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Isigny Sainte Mère : un 13e mois pour les coopérateurs

Les chiffres de la coopérative Isigny Sainte-Mère sont au vert. De quoi envisager le paiement d’un 13e mois aux producteurs, et envisager la construction d’une troisième usine pour faire face à la demande de poudre infantile en Chine.

© SB

lll Avec une collecte de 220 millions de litres de lait dans 421 points de collecte, dont 5,8 millions en bio, la coopérative Isigny Sainte-Mère enregistre une progression de 2,35 % par rapport à l’année dernière, et un bon de 21 % pour le bio. Les signaux sont au vert également dans les ventes de produits (poudre infantile, fromages, beurre et crème), représentant un chiffre d’affaires de 373 millions d’euros dont pratiquement les deux tiers à l’export.

30 % de chiffre d’affaires en plus
« Nous avons des chiffres records dans de nombreux domaines, je n’ai jamais connu une année aussi faste », se réjouit le directeur de la coopérative, Daniel Delahaye.
Et pour cause, le chiffre d’affaires progresse de 30 %, laissant un EBE (excédent brut d’exploitation) de 40 millions d’euros tout en investissant 5,5 millions d’euros. Alors, l’annonce est faite clairement. « Ces bons résultats permettent à la coopérative de verser un 13e mois à ses producteurs. La distribution proposée représente 30,27 € / 1 000 litres », avance le directeur. En moyenne la production par ferme s’élève à 524 041 litres soit une hausse de 28 097 litres. Et pour l’année 2017, le prix aux 1 000 l atteint 365,51 € contre 330, 13 € l’année précédente. 

De la matière grasse, mais pas que !
Pour atteindre ces prix, la coopérative met toujours l’accent sur la qualité. Aujourd’hui, 100 % des coopérateurs sont certifiés Agriconfiance, une certification qui permet d’assurer sécurité et traçabilité « de la fourche à la fourchette », en prenant en compte l’alimentation du troupeau, l’hygiène à la ferme, le bien-être animal, l’environnement et la collecte des laits.
Les taux de matière grasse atteint les 41,40 et en matière protéique 33,75. Pour les responsables, il y a toujours « la nécessité de valoriser la matière grasse et la partie protéique du lait et pas la MG seulement », notamment pour le lait infantile.

Une qualité irréprochable
Un lait infantile qui nécessite une qualité irréprochable. Une nouvelle réglementation est entrée en vigueur en début d’année 2018 sur laquelle a planché la coopérative avec Biostine (Health & Hapiness). « Nous avons été les premiers industriels français à recevoir notre agrément, grâce au travail fourni par nos équipes à Isigny, mais aussi en Chine », souligne Daniel Delaye. Pour autant, le président veut garder les pieds sur terre. « On peut dire que le bilan de l’année écoulée est bon, mais nous n’oublions pas les temps beaucoup plus difficiles que nous avons eus. Notre priorité restera toujours de produire du beurre, de la crème, du fromage et du lait infantile de qualité, tout en rémunérant correctement les éleveurs. »
Un nouveau laboratoire sera en fonctionnement à partir de septembre 2018 où 2 000 analyses par jour y seront faites, soit 700 000 par an.

62 % du CA à l’export
373 millions d’euros, c’est le montant du chiffre d’affaires de la coopérative. Un chiffre en forte hausse, grâce aux 37 000 tonnes de poudre infantile. Cette activité représente 62 % du chiffre d’affaires, un record là aussi puisqu’il six ans seulement, ce créneau n’atteignait pas 38 %. Autrement dit, les chiffres se sont inversés. Et cela ne semble pas terminé puisque la coopérative prévoit une production de 41 000 tonnes de poudre infantile pour cette année.
La montée en puissance de ce produit a débuté en 2016 et 2017. « Pour 2018, les volumes évolueront, mais de façon moins spectaculaire que les deux dernières années », relève Daniel Delahaye. Ceci étant, la présence de la coopérative à l’étranger est renforcée. C’est le cas en Asie grâce à « un contrat de licence de marque avec l’entreprise Hyundai qui nous a permis d’ouvrir trois boutiques Isigny Saint-Mère en Corée du Sud en 2017 sans aucun investissement financier de la part de la coopérative. Sur le continent américain, notre développement se poursuit en fromages à pâtes molles avec une plus grande adaptation des produits et des packagings à ce marché très exigeant », indique Arnaud Fossey.
De quoi laisser présager une bonne activité pour les prochaines années.

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