Aller au contenu principal

Intrusions dans les élevages : s'étonner, alerter, rester calme

Le représentant du Service départemental du renseignement territorial (ex renseignements généraux) est intervenu, jeudi 20 juin 2019, matin, sur les intrusions d’associations antispécistes dans les élevages.

Marc Gégu, Anne-Marie Denis et Jean-Pierre Prévost, respectivement secrétaire général, présidente et premier vice-président de la FDSEA de l’Orne, jeudi 20 juin, lors du conseil départemental.
Marc Gégu, Anne-Marie Denis et Jean-Pierre Prévost, respectivement secrétaire général, présidente et premier vice-président de la FDSEA de l’Orne, jeudi 20 juin, lors du conseil départemental.
© JP

« La FNSEA s’est engagée à porter plainte à chaque intrusion dans les exploitations ou dans les champs », introduit Anne-Marie Denis. La présidente de la FDSEA garde en mémoire l’intrusion d’Abolition boucherie dans des élevages de l’Orne et de l’Eure, le 14 avril. Le bureau départemental a donc invité un représentant du Service départemental du renseignement territorial (ex renseignements généraux), jeudi 20 juin 2019. « L’animalisme et l’antispécisme sont une forme de radicalisation. Le suivi de ces mouvements fait partie de nos missions »,  explique le conférencier. Il détaille : « l’antispécisme est un mouvement structuré  idéologiquement, qui veut une égalité parfaite entre l’homme et l’animal. Les animalistes se préoccupent des intérêts des individus animaux ». Il recense ensuite les principales associations connues dans ces domaines : « L214 ; Boucherie abolition ; 269 Life liberation animale. Cette dernière est représentée par Thiphaine Lagarde, égérie du mouvement. Juriste à Lyon, activiste qui sait mettre en scène sa radicalité, elle sert de modèle à de nombreuses jeunes filles ».

Réponse judiciaire

Lors de l’intrusion au Gaec du Marchis, « Solveig Hallouin, représentante de Boucherie abolition, marchait en tête ». Grâce à la réaction des frères Jouandet, les personnes ont pu être identifiées. « Elles ont été convoquées et déférées en justice. Les photos facilitent notre travail », poursuit l’intervenant. Il recommande aux exploitants d’être attentifs aux signaux précurseurs comme « un véhicule qui passe, qui ralentit. Relevez la plaque d’immatriculation, derrière il y a une personne. L’étonnement est une alerte. Prévenez la FDSEA, la gendarmerie ou la police ». Et si les activistes entrent dans l’élevage, voilà les consignes : « ne pas s’énerver, évitez absolument le recours aux violences car c’est ce qu’ils attendent. Relevez les plaques des véhicules, filmez-les avec vos téléphones et appelez les gendarmes ». La FDSEA, à la suite des intrusions du 14 avril, a conseillé aux agriculteurs de mettre un panneau « propriété privée, défense d’entrer ». Si cela ne les arrête pas, « ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas », souligne l’orateur. Et Anne-Marie Denis de questionner : « en dehors de rester calme, que peut-on faire ? » Le conférencier lui répond : « la seule réponse est judiciaire ». Il faut espérer une condamnation exemplaire par le tribunal d’Évreux sur les intrusions du 14 avril.

Dans l’Orne

Dans le département, un collectif animaliste de l’Orne s’est monté. « Les membres débutent, ils ne sont pas très nombreux et se concentrent pour le moment sur la chasse à courre », récapitule l’intervenant. Il n’écarte cependant pas l’hypothèse qu’ils « aillent manifester devant un élevage, avec des banderoles. Mais on ne les imagine pas entrer, le mouvement semble être pacifiste ».  « Nous vous encourageons à organiser des réunions locales, dit Anne-Marie Denis aux élus FDSEA. Rassurez les personnes car au niveau national, la FNSEA a pris le dossier en main. Nous y travaillons dans le service communication avec les juristes en appui. Il y a beaucoup d’interventions des élus et de Christiane Lambert dans les émissions radio et TV. Elle est performante dans le dossier ». La communication positive reste, pour Anne-Marie Denis, un rempart à l’agribashing et aux déviances : « ces militants représentent peu de personnes. Il ne faut pas leur laisser la place. Invitez vos voisins, vos amis lors des opérations comme Viens voir ma ferme ».

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Pascal Le Brun a été entendu par les adhérents des sections lait de la FDSEA et JA, représentées par Ludovic Blin, Edouard Cuquemelle et Luc Chardine.
FDSEA et JA interpellent Pascal Le Brun d'Agrial
Le 11 avril dernier, une cinquantaine d'adhérents des sections lait de la FDSEA et des JA ont rencontré Pascal Le Brun d'…
Ghislain Huette (à gauche) et Armand Prod'Homme (à droite)
"JA61, c'est avant tout une équipe"
La relève est assurée. Le lundi 15 avril 2024, Armand Prod'Homme et Ghislain Huette ont été nommés coprésidents du syndicat des…
Philippe Chesnay cultive sur 54 ha en bio du colza, de l'avoine et du trèfle principalement.
Aides de la PAC : ça ne passe toujours pas
Philippe Chesnay, agriculteur en grandes cultures, est toujours en attente d'une aide de 300 euros, qui devait lui être versée…
A Bretteville-sur-Ay, Charlène et Thomas Lebreuilly, maraichers bio, ont échangé avec le premier ministre, Gabriel Attal, en présence des responsables agricoles de la Manche.
Gabriel Attal, Premier ministre dans la Manche : "L'agriculture est une force et une chance"
Le Premier ministre, Gabriel Attal, s'est déplacé dans la Manche, samedi 27 avril, en débutant par la Foire aux bulots de…
Un projet de voie verte a été porté à connaissance d'exploitants de la Vallée de la Touques, ce qui inquiète l'association pour la protection de l'environnement de la vallée de Saint-Julien-sur-Calonne, zone inondable.
Vallée de la Touques, dans le Calvados : bientôt des cyclistes dans les champs ?
L'Association pour la protection de l'environnement de la vallée de Saint-Julien-sur-Calonne, dans le Calvados, est sur le pied…
Le festival de l'élevage revient à l'hippodrome de Vire vendredi 31 mai et samedi 1er juin 2024.
Festival de l'élevage 2024 à Vire : "le concours phare" des Prim'Holsteins en Normandie
La ville de Vire, dans le Calvados, va de nouveau accueillir son festival de l'élevage, vendredi 31 mai et samedi 1er juin…
Publicité