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JA 61 et environnement : “oui mais avec intelligence”

“L’environnement nous poussera-t-il à produire caché ?” Presque un sujet du bac philo sur lequel ont planché les JA de l’Orne, et leurs invités, lors de l’assemblée générale du syndicalisme jeune qui s’est tenue vendredi dernier à Alençon. Des débats parfois vifs.

© TG

Prendre le sujet dans le bon sens. C’est ce que revendiquent les JA de l’Orne. L’environnement ? Ils en sont les premiers dépositaires et ambassadeurs mais refusent d’y aller à marche forcée, et surtout, en dépit du bon sens. Et plutôt que d’être stigmatisés par l’opinion publique, voire cloués au pilori par la vindicte populaire, ils souhaiteraient que tous les efforts consentis par la profession soient reconnus à sa juste valeur. La vidéo-fiction qu’ils avaient réalisée pour l’occasion en témoigne. On y voit un agriculteur retraité qui se plaint auprès de son jeune fermier du niveau d’entretien des haies bordant les cours d’eau. De son temps, “un bon coup de round-up et on en parlait plus”. Des pratiques d’un autre temps. Plus de chimique aujourd’hui. Même le mécanique est contrôlé : la faucille oui mais pas la pelleteuse. Alors forcément, ça fait causer. Morceaux choisis lors de la table ronde, animée et sans langue de bois. 

Jean Cézard
Directeur de la DRAAF
“Je reconnais l’inquiétude du monde rural sur l’environnement, l’économique et l’évolution de la PAC. Nous sommes dans une période charnière où l’environnement de l’agriculture est en train de changer avec plus d’ouverture sur les marchés internationaux et plus de volatilité des prix (...).
L’agriculture n’est plus qu’une affaire d’agriculteurs. Nous ne sommes plus dans les années 50 avec l’agriculture nourricière et l’objectif d’un steak par semaine. Les nouvelles préoccupations de la société, avec des attentes parfois paradoxales (de la qualité, à pas chère mais respectueuse de l’environnement...) rendent le débat plus complexe et génèrent plus de pressions (...)”.

Fabrice Caro
Administrateur JA National
“En RHF (Restauration Hors Foyer), 90 % des volailles sont étrangères. Ce sont des chiffres affolants. J’ai visité les cantines de Bercy lors de la manifestation du 5 novembre. Légumes, viande, fromages, rien de français dans les frigos du ministère des Finances (...).
Il ne faut pas vouloir à tout prix orienter 20 % des agriculteurs vers l’agriculture biologique. Cela doit être un choix, ça ne doit pas être subi. On n’arrivera pas d’ailleurs à garder une industrie agroalimentaire avec de tels ratios. Il ne faut pas vouloir tout changer, il y a des choses qui marchent (...).
Il faut accepter le changement mais il est en route depuis 15 ans. Aucun autre métier n’a accepté autant de réformes”.

Guillaume Larchevêque
Président des JA de l’Orne
“En Espagne, on cultive des OGM. En France, on détruit les expérimentations. La non-harmonisation européenne sur ce sujet est bien de la responsabilité du politique (...)”.
On fait des zonages environnementaux sans en connaitre la finalité. Pourquoi des zones humides sur des terres labourables et avec quelles règlementations demain (...)?”
Déclaration PAC : le 15 mai. On s’interroge encore pour pouvoir élaborer notre système cultural. Donnez-nous les moyens de décider (...)”.
80 % des protéines qui nourrissent nos animaux sont OGM. Pourquoi a-t-on le droit de les importer mais pas de les cultiver (...)?”

Yanic Soubien
Conseiller régional
“Nous sommes globalement dans une société d’inquiétudes et dans un siècle de changements. Ces inquiétudes sont parfois légitimes et nous avons à gérer des choix de société. C’est contraignant mais tant pis. On réussira ou on échouera ensemble (...).
Les MAEC constituent un outil à portée de main. C’est un axe de progrès pluriannuel. Ne soyons pas dogmatiques, ayons une approche progressive (...).
Ce n’est pas toujours facile d’être écologiste (...).
Oui, il y a des écolos un peu intégristes,  comme des agriculteurs (...).
L’AB, c’est un marché de 5 Mrde. Nous sommes à 4 % aujourd’hui mais ça doit progresser (...)”.

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