments pour revenir sur l'exploitation de Daniel Lebarbey. Quatre d'entre eux sont passés faire leurs adieux à la ferme. C'est le cas de Floriane Marie. Elle a découvert ici sa passion pour la race Normande. "J'ai appris avec Daniel que lorsqu'on fait quelque chose, on le fait bien", témoigne la jeune femme.Un métier subi, une passion choisie Daniel Lebarbey est agriculteur depuis ses 14 ans. Il en a aujourd'hui 60. A l'époque, on est souvent paysan de père en fils. Daniel Lebarbey est l'aîné de sa famille, il sera donc agriculteur. "Ce métier, je l'ai donc subi plus que décidé. Mais autant le faire correctement". En revanche, il a choisi sa passion pour la Normande. L'éleveur s'est donc investi dans la génétique, bien loin de ses débuts derrière le cheval pour labourer. Finie également la traite à la main : "je ne connais pas de métier qui ait autant évolué" précise ce futur retraité. Le niveau d'étable de ce passionné de Normandes n'a pas cessé de progresser. Aujourd'hui, il atteint 8 200 kg en lactation standard. "Je le dis souvent aux stagiaires. Les différences, entre ce qu'ils apprennent à l'école et les méthodes de travail qu'ils utiliseront à la fin de leur carrière, seront énormes", rappelle Daniel Lebarbey. L'autre évolution importante concerne le développement de "la paperasse". Le couple achève sa carrière avec l'organisation des transports et les papiers des animaux. De quoi compenser le temps gagné avec des traites réduites à dix animaux...Passionnant et contraignant Avec la cessation d'activité qui se profile, le programme est bousculé. Daniel Lebarbey s'est ainsi transformé en standardiste. Après la dernière traite, le soulagement et la lassitude dominent les sentiments de l'agriculteur. "C'est moins triste que de voir son troupeau partir à l'abattoir". Un mauvais souvenir : en 1992, son cheptel a été abattu à cause de la brucellose. Sa retraite n'a pas encore débuté, mais l'éleveur a décidé de couper avec l'agriculture. Il n'ira pas voir ses vaches dans les futurs concours. Même si Ulysse devrait bien y figurer dans les prochaines années. Fini les vêlages dans la nuit, ce couple peut désormais goûter aux avantages de la retraite, sauf pour le lait. "Nous devrons maintenant aller le chercher chez le voisin". V. MOTIN
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