Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Inventaires bocagers : être entendu après avoir été écouté

À l’initiative de la FDSEA de la Manche et des Jeunes agriculteurs, une réunion de remise à plat de la méthode et de l’utilité des inventaires bocagers se déroulait lundi 19 mars à la salle des fêtes d’Isigny le Buat. Une initiative pour restaurer le dialogue entre agriculteurs et élus qui réunissait plus d’une centaine de personnes.

Erick Goupil, vice-président de la communauté d’agglomération Mont Saint Michel Normandie chargé de l'urbanisme et de l'habitat, a assuré vouloir établir une relation de confiance avec les agriculteurs.  DR
Erick Goupil, vice-président de la communauté d’agglomération Mont Saint Michel Normandie chargé de l'urbanisme et de l'habitat, a assuré vouloir établir une relation de confiance avec les agriculteurs. DR
© SL

llll « Nous ne voulons pas que le bocage soit figé et il ne s’agit pas de vous empêcher de travailler. » Dès le message d’accueil, David Nicolas, président de la communauté d'agglomération Mont-Saint-Michel-Normandie, tente d’apaiser les tensions. Face à lui, près de 200 agriculteurs ont répondu à l’appel de la FDSEA pour assister à cette réunion de remise à plat de la méthode et de l’utilité des inventaires bocagers. Un rendez-vous donné après l’action syndicale du 8 février, lors de laquelle les agriculteurs s’étaient invités à une réunion des élus du pôle territorial du périmètre géographique. Il faut dire que la méthode jusqu’alors utilisée est « intolérable », réaffirme Pascal Férey, le président de la Chambre d'agriculture de la Manche. « Nos fermes ne sont pas ouvertes, ce sont des propriétés privées. Voir des cabinets débarquer dans nos prairies pour relever les haies sans même avoir été prévenus est insupportable ! »
Pour répondre à la problématique, Érick Goupil, vice-président de la communauté d’agglomération Mont Saint Michel Normandie chargé de l'urbanisme et de l'habitat, présente une méthode de travail en quatre étapes. D’abord, il s’engage à ce qu’un avis de passage soit envoyé par lettre et par téléphone. Puis, à ce que l’agriculteur puisse assister au relevé (il peut même être accompagné d’un élu syndical s’il le juge utile). La troisième étape, importante, consistera alors à une restitution des conclusions par courrier à l’agriculteur qui pourra alors alerter de ses désaccords en mairie.  Enfin, quatrième acte, la validation par le conseil municipal et par l’agriculteur. « Si ces règles sont vraiment appliquées, nous sommes plutôt rassurés… Mais pour le moment, nous n’avons eu aucun retour des haies déjà classées », alertent les agriculteurs présents. Les témoignages sur les abus se bousculent. Les élus y font face et assurent que le nouveau procédé prônera la concertation avec l’agriculteur.
Restent les questions du « pourquoi ? », « quelles sont les intentions après ce recensement des haies ? ». Érick Goupil l’affirme : « nous sommes légalement dans l’obligation de faire ce relevé pour établir le nouveau PLUI (Plan Local d'Urbanisme intercommunal), mais il s’agit d’un recensement de vos haies et non d’un classement ». Une différence de mots qui ne séduit pas tout le monde. « Recenser, classer… C’est un jeu de mots. Nous voulons que seules les haies fonctionnelles (rôle anti-érosif par exemple) soient répertoriées. Alors je suis rassurée sur la méthode qui sera employée, mais je reste vigilante et il va falloir encore discuter et repositionner certaines choses ! », assure Annie Lebasnier, secrétaire générale adjointe de la FDSEA de l’arrondissement d’Avranches. Un point d’accord cependant. « Il faut que vous, agriculteurs, preniez le temps d’aller sur le terrain avec le technicien et de consulter le compte rendu, c’est ainsi que nous pourrons travailler ensemble et trouver les solutions sur les points de désaccord », concluait Érick Goupil.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Une bouteille de cidre par semaine éloigne la crise et sauve le verger
Il suffirait que chaque foyer normand achète une bouteille de cidre par semaine pour sauver la filière cidricole malmenée par la…
« C’est inadmissible que l’on n’arrive pas à être reçu par les ministres de l’Agriculture et des Finances »
Au moment où la filière vitivinicole cherche à négocier des aides avec le gouvernement pour sa survie, la filière cidricole…
Agneau du Gaec Le vent des marais
Un nouvel abattoir en vue ?
Fin 2018, l’abattoir de Beuvillers fermait définitivement ses portes. Un abattoir de plus qui, en stoppant son activité, a eu…
Accepter un peu d’inflation alimentaire
« Nous sommes des besogneux. On nous demande de la montée en gamme et du local avec de plus en plus de contraintes et nous…
Élodie et Baptiste Leclerc (50)
Témoignage d'Élodie et Baptiste Leclerc, éleveurs de veaux à Le Mesnilbus (50)
Élodie et Baptiste Leclerc élèvent des veaux à Le Mesnilbus (50) en intégration chez Denkavit. Âgés tous les deux de 31 ans, ils…
En attendant les JO, Éric Delaunay tire les corvidés
Dans le département, la pression corvidés se fait sentir. Pour y remédier, le tir est autorisé, même en période de confinement. À…
Publicité