Aller au contenu principal

" Il n’y a pas une culture pour rattraper l’autre ”

Dans l’est de l’Orne, la moisson est terminée. Elle laisse un goût amer aux cultivateurs. Jean-Pierre Prévost, responsable grandes cultures à la FDSEA, estime que c’est la pire année de sa carrière.

Jean-Pierre Prévost - 61
En colza, Jean-Pierre Prévost récolte « une parcelle de 10 ha à 8 q/ha ».
© DR

>>  Quels sont les rendements dans le Pays d’Auge/Pays d’Ouche ?
Les rendements sont hétérogènes mais globalement très mauvais. Il n’y a pas une culture pour rattraper l’autre. En orges, ils varient de 30 à 60 q/ha ; en colza de 8 à 25 q/ha ; les blés de 35 à 70 q/ha. En paille, je fais 1,7 t/ha. Les pois font 25 q/ha. Les féveroles sont attaquées par la bruche. S’il ne pleut pas dans les prochains jours, les maïs sont compromis. On s’attend à 20 q/ha pour les orges de printemps. L’ambiance est morose.


>>  La faute à la météo ?
Entre autres. Nous avons eu de mauvaises conditions de semis à l’automne, 700 mm d’eau en trois mois. Les cultures ont donc d’abord souffert de l’humidité. Puis de la sécheresse en mars et du gel en avril-mai. Nous sommes descendus à -7 °C au moment de la floraison avec un fort vent d’est. Les secteurs qui ont eu 20 mm d’eau en avril s’en sortent avec 20 q/ha de plus. La faute revient aussi aux pouvoirs publics qui nous suppriment des matières actives. Les colzas, qui étaient superbes, ont subi des problèmes d’altises. Nous ne disposons plus d’insecticides performants. Les blés et les orges ont eu la jaunisse nanisante car on ne peut plus traiter les semences.

>>  A combien estimez-vous les pertes ?
On estime que, pour une ferme en cultures sur 180 ha, les pertes vont être de 300 €/ha, soit plus de 50 000 €, toutes cultures confondues. Les blés ont de la qualité PS et protéines, mais le risque est que les prix ne compensent pas le déficit de rendement. Nous sommes à peine remis de 2016, où qualité et quantité étaient absentes. Des prêts court terme de trésorerie avaient été étalés sur cinq ans. Soit jusqu’en 2021. Nous n’en sommes pas encore sortis. Nous demandons une exonération sur le foncier non bâti puis nous verrons en septembre, à la rentrée syndicale, comment nous allons nous organiser. L’année va être longue.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Geoffrey Saint-Lô, pisciculteur et ambassadeur de la marque Bienvenue à la ferme, marquée portée par la Chambre d'agriculture dont Nadège Mahé en est l'élue référente.
Bienvenue à la ferme : pisciculteur, Geoffrey Saint-Lô devient ambassadeur
Depuis 1985, la famille Saint-Lô, basée à Saint-Sauveur-Lendelin, reçoit les visiteurs dans son exploitation piscicole où elle…
Mardi 30 juin, près de sept hectares de parcelles agricoles ainsi qu'une moissonneuse-batteuse ont pris feu dans un champ de Val-au-Perche. Le préjudice sur les cultures est estimé à plusieurs milliers d'euros.
La moissonneuse prend feu et 7 ha partent en fumée : dans l'Orne, c'est l'heure de l'expertise
Mardi 30 juin 2026, près de sept hectares de parcelles agricoles ainsi qu'une moissonneuse-batteuse ont pris feu dans un…
La passion de l'élevage partagée en famille chez les Debons, notamment quand le prix de l'élevage récompense leur travail, ici à Vire le 13 juin 2026.
Blonde d'Aquitaine : Stéphane Debons se prépare au concours à Saint-Hilaire-du-Harcouët
Stéphane Debons, éleveur installé avec son frère David à Noron-l'Abbaye (région de Falaise), devrait emmener cinq ou six animaux…
La canicule de juin a marqué les esprits mais son impact sur le rendement est resté limité.
Colza en Normandie : cinq faits marquants sur la campagne 2025-2026
La campagne 2025-2026 illustre toute la capacité du colza à compenser les aléas lorsqu'il conserve un bon fonctionnement…
Mardi 21 juillet 2026, un agriculteur d'une trentaine d'année décède dans un accident de la route à Tinchebray-Bocage. Une enquête est en cours afin de déterminer les causes de l'accident. 
Un agriculteur ornais décède dans un accident de la route
Mardi 21 juillet 2026, un agriculteur d'une trentaine d'années décède dans un accident de la route à Tinchebray-Bocage. Une…
[EXPERT] "Un maïs sans grain a une valeur pour l'alimentation animale"
Juin 2026 a été historiquement chaud. Quelles manifestations de la sécheresse sur le maïs ?
Publicité