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Benoit Esnault (14)
Installation aidée en lait : un avenir à dessiner

Les 21, 22 et 23 janvier à Vire, se déroulera la session nationale lait des Jeunes Agriculteurs. 70 éleveurs laitiers, issus du réseau JA de l'hexagone, y seront représentés. Benoit Esnault sera le local de l'étape. L'occasion de faire le point sur ses attentes et sa vision de l'avenir laitier.

© VM

Benoît Esnault est le responsable du dossier lait chez les Jeunes Agriculteurs du Calvados. Son rôle semble parfois ingrat. En responsable, il doit troquer sa casquette d'éleveur pour celle de pédagogue. "Quand on vient nous voir, c'est que ça va mal", résume-t-il. "Si le prix du lait baisse. Si à son installation, un jeune n'a pas eu le volume de lait escompté. C'est dans ce genre de contexte difficile que nous sommes amenés à intervenir".

Donner une chance aux jeunes
Les taux d'intérêt sont au plus bas et l'avantage des prêts bonifiés JA se réduit...  Les quotas laitiers seront supprimés après 2015 et que la future gestion des volumes n'est pas toujours lisible... Certains pourraient s'interroger sur la pertinence du parcours à l'installation. "Nous devrons négocier avec les laiteries. Elles ont un rôle à jouer sur l'installation des jeunes. Les industriels ont besoin de renouveler leurs fournisseurs. Demain, je ne veux pas être seul sur mon canton. Je ne veux pas d'une usine à lait où la concentration multiplie les problèmes sanitaires".
Avec son apprenti et son salarié, Benoit Esnault produit 600 000 litres de lait. Reste à savoir où placer le curseur de taille des fermes laitières. "Ma structure n'est pas viable si je reste seul. Je cherche aujourd'hui l'optimum économique. La fin des quotas ne signifie pas forcément que les agriculteurs produiront plus. Les bâtiments, la main d'oeuvre, les plans d'épandage entrent dans ce calcul. Donc je crois que les jeunes ont leur place. Donnons-leur une chance. Leurs profils sont plus variés. Mon apprenti est fils de boulanger. JA se bat pour qu'un jeune hors cadre familial puisse s'installer". A la session nationale lait, Benoît Esnault attend une réflexion sur la nouvelle méthodologie d'installation aidée. "Quota ou pas, nous devons trouver des pistes pour être toujours écouté par l'Etat".
L'avenir laitier, Benoît Esnault y croit. Sa structure est viable. Il vit de son travail, "mais ne vit pas pour travailler". Le jeune agriculteur rembourse sa maison. L'agriculture ne semble donc pas avoir à rougir de la comparaison avec d'autres secteurs. "La filière automobile  n'est pas au mieux. Les artisans peinent également. Ce n'est pas facile à entendre, mais il faut savoir relativiser pour être crédible".

Un projet collectif
Si son avenir est lié au lait, il ne passe pas que par le lait. Benoît Esnault ne pense pas démultiplier  sa production. Il travaille en revanche sur un projet de méthanisation. L'idée est portée collectivement. Une trentaine de personnes et 4 industriels y réfléchissent actuellement. "Les agriculteurs seront majoritaires dans ce projet. Ce n'est pas une diversification, plutôt une déviation. J'y crois pour valoriser les effluents et l'image de l'agriculture. Le gaz produit sera injecté directement dans le réseau de la ville de Vire. En jouant collectif, nous pourrons développer plusieurs facettes de l'agriculture".

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