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Incidences et perspectives d’adaptation pour la production de viande bovine

Réforme de la PAC 2015-2019.

Cette nouvelle réforme applicable dès 2015, est lourde de conséquences pour les éleveurs spécialisés en viande bovine. Certains systèmes voient leurs résultats économiques fortement impactés mais des adaptations sont possibles, permettant de retrouver de la rentabilité.Sur la base des mesures de cette réforme connues à ce jour, l’équipe des ingénieurs du Réseau d’Elevage viande bovine a réalisé un travail, exposé dans une plaquette qui détaille les impacts sur les principaux cas types représentatifs en Normandie et propose quelques pistes d’adaptation qui amènent à réfléchir sur les évolutions possibles des systèmes en place.

La réforme

Applicable progressivement de 2015 à 2019, elle constitue un nouveau un bouleversement  pour les éleveurs. Ils doivent faire face à des changements importants en matière d’aides : suppression des références historiques, principes de convergences des aides, redéfinition des conditions de mise en œuvre des mesures du second pilier, …
1. Les aides du 1er pilier : tableau 1.
2. Les aides du second pilierMoins de 20 % de l’enveloppe européenne versée à la France financeront les mesures du second pilier, mais elles mobilisent aussi des fonds complémentaires dans le cadre de cofinancements.
Des mesures gérées au niveau nationalLa PHAE disparaît et l’indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN), réservée aux exploitations situées en zone défavorisée est confortée. - Le soutien en zone défavorisée (ICHN). Cette aide est revalorisée de 15 % dès 2014 sur 50 ha maximum. A partir de 2015, une intégration progressive des fonds issus de l’ancienne PHAE est prévue  sous forme d’un montant d’environ 70 €/ha, plafonné à 75 ha de la surface fourragère et modulé par le taux de chargement. - Soutien à l’agriculture biologique : voir tableau 2.
Des mesures gérées au niveau régionalDe nouvelles mesures agro environnementales et climatiques (MAEC) seront déclinées avec de nouvelles aides : MAEC Systèmes (systèmes herbager, systèmes polyculture élevage…), applicables à l’échelon de l’exploitation avec des aides qui pourraient aller de 50 à 240 €/ha selon les engagements ; MAEC à enjeux localisés (zones humides, …). Les montants définitifs comme les cahiers des charges de ces mesures sont définis par région et seront connus d’ici  fin2014 ou tout début 2015.

 

Incidences de la réforme à l’horizon 2019

Ces simulations (tableau 3) ont été réalisées par l’équipe du réseau viande bovine de Normandie sur 4 cas types pour évaluer l’impact des mesures imposées par la réforme. Les éleveurs spécialisés herbagers sont moins impactés par la réforme dans la mesure où ceux-ci disposent d’un montant de DPU initial bien souvent inférieur à la moyenne nationale, avec une référence PMTVA proche de l’effectif vaches allaitantes réel. Dans le cas des systèmes spécialisés allaitants qui optimisaient les PMTVA en primant 40 % de génisses, ceux-ci sont significativement impactés. L’évolution des aides fluctue de - 1 800 € à + 2 000 €. Les systèmes bénéficiaires sont ceux qui bénéficient de la revalorisation de l’ICHN. En revanche, les structures à dominante polyculture sont significativement touchées par la réforme d’autant plus que le niveau de DPU est élevé. La baisse des aides est chiffrée entre -3 000 € pour le polyculteur-naisseur à - 14 240 € dans le cas d’un polyculteur-naisseur-engraisseur de jeunes bovins.Pour les exploitations à DPU supérieur à 400 €/ha avec une activité d’engraissement importante (JB et veaux de boucherie), la réforme est très impactante puisque celle-ci se traduit par une baisse des aides de l’ordre de 40 %, soit - 150 à - 400 €/ha.

 

Quelles adaptations pour limiter l’impact de la réforme ?

Plusieurs stratégies d’adaptations ont été testées

Des bœufs dans le système herbager naisseur

Le producteur peut envisager de réduire le troupeau allaitant pour finir plus de génisses et certains broutards en bœufs. Cette stratégie n’a d’intérêt que si le prix des broutards se dégrade, que la conjoncture de la viande bovine se maintient et que cette orientation ne se fasse pas au détriment des aides vaches allaitantes.

Autonomie azotée en système polyculteur naisseur-engraisseur de taurillons

L’éleveur peut envisager d’accroître son autonomie alimentaire en intégrant dans la ration de la luzerne ou des protéagineux produits sur l’exploitation. Cette orientation,  intéressante sous l’angle environnemental, permet d’améliorer légèrement l’EBE. La mise en place d’une légumineuse pourrait aussi permettre de répondre aux exigences des 5 % de SIE/terres cultivées dont l’effet n’est pas pris en compte dans cette simulation.


Pour les systèmes naisseurs extensifs

Deux alternatives d’évolution ont été étudiées pour ce même système.
- Conversion à l’agriculture biologiqueLe système peut évoluer vers une conversion en agriculture biologique avec engraissement d’une partie des broutards en bœufs. L’intérêt de cette orientation est conditionné par les règles de cumul entre les différentes possibilités d’aides (aides conversion AB, PHAE, MAEC, …) et les différentiels de prix entre les filières conventionnelles et agriculture biologique.
- Evolution en système naisseur-engraisseur jeunes bovinsLe principe est de diminuer le nombre de vaches, d’engraisser tous les broutards en jeunes bovins et d’introduire dans son assolement des prairies temporaires et des cultures.L’EBE supplémentaire (+ 7 300 €) permet de couvrir les aménagements nécessaires (bâtiments) et le besoin de capitalisation de cheptel (frais financiers) et amortissements spécifiques à hauteur de 4 200 €.Cette modification notoire du système est sous certaines conditions : potentiel agronomique des sols suffisant, capacité de logement des animaux à l’engraissement existant, parc matériel adapté ou possibilité de délégation de travaux sur cultures, main d’œuvre disponible, possibilité réglementaire de retournement des prairies, … Pour rester économiquement intéressante, cette orientation ne doit pas interdire l’accès aux aides types ICHN et MAEC.Les effets de cette réforme sont à relativiser. Les variations des prix des produits et des intrants, les aléas climatiques et les performances technico-économiques ont souvent une incidence sur les revenus supérieure aux effets calculés de cette réforme.Compte tenu des discussions en cours dans les régions pour finir de caler les MAEC, des travaux complémentaires sont prévus pour affiner leurs incidences sur les systèmes bovins viande de Normandie. Une communication est prévue ultérieurement. Tous ces travaux sont consultables sur les sites des Chambres d’agriculture de Normandie et votre conseiller viande bovine est à votre disposition pour tout complément d’information.

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