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JA 50 : tous sur Twitter !

Soirée Jeunes agriculteurs, vendredi 23 mars, au lycée agricole de Thère. Le syndicat de la Manche organisait son assemblée générale autour du thème : la communication, un nouveau mode d’action syndicale ? Un débat passionnant et passionné avec quatre intervenants, mais un même discours :reprenez en main votre communication.

© SL

Chloé Serre,
directrice d’Interbev Normandie
« Je suis consciente que ce n’est pas facile, qu’on ne prend pas le temps de communiquer sur les réseaux sociaux. Mais cela devient primordial d’expliquer  votre manière de faire. Les véganes ne représentent que 0,4 % de la population française, pourtant ils imposent leur message sur la toile ! Le bien-être animal est l’une des préoccupations du grand public. Il faut montrer aux consommateurs que nous nous sentons aussi concernés. Nous avons oublié de parler depuis dix ans de notre manière de produire. Elle est pourtant responsable, saine et durable ! Rappelons que, contrairement aux idées reçues, 98 % des exploitations comptent, moins de 150 vaches. Nous sommes loin des fermes aux 1 000 vaches de l’imagination collective et dont les médias nous parlent ! »


Etienne Fourmont,
Agri-youtubeurre
Je suis depuis trois ans sur Twitter et depuis six mois sur YouTube. Je n’y voyais pourtant pas un grand intérêt au début. Puis, j’ai vu des contre-vérités circuler. J’ai d’abord répondu. Et, je me suis dit que s’il y avait des personnes compétentes pour parler de nos pratiques : les agriculteurs eux-mêmes ! Nous devons faire circuler notre information si l’on ne veut pas laisser la place à d’autres. Communiquer sur nos techniques, le bien-être de nos animaux… et toujours de manière positive. Et plus nous serons nombreux à le faire, plus nous serons entendus. Les associations extrémistes comptent peu d’adeptes. Pourtant, leurs messages passent dans le monde entier ! Plus nous allons communiquer, montrer ce qui se passe dans nos exploitations, être clairs, et plus nous allons être soutenus ! Et l’information se fait aujourd’hui sur les réseaux sociaux, rappelons alors que notre alimentation est l’une des plus sûres du monde !


Thibaut Giraud,
jeune agri-communicant
J’ai un peu le même parcours sur Internet qu’Étienne. C’est en voyant les messages des anti-élevages que j’ai eu envie de répondre et de rétablir la vérité. Qui mieux qu’un éleveur peut parler d’élevage ? J’ai éprouvé des difficultés et des appréhensions avant de commencer. J’avais peur de ne pas utiliser les bons mots pour m’exprimer, peur du « qu’en dira-t-on »… Aujourd’hui, je prends plaisir à le faire. Mon but n’est pas de devenir une star du web, mais juste de défendre mon métier. C’est un peu le nouveau mode de manifestation même si une benne de fumier devant la préfecture fait quand même une bonne piqûre de rappel.


Armel Joubert des Ouches,
ancien journaliste de TF1
La profession est mise à mal dans les journaux. Mais j’ai envie de vous dire : quand on est au fond du trou, on ne peut que remonter ! Évidemment, il y a de la désinformation. J’aime dire qu’il est arrivé aux médias ce qu’il est arrivé au monde du foot. À savoir l’arrivée de financiers à leur tête. Bernard Tapis a acheté le monde du foot ; Robert Hersan, celui de la presse. Qui aujourd’hui a la confiance de la presse ? (ndla : aucune main ne se lève) Le métier est désormais exercé pour faire le buzz, et non plus pour informer le public ou  lui apprendre des choses.


Jean-François Dorenlor,
vice-président des Jeunes agriculteurs
Après ce débat, j’espère que tous les adhérents auront leur compte Twitter et seront présents sur les réseaux sociaux. Nous devons ouvrir nos fermes au public, construire des relations pérennes avec la presse, travailler en confiance avec les journalistes et valoriser notre métier.  Soyez-en convaincus !


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