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JA : prêts pour de nouvelles actions

Avant de reprendre les actions sur le terrain, les JA du Gand Ouest ont décidé de laisser une semaine aux différents intermédiaires pour que les accords définis soient réellement appliqués, tout en gardant un œil vigilant.

© SB

Trois centimes sur le lait, 8 centimes sur le porc, 60 centimes sur la viande, voilà ce que les Jeunes agriculteurs demandent aux intermédiaires pour arriver à des prix d’équilibre. 
Après avoir bloqué les abattoirs, les laiteries ou fait des feux dans les campagnes, les Jeunes agriculteurs n’ont toujours pas eu l’impression d’avoir été entendus.

Ne pas agir en solo
Certaines avancées ont été formulées. C’est pourquoi ils laissent une semaine de répit aux intermédiaires. Mais si les comptes n’y sont pas, ils recommenceront jusqu’à être entendus. Pour être plus forts, et entendus, “nous avons voulu nous fédérer entre les quatre régions du Grand Ouest (Bretagne, Basse et Haute-Normandie, et Pays de la Loire) pour ne plus agir en solo” explique Rodolphe Lormelet, président des JA de Basse-Normandie.

Toujours les mêmes constats
“Le constat est affligeant, le prix de viande diminue toujours pour le producteur” lâche Pierre Le Baillif, président des JA de Haute-Normandie. Les grandes surfaces pratiquent entre elles une guerre des prix féroce faisant croire au consommateur que le prix le plus bas est le meilleur pour eux. Les marges des distributeurs ne se réduisent pas, ni celles des industriels. Quant aux négociations, elles n’ont pas lieu lorsque les coûts de production augmentent pour les agriculteurs. Ce que la loi Hamon normalement prévoyait. “Mais le décret d’application n’est pas publié” déplorent les JA. Et quand ils évoquent les promotions, à leurs yeux, “ce sont des pratiques trompeuses” indique Jean-Paul Riault, président des JA de Bretagne. “Cela permet d’augmenter leurs ventes tout en faisant baisser le coût d’achat et les fournisseurs acceptent de fournir des produits à prix bradés et parfois gratuitement” se désolent les JA.
Alors, ils ne mâchent pas leurs mots. “Le temps des belles paroles est révolu, il nous faut des actes maintenant”.

Des attentes toujours dans l’attente
Pour sortir de cette impasse, les JA ont formulé leurs demandes auprès des différents maillons de la chaine sans oublier le ministre de l’Agriculture il y a deux semaines lors du congrès des JA au Mans. “Sur la viande, il a été acté une hausse de 5 centimes/ semaine sur dix semaines. Mais au bout d’une semaine, les transformateurs ne croient pas que les grandes surfaces vont le faire. Ils se renvoient la balle” dénonce Matthieu Lenoir, président des JA des Pays de la Loire. Certaines surfaces voulaient bien augmenter de 60 centimes. “Nous allons les regarder de près”, assure Matthieu Lenoir.
Les JA veulent la mise en place et le suivi d’un indicateur de prix de base sur le steak haché, un prix du porc plus important que celui pratiqué actuellement. “Nous sommes à 1,32 €, cela permet tout juste d’être à l’équilibre. Ce n’est pas suffisant. Nous voudrions atteindre 1,40 €” argumente l’un des présidents.
Concernant le lait, qui atteint aujourd’hui 31 centimes/l, la Fédération nationale des producteurs de lait préconise 34 centimes pour arriver à couvrir les charges. Le contrôle sur les origines des viandes reste une priorité également pour les JA qui ont mené d’ores et déjà des actions dans ce sens. “Il est indéniable pour le consommateur de ce pas savoir ce qu’il mange et d’où ça vient”.

Jouer le jeu tous ensemble
Aujourd’hui, les JA demandent à ce que “l’Etat passe aux actes. Notre envie est avant tout de
garder des fermes familiales. Nos élevages sont de qualité, ils répondent aux règles environnementales sauf que notre travail n’est pas respecté”. Alors des actions locales ne sont pas exclues jusqu’à ce que tous les maillons de la chaine jouent le jeu et éviter à nouveau d’être une variable d’ajustement.
Si de nouvelles actions ont lieu prochainement, “elles se feront dans le respect des biens et des personnes” assurent les quatre présidents de JA. Dans les prochains jours, de nouvelles actions pourraient se renouveler. Les JA se tiennent prêts.

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