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Parole de Jeune Agriculteur
Ils ont trouvé le bon équilibre

Lucie et Damien Louvel à Aunou-sur-Orne (61). Elle est salariée à l’extérieur, il est agriculteur. 

© AD

Développement de l’entreprise, vie professionnelle, vie sociale, vie de famille, loisirs. Installés à Aunou-sur-Orne (61), Damien Louvel, agriculteur de 32 ans en grandes cultures et engraissement, et sa femme Lucie la trentaine, intervenante en prévention des risques professionnels, ont trouvé le bon équilibre. “J’ai des horaires de bureaux et je suis libérée assez tôt en fin de journée pour pouvoir m’occuper des enfants et de la maison, détaille Lucie Louvel. Damien fait des grosses journées sur l’exploitation, mais il gère lui-même son emploi du temps. Il peut se libérer facilement en journée ou en cas d’imprévu”.
Fille d’agriculteurs
Lucie prodigue bien quelques conseils pour l’exploitation, notamment dans son domaine de compétence en prévention des risques, mais dans l’ensemble elle n’intervient pas dans les activités de la ferme. “Je suis fille d’agriculteurs, mais lorsque mes parents se sont séparés, ils ont dû dissoudre l’entreprise et repartir de zéro. Avec Damien, on est heureux, mais je ne suis pas certaine qu’on s’entendrait bien au travail.    Si je devais m’installer sur l’exploitation, il faudrait que j’aie ma propre activité, mon propre atelier. Et puis j’ai un métier qui me plait. J’interviens dans beaucoup d’entreprises, je découvre différents métiers et de nombreuses personnes. C’est très enrichissant”.

Du temps pour chacun
A côté des enfants et de leurs occupations professionnelles respectives, le couple trouve aussi le temps pour une vie sociale, des sorties et des loisirs. La gym pour Lucie et les Jeunes Agriculteurs pour Damien, administrateur pour le canton de Sées et chargé du dossier structures et foncier au département. “J’ai besoin de m’investir à l’extérieur, explique le jeune agriculteur. C’est mon tempérament et on apprend beaucoup à sortir le nez de son exploitation. Je fais cependant attention à prendre des responsabilités mesurées par rapport à l’entreprise et à ma vie de famille”.
Lever le pied le week-end
L’activité agricole impose son heure pour la semaine de congés annuels qu’ils s’accordent tous en famille. “On part après les semis de colza, lorsque c’est plus calme. Partir avant, c’est trop de stress pour les cultures”, souffle Damien. Pendant les congés, c’est le salarié de l’exploitation qui prend le relai. Installé en 2004 à la sortie de son BTS ACSE, avec l’opportunité de reprendre une ferme, Damien s’est retrouvé seul pilote à bord, il y a cinq ans, après le départ en retraite de ses parents. Plutôt qu’un associé qu’il pensait difficile d’intégrer sur l’exploitation familiale, Damien préfère prendre un salarié à 70  qui l’épaule pour l’atelier de 180 taurillons et les 180 ha de cultures. Les week-ends, Damien s’autorise souvent à lever le pied pour les travaux de l’exploitation néanmoins cela ne lui déplait pas de passer une à deux heures le matin à nourrir les animaux.

Forcer la chance
L’agriculteur reste conscient de sa chance dans l’organisation de sa vie de famille. “Je n’ai pas l’astreinte d’un atelier laitier. Nous sommes au pied de Sées et à proximité d’Alençon. Dans un rayon à 20 minutes de l’exploitation, nous avons tout ce qu’il nous faut”. Une chance, mais aussi une détermination à vouloir tout concilier. “La génération précédente a fait beaucoup de vieux garçons parmi les agriculteurs, relate Damien. Je pense que notre génération actuelle des 20-40 ans a su en tirer les leçons et nous sommes libérés du modèle où la femme subit le métier de son mari. Nous avons su évoluer et nous adapter en conséquence”. “Des émissions de télévision ont aussi récemment démontré la qualité de vie au sein des exploitations agricoles. Et c’est vrai que c’est agréable de vivre  à la campagne, dans un beau corps de ferme, constate Lucie. Et surtout, je suis très contente d’avoir un mari qui s’épanouit dans son travail. Ses parents lui ont laissé le choix de reprendre l’activité. Il en avait envie et il en est heureux”.

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