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Journée lait le 19 décembre à Saint-Martin-des-Champs
"Il faut toujours évoluer pour ne pas décrocher"

Kyllian Trolley est né en 1997, année où Philippe Lecompagnon s'est installé sur la ferme familiale. Rien ne laissait présager que leur chemin se croiserait et que 27 ans plus tard ils deviendraient associés. C'est pourtant le cas depuis le 1er juillet dernier. Un parcours particulier pour ce jeune non issu du milieu agricole, qui a su trouver sa place au sein de la SCEA du Pré au lait, basée à Lolif, près d'Avranches.

Philippe Lecompagnon, agriculteur installé depuis 1997, s'est associé à Kyllian Trolley depuis juillet dernier, après avoir été salarié depuis 2018.
Philippe Lecompagnon, agriculteur installé depuis 1997, s'est associé à Kyllian Trolley depuis juillet dernier, après avoir été salarié depuis 2018.
© SB

" Nous avons toujours eu des apprentis ", avance Philippe Lecompagnon, même au temps de ses parents avec qui il a été associé pendant neuf ans, avant de reprendre les rênes tout seul. Il a toujours voulu faire évoluer sa structure, tout d'abord en modernisant et en installant un premier robot dès 2007. Le second robot est arrivé en 2015. " À l'époque, j'ai rallongé la stabulation ", explique l'éleveur. Et 2025 marquera une nouvelle évolution avec l'arrivée d'un 3e robot pour atteindre un cheptel de 180 vaches laitières, et un volume de lait de 1,8 million au lieu de 1,3 million actuellement avec 120 vaches. " J'ai toujours eu l'idée d'investir pour avoir un outil fonctionnel, efficace et produire ", note Philippe Lecompagnon.

Mécanique agricole d'abord

En 2018, il cherchait un salarié agricole, " plutôt une personne qui aime les animaux ", se rappelle-t-il. C'est Kyllian qui a frappé à la porte. Il n'en est jamais reparti. Pourtant, l'agriculture n'était pas son premier choix. " J'ai fait un bac pro mécanique agricole puis un BTS technico-commercial ", raconte le jeune homme. " Ça ne m'a pas plu ", ajoute-t-il. Il s'est alors tourné vers un BTS Agro équipement. Mais là, encore, il n'y trouvait pas son compte. Et comme il allait régulièrement chez son oncle, Vincent, agriculteur à Juvigny-le-Tertre, il s'est dirigé vers un BPREA. Avec son maître d'apprentissage," ça a matché ", sourit-il. Il n'a plus quitté les vaches.

Former pour devenir autonome 

Depuis 2018, Kyllian a su démontrer son attachement aux animaux. " Je suis davantage sur les cultures ", reconnaît Philippe Lecompagnon, et notamment l'agriculture de conservation des sols. Alors, petit à petit, Kyllian a pris des responsabilités en suivant des formations d'insémination, de parage, d'huiles essentielles... et ainsi monter en compétences et donner du sens à son quotidien. " Cela n'a jamais été un souci de former, surtout dans le but de rendre les salariés comme les apprentis plus autonomes ", assure l'éleveur. " Il faut toujours être dans l'évolution sinon on peut décrocher très vite ", note les deux associés.

S'épanouir en travaillant

Pour s'installer, Kyllian a repris une ferme d'une soixantaine d'hectares. L'idée était de franchir le pas dès qu'il y aurait une opportunité. Alors, il a commencé son parcours d'installation dès 2022. "C'est bien cadré", se souvient-il. Désormais, en devenant associé, il va encadrer et former à son tour des stagiaires ou apprenti. "C'est un autre rôle qui ne se fait pas du jour au lendemain", note Philippe Lecompagnon.

Engagé dans le collectif

Si être éleveur est une passion pour les deux hommes, l'engagement et le collectif ont du sens pour tous les deux. Philippe Lecompagnon est président du CRDA de la Manche, élu à la Chambre d'agriculture, membre de la FDSEA de la Manche et membre du conseil de région d'Agrial. Quant à Kyllian, il a repris la présidence du comice de la vallée du Thar, membre des Jeunes agriculteurs et joueur de foot, une autre passion. "C'est important de voir des gens extérieurs à la ferme", conclut le nouvel associé, épanoui dans son nouveau statut.

Programme de la journée du 19 décembre

La section lait de la FRSEA Normandie organise une journée dédiée à l'avenir de la production laitière jeudi 19 décembre.

Elle portera sur le thème : "Quelle sera ma place de producteur en 2030-2040 ?"

La matinée sera consacrée à un temps de prospective économique avec l'intervention de Christophe Perrot de l'Idele, suivie d'une table ronde sur le thème de l'enjeu du renouvellement des générations.

L'après-midi sera marquée par un moment d'échanges avec Michel Lafont, agroéconomiste à la Chambre d'agriculture de Normandie, Yohann Barbe, président de la FNPL, des représentants des transformateurs normands (Lactalis et MLC), et des acteurs de la distribution.

Rendez-vous jeudi 19 décembre à partir de 10 h, à la salle socioculturelle de Saint-Martin-des-Champs, rue de la Mairie.

Contact et inscription auprès de Charles Pflieger, 02 33 06 48 32, cpflieger@fdsea50.fr.

Le Point Accueil Installation (PAI) est LE point d'entrée des porteurs de projet en installation agricole porté par la Chambre d'agriculture de Normandie. Guichet unique, il est en relation avec près d'une trentaine de partenaires, engagés à ses côtés par convention pour l'accompagnement des porteurs de projet.

L'année 2023 est une année record en nombre de fréquentations du PAI. Il a vu passer 1 562 porteurs de projet en Normandie (323 dans le Calvados, 15 dans l'Eure, 427 dans la Manche, 272 dans l'Orne et 345 en Seine-Maritime). Un nombre en constante évolution depuis près de 10 ans. En tout, 617 ont réalisé un Plan de professionnalisation personnalisé (3P) et 288 se sont installés avec la DJA.

Il accueille tous les porteurs de projet quel que soit le niveau d'avancement du projet.

L'âge moyen des candidats n'a pas varié depuis plusieurs années et reste de 33 ans. Le nombre de femmes a augmenté de 10 points par rapport à 2022. En majorité, les candidats sont issus du milieu agricole.

Une nouvelle fois, c'est la production laitière qui reste majoritaire dans les projets pour 23 %. Suit l'équin (15 %), les grandes cultures (15 %), le maraîchage et l'horticulture (12 %), les bovins viande (11 %).

L'année 2023 se maintient pour les projets en agriculture biologique. Ils sont de l'ordre de 20 %, comme en 2022. Cependant, ce ne sont pas les niveaux de 2020 ou 2021 qui atteignaient 32 %.

Les projets avec transformation et vente en circuits courts sont en baisse.

Le PAI ne traduit que les intentions d'installations, qui peuvent évoluer jusqu'à l'installation effective.

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